Le zéro Covid chinois fait fuir les plus riches

Le zéro Covid chinois fait fuir les plus riches


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Depuis le début de la crise sanitaire, pour endiguer le Covid, Xi Jinping a imposé la stratégie de zéro Covid. Une politique qui a porté un grand tort sur le plan social, mais surtout sur le plan économique.  Face à cette situation qui a fait plonger l’économie du pays avec de nombreux secteurs d’activités à l’arrêt, les 10.000 Chinois riches de 48 milliards de dollars envisagent de quitter le pays. La grande question qui se pose aujourd'hui à ces fortunés de Chine est de savoir si le leader chinois les laissera partir?

Avec la stratégie très stricte du zéro Covid , la plupart des activités économiques du pays fonctionnent au ralenti . En raison de ces restrictions sanitaires en vigueur, de nombreuses usines de productions ont dû fermer leurs portes. Le confinement généralisé de Shanghai a porté préjudice à la production et aux activités économiques du pays. Les chaînes d’approvisionnement dans tous les secteurs sont menacées. Selon le site Bloomberg, désormais, les riches chinois veulent fuir la politique Zéro Covid de Xi et les dégâts économiques provoqués par le verrouillage complet de la capitale économique chinoise, Shanghai. Cette situation ouvre la voie à un nouvel accès de tension entre les Chinois fortunés et le Parti communiste au pouvoir, déjà mis à mal par la campagne populiste du président Xi Jinping en faveur de la « prospérité commune« .  Actuellement, la Chine subit le deuxième plus grand exode de richesse et de personnes prévu pour un pays après la Russie.

Hausse des demandes de renseignement en matière d’immigration

Si la politique du zéro Covid en Chine a conduit les dirigeants à appliquer des restrictions sévères lorsqu’une vague de pandémie a frappé Shanghai. Selon le site Bloomberg, face à une situation complexe et frustrante pendant presque deux longs mois, avec l’accalmie, de nombreux riches Chinois cherchent à quitter le pays.

Un bon exemple est celui d’Harry Hu, un restaurateur de la capitale économique chinoise qui a déclaré qu’il a failli mourir de faim pendant le confinement. Comme des milliers de personnes fortunées en Chine, M. Hu brade sa fortune pour partir. Il aurait déjà vendu sa part dans deux grands restaurants haut de gamme de Shanghai pour la modique somme de 3 millions de dollars. Il a aussi entrepris les démarches pour le déménagement en engageant un avocat spécialisé dans l’immigration et la gestion de patrimoine.

Le milliardaire Huang Yimeng, directeur général de la société de jeux XD Inc. à Shanghai, aurait aussi annoncé à ses employés qu’il prévoit de quitter la Chine pour des raisons familiales. Il n’a pas mentionné directement la fermeture de son entreprise.

Selon le site Bloomberg, les demandes de renseignements concernant l’immigration ont été multipliées par trois au printemps. Il en est de même en ce qui concerne les demandes de transfert d’argent hors du pays.  Tout cela indique que la Chine pourrait faire face au plus grand exode de richesse et de personnes qu’elle a jamais connu.

Parmi les destinations les plus choisies, il y a le Canada, les États-Unis, Singapour, l’Australie et quelques pays d’Europe.

Notons que la plupart des habitants craignent le retour de la situation de lockdown à Shanghai ou le nombre de cas d’infection au Covid repart à la hausse. Par ailleurs, cette restriction stricte s’applique actuellement dans plusieurs villes chinoises.

Limitation des voyages non essentiels par Pékin

Mais la question qui se pose actuellement est : est-il possible de quitter la Chine ? Les autorités limitent les voyages non essentiels depuis la fin de l’année 2020. Un banquier privé a par exemple voulu envoyer son enfant à Singapour pour études, mais l’agence gouvernementale locale a refusé de lui accorder le visa.

Pour quitter le pays, les responsables politiques ont renforcé les restrictions en matière de déménagement et de délocalisation. Le traitement des demandes de transport est désormais plus long et les demandeurs doivent fournir un dossier composé de nombreuses pièces justificatives.

Désormais, le gouvernement interdit de convertir plus de 50.000 dollars de Yuans en devises étrangères par an. Auparavant, pour transférer de l’argent hors de Chine, on pouvait utiliser les cryptomonnaies où conclure un accord privé avec un homologue étranger cherchant à envoyer des yuans sur le territoire national.

Mais la répression massive des cryptomonnaies a entraîné l’interdiction de presque toutes les activités, y compris les échanges, les offres initiales de pièces, l’extraction minière et les transactions. De plus, les accords d’échange deviennent plus difficiles à trouver, car moins de personnes veulent transférer de l’argent en Chine.

En raison de toutes ces restrictions liées à la politique zéro Covid, l’OMS l’avait qualifié de « pas soutenable ».

Les entreprises étrangères et investisseurs étrangers envisagent
également de quitter le pays. Une enquête des Chambres de commerce et
d’industrie allemande (DIHK) a par exemple annoncé que
47% des sociétés allemandes prévoient de ne plus investir en Chine.Malgré ces nombreuses critiques, pour le « Grand leader » Xi Jiping, la stratégie du zéro Covid reste un des piliers de sa politique depuis le début de la pandémie. Un aveu d’échec serait inconcevable. Xi Jinping  prépare déjà le XXe Congrès du parti communiste, qui se tiendra en novembre, un Congrès qu’il se doit de contrôler.

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