Entre échec de la stratégie zéro covid et pénurie de tests, l’Australie navigue à l’aveugle

Entre échec de la stratégie zéro covid et pénurie de tests, l’Australie navigue à l’aveugle


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Depuis le début de la pandémie, plusieurs nations avaient vanté la capacité de l'Australie à gérer la crise sanitaire. Figurant parmi les Etats qui prônent le « zéro covid », depuis la première vague du Coronavirus en mars 2020, les dirigeants ont fait du pays une sorte de laboratoire. Depuis lors la situation d'enfermement et les restrictions n'ont cessé de se renforcer (le meilleur joueur de tennis du monde, Djokovic en a fait les frais). Toutefois, la vaccination de masse et une politique sanitaire très stricte ne produisent pas le résultat escompté : les cas quotidiens sont en hausse et les tests rapides ne sont pas fournis en nombre suffisant.

Résurgence des cas malgré le durcissement des restrictions

Après s’être isolée du reste du monde pendant une longue période, l’Australie décide aujourd’hui d’adopter une nouvelle stratégie compte tenu du taux élevé des nouveaux cas d’infection dû au Covid-19.

Avec un bilan assez faible d’un point de vue mondial qui avoisine les 3000 décès, le gouvernement australien fait actuellement face à un revirement de situation.

Avec la vague Omicron, plus de 1,5 million d’infections ont été recensées au cours des trois dernières semaines, et vendredi, le pays a signalé un total record de 88 décès en une seule journée.

Le taux d’absentéisme a atteint son apogée au cours de la semaine dernière, avec des employés qui ont dû cesser de travailler pour cause d’isolement et d’arrêt maladie lié au Covid-19.

Cette situation handicapante amène à des décisions bureaucratiques qui feront le délice des historiens un jour quand il raconteront la politique sanitaire dace au COVID.  Le gouvernement australien a reconsidéré la limite d’âge pour les permis de chariot élévateur à fourches afin de ne pas manquer de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs essentiels et permettre ainsi aux mineurs de concourir à la fluidification des chaînes d’approvisionnement.

On dénombre également un taux d’absentéisme élevé du côté des supermarchés, ce qui mène à un réapprovisionnement difficile en termes de produits courants. Ces absences en masse s’expliquent principalement par la propagation importante du virus et par la période d’isolement obligatoire par laquelle les travailleurs doivent passer après avoir été en contact avec des personnes testées positives.

Dorénavant, les travailleurs essentiels ne sont plus concernés par cette règle, mais ces derniers sont toutefois dans l’obligation de présenter un test négatif. Et pourtant, l’adoption de cette stratégie ne solutionne le problème qu’à moitié, car il semblerait que le pays manque cruellement de tests. En effet,  Omicron, connu pour son caractère hautement contagieux, a conduit à une multiplication du nombre de tests.

Pénurie des tests rapides antigéniques

Le Premier Ministre Morrison se désole face à la pénurie de tests rapides antigéniques . En effet, le gouvernement, qui croyait à sa stratégie d’isolement du pays et de vaccination, n’a pas effectué suffisamment de commandes compte tenu de sa première stratégie de lutte anti-Covid. En ce sens, ces tests qui peuvent se faire à domicile et offrant des résultats en seulement quelques minutes se font très rares en Australie.

Dans la même foulée, la Pharmacy Guild of Australia se plaint des problèmes d’approvisionnement face à la forte demande. Elle a indiqué que ses membres reçoivent quatre appels toutes les minutes de personnes à la recherche de tests. Dans  un communiqué qui est sorti ce jeudi, Chris Freeman, président de ces 5700 pharmacies communautaires qui composent la Pharmacy Guild, souligne que « Cette situation n’est tout simplement pas viable ».

Malgré leur attitude d’enfermisme et de contrôle, et la vaccination généralisée, les autorités australiennes semblent impuissantes. Le constat est là, les nouveaux cas d’infection sont nombreux. Comme en Chine où la stratégie zéro covid  n’empêche pas que les contaminations se multiplient à l’approche des JO d’hiver de Pékin.

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