La capture de documents par le renseignement iranien précipitera-t-elle une attaque israélienne?

La capture de documents par le renseignement iranien précipitera-t-elle une attaque israélienne?


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Téhéran continue à distiller des informations – que certains jugeront incroyables – sur les saisies du renseignement iranien en Israël. Au même moment, les rumeurs se multiplient sur l’imminence d’une attaque israélienne contre l’Iran. Y a-t-il un rapport entre les deux? On peut imaginer que le gouvernement iranien ait voulu prévenir une attaque israélienne en parlant des documents saisis; comme il est loisible de penser que le gouvernement Netanyahou accélère ses intentions pour « faire taire » l’Iran. Le Proche-Orient s’achemine-t-il vers la catastrophe suprême?

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The first unofficial details of the documents and information obtained from #Israel by #Iran. It's truly shocking. Read more…
– Tel Aviv's dangerous four-year roadmap in the nuclear field
– Nuclear military industry facilities, bases, infrastructure and processes👇

— Mohammad Ghaderi | محمد قادری (@ghaderi62) June 10, 2025

Le post ci-dessus est bien contextualisé par The Cradle:

Un journaliste iranien lié aux services de sécurité du pays a publié ce qu’il présente comme les premiers détails tirés des milliers de documents sensibles sur Israël que Téhéran a annoncé avoir obtenus il y a quelques jours.

Ces documents comprennent « la dangereuse feuille de route de Tel-Aviv pour les quatre prochaines années dans le domaine nucléaire » et des informations sur « les installations, bases, infrastructures et processus de l’industrie militaire nucléaire israélienne », a rapporté le journaliste Mohammad Ghaderi le 10 juin.

Ces documents, qui, selon Téhéran, portent principalement sur les secrets nucléaires d’Israël, contiennent d’autres informations, telles que des preuves de pots-de-vin versés à des personnalités arabes de premier plan afin de faire avancer les accords d’Abraham, ainsi que les « profils complets » de 23 espions israéliens de haut rang.

Ils comprennent également « des informations sur environ six millions d’utilisateurs de Facebook, Twitter, Instagram et Telegram », selon M. Ghaderi.

En outre, il contient des informations personnelles sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son épouse, y compris des documents médicaux.

Le journaliste note que le « trésor » de l’Iran comprend « des informations sur les réseaux de corruption, notamment les réseaux de trafic d’organes, la distribution de drogues, l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants, le financement de l’information, l’argent, les banques et les assurances ».

Il y a également des disques durs et près de 2 000 documents provenant du bureau du Premier ministre israélien, ainsi que des informations provenant des « archives secrètes du Mossad », a ajouté M. Ghaderi.

Ghaderi affirme que l’Iran a également obtenu l’accès à des informations privées sur des responsables et des dirigeants israéliens opposés à Netanyahu, « notamment grâce à des caméras cachées dans leurs salles de bains, leurs chambres et à l’intérieur de leurs maisons, et à des informations obtenues en piratant leurs téléphones portables et leurs ordinateurs personnels, qui ont été utilisés dans le bureau de Bibi pour faire chanter ses opposants ».

Les documents contiennent également des milliers d’images aériennes de haute qualité de villes, de ports et d’infrastructures importantes d’Israël, ainsi que « 40 000 heures d’images de vidéosurveillance ».

Un enregistrement interdit d’un débat houleux à la Knesset impliquant Netanyahu, qui aurait été effacé des archives officielles israéliennes, fait partie de la cache de documents qui auraient été saisis par les services de renseignement iraniens.

Rumeurs d’attaques imminentes d’Israël contre l’Iran

Les rumeurs se font insistantes, sur l’imminence de frappes qui seraient déclenchées par Israël contre l’Iran:

Selon plusieurs sources, les responsables américains ont été informés qu’Israël était prêt à lancer une opération en Iran, a déclaré CBS News.

Les États-Unis s’attendent à ce que l’Iran riposte contre certains sites américains situés en Irak voisin. C’est en partie pour cette raison que les États-Unis ont conseillé à certains Américains de quitter la région plus tôt mercredi, le département d’État ordonnant aux fonctionnaires non essentiels de quitter l’Irak en raison de « tensions régionales accrues ».

Steve Witkoff, envoyé spécial du président Trump au Moyen-Orient, prévoit toujours de rencontrer l’Iran dans les prochains jours pour un sixième cycle de négociations sur le programme nucléaire du pays, ont déclaré deux responsables américains.

M. Trump s’est exprimé sur l’Iran lors d’une apparition au Kennedy Center mercredi, déclarant aux journalistes que les Américains avaient été invités à quitter la région « car cela pourrait être un endroit dangereux, et nous verrons ce qui se passera ». M. Trump a également réaffirmé que les États-Unis ne voulaient pas que l’Iran développe une arme nucléaire : « Nous ne le permettrons pas ».

Les responsables israéliens et les porte-parole de la Maison Blanche ont refusé de commenter.

La cause et l’effet

Où est la cause? Où est l’effet?

Peut-on penser que l’Iran parle des documents, depuis quelques jours, pour dissuader Israël de lancer des attaques – comme nous nous en faisions l’écho hier? Ou bien doit-on imaginer que l’imminence de la publication compromettants précipite la volonté israélienne de frapper l’Iran?

Peut-être faut-il abandonner la question de la causalité, pour constater qu’Américains et Iraniens, malgré leurs différends, sont restés, depuis l’élection de Trump, dans les limites de la rationalité. En revanche, Benjamin Netanyahou est entré dans une fuite en avant.

En permanence menacé de la défection des partis religieux; de plus en plus critiqué internationalement pour le génocide de Gaza; confronté à la diplomatie trumpienne, qui voudrait éviter, autant que possible, les conflits; Netanyahou penserait, si ces rumeurs étaient avérées, qu’il n’a plus d’autre choix que de déclencher la guerre – dont il rêve depuis 25 ans – contre l’Iran.

« Ceux qu’il veut perdre, Jupiter les rend fous » disait le proverbe latin.


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