Des chercheurs tentent de justifier la création d’un virus du COVID létal à 80%

Des chercheurs tentent de justifier la création d’un virus du COVID létal à 80%


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Les travaux de recherche menés par l’équipe de l’Université de Boston (BU) ont provoqué la fureur des internautes et certains scientifiques. Ils concernent la création en laboratoire d’un virus issu de la combinaison d’Omicron et de la souche originelle du SRAS-CoV-2. Une nouvelle souche qui serait mortelle « huit fois sur dix ».

Les chercheurs de l’Université de Boston ont lancé des travaux en vue de comprendre pourquoi le variant Omicron est moins pathogène en se focalisant sur la protéine Spike du virus. Selon eux, cette étude pourrait donner des informations pertinentes qui permettraient une amélioration des tests de diagnostic et des méthodes de gestion du Covid-19. L’étude publiée en ligne le 14 octobre a révélé que 80% des souris infectées par un virus hybride – Omicron et la souche originelle – sont mortes. Mais cette expérience a été pointée du doigt par les internautes et a été dénoncée comme étant un acte irresponsable, une étude qui semble créer un « virus Covid-19 de Frankenstein ».

Une étude largement critiquée par les internautes et les experts

Selon un article du Daily Mail, publié le 17 octobre, des chercheurs de l’université de Boston (BU) ont créé un virus hybride à partir de « la combinaison de la protéine Spike d’Omicron à la souche originale de Wuhan ». L’étude a été publiée sur le serveur pré-impression bioRxiv et elle a révélé que 80% des rongeurs infectés seraient décédés.

Cette expérience menée par l’équipe de la BU a provoqué l’indignation des internautes et de certains médecins sur Twitter. Ces derniers ont déclaré que c’est un acte « totalement irresponsable », « c’est de la folie« . Ils craignent surtout que ce virus puisse s’échapper du laboratoire et générer une vague d’épidémie virulente et mortelle.

Certains scientifiques comme le biologiste moléculaire à l’Université Rutgers de Piscataway, Richard Ebright, ont aussi critiqué les travaux de recherche menés par la BU. Pour information, ces travaux ont été menés au National Emerging Infectious Diseases Laboratories de l’Université de Boston et financés par les National Institutes of Health (NIH). Selon M. Ebright, c’est une recherche de type « gain de fonction » (GOF) qui pourrait rendre le virus encore plus dangereux.

Notons qu’un responsable de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) du NIH a déclaré qu’il n’a pas été informé de ces travaux de recherche. Une situation qui n’a fait qu’accroître les préoccupations des chercheurs.

Par ailleurs, certains scientifiques remettent en question la valeur scientifique de l’étude et affirment que ses risques et avantages potentiels n’ont pas été correctement examinés avant sa réalisation.

Une expérience peu inquiétante selon certains virologues

Mais certains virologues ont déclaré que l’étude est peu inquiétante. Selon eux, le virus hybride est moins mortel que la première variante modifiée dans l’étude. Ils ont également noté que d’autres chercheurs ont publié les résultats d’expériences similaires qui n’ont pas suscité les mêmes inquiétudes.

Selon Stuart Neil du King’s College de Londres, le virus chimérique est moins mortel que la souche de l’Etat de Washington , mais probablement plus transmissible. Certains scientifiques remettent également en question la pertinence de l’étude chez la souris, qui n’est  pas  souvent transposables à l’homme.

Compte tenu de ces limites, l’argument en faveur de ces travaux « ne me semble généralement pas très convaincant », a tweeté le virologue François Balloux de l’University College London.

Le virologue à l’Icahn School of Medicine de Mount Sinai, Florian Krammer, a aussi indiqué que de nombreux virus hybrides similaires au SARS-CoV-2 se sont formés naturellement, mais ils n’ont provoqué aucun danger.

L’Université de Boston a qualifié l’article du Daily Mail  de « faux et inexact ». Selon les chercheurs de la BU, cette expérience ne permettait pas d’amplifier le niveau de dangerosité de la souche originale du SARS-Cov-2. Au contraire, « cette recherche a rendu la réplication du virus moins dangereuse ». Selon les chercheurs, les rumeurs sur cette étude « déforment non seulement les résultats de l’étude, mais aussi ses objectifs. »


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