Inventaire avant fermeture : LFI confirme la fin de la France des petits blancs...

Inventaire avant fermeture : LFI confirme la fin de la France des petits blancs...


Partager cet article

On les disait battus d'avance, pour fait d'antisémitisme. Et finalement, les LFI effectuent une percée contre la pensée mainstream ! Leur secret ? Avoir parié sur cette France nouvelle, celles des enfants d'immigrés, des banlieues, des invisibles que la droite et la caste méprisent ostensiblement. Jusqu'où iront-ils ? (première chronique de la lucidité mélancolique que je rédige sur le Courrier)

Point n°1, disons-le tout net, même si ça pique les yeux : non seulement la campagne obsessionnelle de la bollosphère et de ses affidés (j'y inclus Raphaël Glucksmann et Yaël Braun-Pivet) pour assimiler Mélenchon à un partisan d'Hitler n'a pas suffi à arrêter les chars islamo-gauchistes, mais on dirait même qu'elle a produit l'effet inverse. Tout ce qui est excessif est insignifiant disait-on à une époque. Les bollosphéristes ont été excessifs. Ils ne sont pas devenus insignifiants, ils sont devenus contre-productifs.

C'est le mythe du martyr qui est ressuscité. À force d'être vomi par les infiltrés du suprémacisme israélien dans ce qu'il a de plus révoltant (qui peut oublier ces jeunes enfants palestiniens amputés à vif du fait des bombes israéliennes qui ciblaient les pharmacies et les hôpitaux ?), Mélenchon a gravé dans le marbre et la chair un brevet de résistant qui le met désormais à l'abri de toutes les attaques. Toutes ? Nul ne sait. Mais de beaucoup d'attaques. Et ce brevet-là lui servira de sauf-conduit pendant de nombreuses années. En tout cas, jusqu'en 2027.

Qui est Bally Bagayoko, candidat LFI élu au premier tour à Saint-Denis, par Elise Rochefort
Grâce à une intense campagne de dénigrement sur le mode de l’antisémitisme, LFI a réalisé une percée significative dans les villes de plus de 100.000 habitants. Bally Bagayoko, élu au premier tour dans la ville des rois, Saint-Denis, face au maire sortant, en est une figure emblématique. Bally Bagayoko

En bon libertarien, je ne partage évidemment aucun des projets de société propres au bonhomme Mélenchon. Son collectivisme totalitaire me fait froid dans le dos. Mais il faut reconnaître qu'il est beaucoup plus cortiqué que l'immense majorité de ses adversaires.

Dans le mot "cortiqué", je ne mets pas seulement la capacité à communiquer et à maîtriser les codes sociaux contemporains. Je mets beaucoup plus que ça : la cohérence de la vision. Son marxisme-léninisme n'est pas à mon goût, mais il faut reconnaître qu'il a su en tirer profit et le moderniser de façon intelligente. De la lutte intersectionnelle aux techniques de campagnes maximisant les réseaux sociaux, Mélenchon est une grande figure politique, d'une trempe qui manque cruellement à la droite française.

Je vois bien ceux qui essaient de se consoler en fabriquant des personnalités "fakes" avec force argent et copinage plus ou moins communautaire : David Lisnard, Sarah Knafo, Bruno Retailleau, Jordan Bardella. Tous ces pions livrent bataille, mais il leur manque l'étoffe du vrai chef de guerre. Mélenchon, incontestablement, en est pourvu.

Sur ce point, au fond, preuve est faite que la politique à l'ancienne fonctionne toujours : le poids de la personnalité est infiniment plus important que les cours de communication. Et dans la personnalité, j'inclus la faculté de survivre aux critiques, aux attaques, et aux coups bas.


L'intelligence de Mélenchon est de ne pas avoir oublié que le génie ne peut se passer de technique, ni de discipline, ni d'effort. Fort de sa culture léniniste, Mélenchon a industrialisé des techniques de campagne, y compris dans leur "opération". Il sait déléguer au bon moment. Il sait organiser un collectif qui tire le meilleur des enseignements contemporains : depuis les techniques d'Obama jusqu'à celles de Trump, Mélenchon sait professionnaliser sa force militante.

