À l’aube des premières émissions de dettes mutualisées, les fourmis de l’euro montrent les dents

À l’aube des premières émissions de dettes mutualisées, les fourmis de l’euro montrent les dents


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L’Autriche a déclaré vouloir former une « alliance pour la responsabilité » avec les pays vertueux souhaitant un retour rapide aux critères de Maastricht. Nous sommes à quelques jours de l’émission du premier emprunt européen pour financer le plan de reprise post-Covid. C’est donc un avertissement supplémentaire que les fourmis envoient aux cigales.

Le ton est donné : les pays qui ne pratiquent pas le déficit ou l’inflation comme mode de gestion de leurs finances publiques commencent à manifester leur inquiétude. La relance post-covid adoptée par Bruxelles a entériné 750 Mds€ de dépenses, financées par l’émission d’eurobonds. Contrairement aux autres émissions indépendantes de dettes souveraines des pays membres de l’Eurozone, les pays seront solidaires (au vrai sens financier du mot) de ces emprunts. D’où l’inquiétude de l’Autriche, du Danemark, de la Finlande, des Pays-Bas, de l’Allemagne d’être attelés à des cigales telles que l’Italie ou la France qui traînent des boulets : une croissance atone, une énorme dette publique rapportée à la taille de leur économie, aggravées par une balance commerciale chroniquement déficitaire dans le cas de la France.

Des années de reniement des traités européens

Le Covid a bon dos : cela fait des années que certains pays bafouent le pacte européen de stabilité. « On commence à avoir l’impression que des pays comme la France ou l’Italie préféreraient aussi bien supprimer les règles de Maastricht », s ‘inquiète le ministre des Finances autrichien Gernot Blümel dans le quotidien allemand Die Welt. Déjà, le fait de simplement contenir la dette était un problème, désormais les limites sont vues comme insupportables.

L’idée de l’alliance est au contraire que les pays participants s’orientent vers un plan de réduction de leurs dettes. Les cigales appellent cela avec horreur « austérité » et y sont allergiques.

De multiples avertissements sans effet

L’Allemagne n’a pas encore fait connaître si elle adhèrerait à l’alliance proposée. Mais récemment, elle a – par la voix de Schäuble – lancé un avertissement explicite à l’Italie de Mario Drgahi  : « L’expérience montre que des pays ayant un endettement élevé ne peuvent presque jamais retrouver un équilibre budgétaire sans pression externe »

En outre, l’Allemagne a fait savoir à de nombreuses reprises qu’elle apprécierait que la France réforme son système de retraites. Ceci explique peut-être qu’après l’enlisement, le dossier sorte du placard et soit à nouveau soumis au Parlement en juillet.

Le vent est en train de tourner dans l’Eurozone et les pays les plus performants regardent d’un œil moins clément qu’auparavant les pays dépensiers incapables de réformes.

Une crise monétaire en vue

Traditionnellement, ces pays frugaux ont mis en place un système de retraite par capitalisation, la répartition ne constituant bien souvent qu’un minimum. La politique de taux bas les a désavantagés et le gonflement des bulles financières fait peser une menace.

Ces divergences entre ceux qui profitent des taux bas et ceux à qui ils nuisent, divergences encore accentuées par la crise sanitaire, font peser de lourdes menaces sur le futur de l’euro et votre épargne.

Épargnant, entrepreneur : nous conseillons d’organiser dès à présent votre patrimoine pour encaisser les chocs à venir. Vous trouverez ici 6 conseils simples à mettre en œuvre dès à présent.


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