Exclusif : le vrai cadeau caché de Delevoye aux assureurs

Jean-Paul Delevoye a-t-il un conflit d’intérêt qui le conduit à favoriser les assureurs privés, notamment du fait de sa présence au Conseil d’Administration de l’IFPASS, organisme de formation totalement inconnu du grand public ? Les réseaux sociaux ont bruissé de cette rumeur, et le principal intéressé les a démenties avec vigueur. Nous considérons que toute la lumière n’est pas faite sur cette affaire, et que Jean-Paul Delevoye s’est effectivement montré très sensible à l’influence d’une profession discrète mais qui a trouvé les bons arguments pour convaincre.

Le mandat d’administrateur que Jean-Paul Delevoye détenait au conseil d’administration de l’IFPASS suffit-il à prouver un conflit d’intérêt dont le Haut-Commissaire à la Réforme des Retraites se serait rendu coupable, en oubliant de le déclarer à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique ? Probablement pas, tant cette fonction paraît dérisoire au regard des enjeux de la réforme.

En revanche, il est un fait que Jean-Paul Delevoye a adressé un véritable cadeau aux assureurs, dont nous avions révélé l’existence en publiant la note de lobbying que la Fédération Française de l’Assurance avait produite en son temps pour définir sa position vis-à-vis de la réforme. En réalité, et contrairement à des lieux communs répandus, notamment à gauche, ces assureurs privés font tout pour préserver le système existant. Et c’est ici que Jean-Paul Delevoye intervient

Le principal cadeau offert par le haut-commissaire aux assureurs tient à l’invention de l’âge-pivot, distinct de l’âge légal de départ à la retraite. Comme nous l’indiquions il y a plus d’un an, cette nuance sémantique dispense les assureurs de devoir provisionner de lourds et encombrants milliards pour couvrir le risque d’invalidité qui serait mécaniquement prolongé autant que l’âge légal de départ à la retraite. Compte tenu des normes prudentielles en vigueur, prolonger les rentes d’invalidité de deux ou trois ans serait particulièrement ruineux à un moment où les taux négatifs de la BCE éprouvent durement les provisions mathématiques des assureurs.

Bref, le diable est dans les détails.

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2 commentaires
  1. J’avoue que je n’y avait pas songé. Subtil!
    Mais sur le fond que les assureurs ne se positionnent pas fortement pour obtenir une alternative de retraite par capitalisation me laisse pantois! Capitalisme de connivence encore et encore…

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