Aux Etats-Unis, des médecins recommandent des algorithmes raciaux pour soigner le COVID!

Aux Etats-Unis, des médecins recommandent des algorithmes raciaux pour soigner le COVID!


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Le variant Omicron a déferlé sur les États-Unis vers la fin de l’année 2021. Craignant l’explosion des cas de contaminations, qui pourrait submerger le système de santé. Des médecins recommandent des algorithmes raciaux pour soigner le COVID, afin d’identifier les patients les plus vulnérables. Les autorités sanitaires ont recommandé le recours à des thérapies anti-Covid et les personnes les plus à risque sont à prioriser.

Selon les directives de l’administration Biden, il existerait des conditions ou facteurs médicaux qui exposent un individu à la forme grave du Covid-19. Il faut citer entre autres l’âge avancé, la grossesse, l’obésité, le diabète, les maladies rénales chroniques ainsi que les maladies cardiovasculaires. Curieusement, la « race » ou l’origine ethnique constituerait selon le gouvernement démocrate aussi un critère qui pourrait « placer les patients individuels dans une situation de risque élevé de progression vers le Covid-19 sévère ».

La race comme un critère important

C sont en fait des professionnels de la santé américaine qui recommandent l’inclusion de la race dans les algorithmes conçus pour identifier les personnes les plus à risque qui devraient bénéficier des thérapies anti-Covid comme le Paxlovid et les anticorps monoclonaux.

En creusant un peu plus, on comprend que la quantité des traitements disponibles est limitée. Or, depuis la circulation du variant Omicron dans le pays, le nombre de cas d’infections est en hausse.

Et par conséquent des médecins ont eu l’idée – bizarre sinon scandaleuse – de fabriquer une sorte de « discrimination positive » pour les médicaments.  Cette idée est défendue par  David M. Kent, médecin interniste et généraliste et directeur du Predictive Analytics and Comparative Effectiveness Center du Tufts Medical Center, et Keren Ladin , directrice du laboratoire de recherche sur l’éthique, le vieillissement et la santé communautaire à l’université Tufts . Ou encore le professeur de médecine, O. Kenrik Duru, qui est chercheur à l’université de Californie à Los Angeles.

Selon ces experts, la race est un critère d’évaluation très important, même s’il ne s’agit pas d’un facteur biologique ou causal direct.

Selon ces chercheurs, l’exemple du Covid-19 montre comment l’inclusion de la race dans les modèles de prédiction du risque pour la prise de décision clinique , peut remplacer des causes inconnues et non mesurées comme les facteurs socio-économiques et culturels.

En éliminant la race des calculs de risque, le principe de « traitement égal pour un risque égal » ne serait pas respecté. Curieuse façon d’argumenter de la part de gens qui introduisent un critère non scientifique dans leur considérations épidémiologiques. Décidément, le COVID aura signifié le retour de bien des charlatanismes.

Une discrimination selon Trump

Lors d’un rassemblement en Arizona le 15 janvier dernier, l’ancien président Donald Trump a fustigé l’intégration de la race parmi les critères de détermination des personnes à risque qui devraient accéder aux traitements anti-Covid.

Il a déclaré: « les démocrates sont en train de sauver des vies en se basant sur la race, en discriminant et en dénigrant, juste en dénigrant, les personnes blanches pour déterminer qui vit et qui meurt », et d’ajouter « Si vous êtes blanc, vous devez aller à l’arrière de la file pour obtenir une aide médicale ». M. Trump estime qu’on est en train de mettre en place une médecine fondée sur la race.

L’ancien président a obtenu le soutien de nombreux commentateurs politiques. Par peur des contestations judiciaires, certains Etats comme l’Utah et le Minnesota ont décidé d’éliminer la race des algorithmes Covid-19. Même si  dans le cadre éthique publié par l’État du Minnesota on conseille aux cliniciens et aux personnels de santé de “tenir compte du risque accru de progression vers le COVID-19 sévère associé à la race et à l’ethnicité lors de la détermination de l’éligibilité” pour l’attribution de thérapies par anticorps monoclonaux.

Mais au fait pourquoi Donald Trump est-il le premier à parler avec force contre l’introduction du racisme dans la médecine?

Les partisans de la mesure n’en démordent pas. Ils rétorquent que, face au Covid, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont indiqué que les afro-américains ont environ deux fois plus de chances d’en mourir que les personnes blanches. Et ils ont un risque d’hospitalisation environ deux fois plus élevé que les Blancs. C’est absurde car on transforme un facteur social (devenu totalement absent des considérations d’une partie de l’équipe dirigeante aux Etats-Unis) en facteur ethnique.

Mais les trois médecins que nous citions insistent:  on aurait tendance à ignorer des causes non mesurées et à trop se focaliser sur les caractéristiques connues et mesurées comme l’âge et le fait d’avoir des antécédents médicaux.  Encore une fois, on sort de la science et on s’en vante.

Utiliser des algorithmes cliniques qui ne tiennent pas compte de la race lors de la détermination des personnes qui devraient accéder à ces ressources thérapeutiques rares serait donc le vrai processus discriminatoire. En effet, cela reviendrait à ignorer l’excès de risque d’hospitalisation chez la population noire, un groupe déjà défavorisé, selon ces derniers. Décidément, la gauche américaine a depuis longtemps abandonné un critère simple et universel, lui, celui de la discrimination sociale, qui touche tous les Américains pauvres, quelle que soit leur couleur de peau.


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