Là encore, la droite, et singulièrement le RN, devraient en prendre de la graine pour gagner. Je le dis sans animosité, mais enfin, entre l'inconsistance d'un Bardella ou d'un Attal, les évidentes limites d'un Ciotti, l'éternelle prudence petite bourgeoise d'un Retailleau, et la déconnexion énarchique d'un Wauquiez, on comprend que LFI a un boulevard pour gagner. Et les perdants ne devront s'en prendre qu'à eux-mêmes.

Les secrets de Mélenchon ?

D'abord, savoir où il habite. Avec son marxisme enrichi de lutte intersectionnelle, il cible le nouveau prolétariat français, victime du stupide, du borné, du crétin mépris social de la bourgeoisie française, si médiocre et obsolète. Mélenchon s'adresse aux jeunes et aux femmes des banlieues, en priorité, dont le hasard de l'Histoire fait qu'ils sont majoritairement Musulmans, et qu'ils continuent à faire des enfants (donc des électeurs) quand nos chères têtes blondes préfèrent adopter un cocker ou un teckel (qui, pour l'instant, n'ont pas le droit de vote, sauf à LR avec le fameux Douglas).

Stupidement, ses adversaires le taxent d'islamo-gauchisme. Reproche-t-on à Lidl de faire des campagnes publicitaires sur ses prix bas ?

Ensuite, être déterminé à gagner dans la durée. Mélenchon forme des cadres, ce que le Parti Communiste et la CGT faisaient, mais ont désormais la paresse de faire. Il forme des cadres qui occupent le terrain et "évangélisent" les quartiers, avec un arrière-fond idéologique qui permet de résister aux campagnes de dénigrement à deux balles organisées par des lobbies comme Elnet.

Pourquoi le lobby israélien est soupçonné d’ingérences anti-LFI pendant les municipales, par Thibault de Varenne
Les médias alignés sur les positions israéliennes évitent d’en parler, mais l’agence Viginum a signalé de puissantes ingérences israéliennes, probablement issues du lobby Elnet, pour dénigrer LFI pendant les municipales. Et singulièrement les candidats de Marseille et de Toulouse, villes essentielles pour le contrôle de l’opinion en France. Alors que

Enfin, Mélenchon développe un discours adapté à sa cible. Ses électeurs veulent du "social", du service public, de l'assistance rebaptisée "solidarité". Il leur en sert jusqu'à plus soif.

Qu'en dit la droite ? Regardez la bêtise suffisante et aveugle d'un Xavier Bertrand pour comprendre le désastre de 2027 qui se prépare. Ce pauvre Xavier Bertrand, avec son air de gendre qui aurait pu être idéal mais à qui il manquera toujours quelque chose, fait du LFI en se prétendant gaulliste "social" (preuve de sa complète ignorance historique), et combat le RN quand son principal ennemi est dans son dos, à l'extrême gauche. Qui pourra, à droite, se plaindre de la Bérézina qui arrive ?


Il y a bien une poussée à gauche, et singulièrement à l'extrême gauche, dans le pays. Pour plusieurs raisons, mais d'abord et avant tout du fait de cette profonde bêtise historique de la droite française qu'on appelle le mépris social.

Cette expression peut vous paraître obscure. Prenez cinq minutes pour lire les productions publiques de Sophie de Menthon, et vous comprendrez l'imposture de la grande bourgeoisie parisienne qui suinte la prétention et la bêtise, à un point qu'elle braque le pays contre elle. Cette stupidité pour ainsi dire d'héritage explique largement le rejet qui anime le pays réel, et dont Mélenchon profite plus que Marine Le Pen (même si MLP constitue un refuge contre le mépris social de la bourgeoisie parisienne).

Pourtant, les Musulmans de France sont naturellement conservateurs, anti-progressistes (au sens où la gauche l'entend), et anti-wokistes. Par quelle stupidité la droite française se les a-t-elle mis à dos, alors que l'immigration musulmane était "pain béni" (sans mauvais jeu de mots) pour elle ? J'ai beau chercher, en dehors du rejet débile de ce qui est nouveau, de ce qui fait pauvre, ou peuple, je ne vois pas d'explication.

Mélenchon a eu l'intelligence de ne pas demander son reste. Il a compris que le moteur socio-démographique de la France était en banlieue, et en bon entrepreneur politique, il s'est adressé à sa clientèle d'avenir.


Il fut un temps où l'élection municipale était l'heure de gloire de la France profonde. Ses 36.000 communes (dont les trois quarts sont désormais des coquilles vides, mais qu'importe ! dans le musée français, c'est la vitrine qui compte). Ses panachages, ses guerres picrocholines dignes d'Astérix, ses notables locaux, qui sentaient bon la naphtaline, la lavande, et le tergal parfumé à l'eau de toilette achetée avec soin à l'Intermarché. Sans compter les coups de chevrotine échangés dans la campagne mayennaise ou haut-saônoise, pour des histoires d'affiches et de vendetta auxquelles personne ne comprenait plus rien.

Désormais, l'élection municipale s'est mise à l'heure des banlieues. Ce n'est plus la France des petits blancs "ruraux" qui donne le ton. C'est la France des cités en béton, des couleurs, des mélanges, qui organise sa rampe de lancement.

La France blanche se meurt. Elle agonise, dans le doux crépuscule d'un été finissant, où la caste dominante, tassée sur le pont, regarde au loin les lumières d'un août en pente douce.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
La guerre d'Iran vue d'Iran, du 27 mars au 4 avril, par Thibault de Varenne

La guerre d'Iran vue d'Iran, du 27 mars au 4 avril, par Thibault de Varenne

La période charnière s'étendant du 27 mars au 4 avril 2026 représente une phase de transition critique dans le conflit opposant la République islamique d'Iran à la coalition dirigée par les États-Unis et Israël, connue sous le nom de code opérationnel « Epic Fury ». Après un mois de bombardements intensifs visant initialement à décapiter le commandement iranien et à neutraliser ses capacités nucléaires, la guerre a muté en un conflit d'attrition multidimensionnel. Les sources régionales — irani


Rédaction

Rédaction

La guerre d'Iran vue d'Occident, du 28 mars au 4 avril, par Thibault de Varenne

La guerre d'Iran vue d'Occident, du 28 mars au 4 avril, par Thibault de Varenne

Le conflit déclenché le 28 février 2026 par les frappes conjointes des États-Unis et d'Israël contre la République islamique d'Iran a atteint, durant la période du 27 mars au 4 avril 2026, un point de bascule critique. Cette phase, marquant l'entrée dans le deuxième mois de l'opération « Epic Fury » (États-Unis) et « Roaring Lion » (Israël), se caractérise par une mutation profonde de la nature des hostilités. L'analyse des événements démontre que l'on est passé d'une campagne de décapitation


Rédaction

Rédaction

Épargne : quelles conséquences pour le choc pétrolier long que l’UE reconnaît enfin? par Vincent Clairmont

Épargne : quelles conséquences pour le choc pétrolier long que l’UE reconnaît enfin? par Vincent Clairmont

« Le plus dur est fait. » Lorsque Donald Trump a prononcé ces mots au 32ème jour du conflit en Iran, les marchés actions américains ont exulté, signant leur meilleure séance en dix mois. Mais pour l'épargnant européen, cette phrase sonne comme un avertissement brutal. Si Washington estime avoir achevé sa « décapitation » chirurgicale du régime iranien, elle laisse derrière elle un détroit d’Ormuz étranglé (passé de 150 à 5 navires par jour) et une Europe seule face à une facture énergétique qui


Rédaction

Rédaction

Hécatombe autour de Trump à cause de l'affaire Epstein, par Elise Rochefort

Hécatombe autour de Trump à cause de l'affaire Epstein, par Elise Rochefort

Ce n'est plus une simple restructuration, c'est une saignée. Le 2 avril 2026 restera comme le point de bascule où la seconde administration Trump a dévoré ses propres enfants, incapable de digérer les fantômes du passé et les exigences d'une « rétribution » qui ne vient pas assez vite. Au cœur de ce séisme : l'ombre portée de Jeffrey Epstein et l'impatience d'un président qui ne tolère aucune nuance dans la loyauté. Le sacrifice de Pam Bondi : quand la « liste » devient un piège L'éviction br


Rédaction

Rédaction