Elections US: Musk promet un million de dollars par jour pour voter Trump

Elections US: Musk promet un million de dollars par jour pour voter Trump


Partager cet article

Samedi dernier, Elon Musk, milliardaire industriel propiétaire de Tesla et X (anciennement Twitter) et partisan acharné de Donald Trump, a frappé un grand coup en offrant publiquement un million de dollars à un électeur lors d’un meeting en Pennsylvanie, un État stratégique pour l’élection présidentielle de 2024.  Selon  The Wall Street Journal,le milliardaire organise un tirage au sort quotidien pour les signataires de sa pétition l’« America PAC », visant à mobiliser entre un et deux millions d’électeurs dans sept États clés : Pennsylvanie, Géorgie, Nevada, Arizona, Michigan, Wisconsin et Caroline du Nord – ces Etats très disputés parce qu’ils peuvent voter pour l’un ou l’autre camp. L’objectif est de rallier les partisans de Trump dans les « swing states » . La stratégie agressive d’Elon Musk pour influencer le scrutin démontre à quel point Elon Musk est “à fond” pour soutenir la réélection de Donald Trump. Une opération que le gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro  a rapidement qualifié de « préoccupante ». Depuis juillet, Musk a déjà investi 75 millions de dollars dans ce comité de soutien.

L’opération a rapidement été critiquée pour ses implications légales. Aux USA, le financement électoral et l’encouragement à voter via des incitations financières sont soumis à des restrictions sévères dans la loi fédérale américaine. Le professeur Rick Hasen, spécialiste de droit électoral à UCLA, affirme que ce genre de manœuvre pourrait contrevenir à l’article 52 USC 10307(c) du Code électoral, interdisant toute forme de paiement en échange d’un vote ou d’une inscription sur les listes électorales.

Une pétition controversée

Le programme de Musk ne concerne que les électeurs inscrits dans des États-clés, décisifs pour l’issue de l’élection. Le premier bénéficiaire de cette opération, John Deherer, a reçu samedi son chèque d’un million de dollars lors du rassemblement en Pennsylvanie. Ce dernier a expliqué dans une vidéo publiée sur X (anciennement Twitter) s’être rendu au meeting « pour voir Elon Musk et soutenir Donald Trump ».

Pour participer au tirage au sort, il faut non seulement être un électeur inscrit, mais aussi signer une pétition promue par un comité d’action politique (PAC) aligné sur les idéaux de droite défendus par Musk, à soutenir les premier et deuxième amendements à la Constitution des Etats-Unis qui portent sur la liberté d’expression et sur le droit de porter des armes. En plus du million quotidien, Musk et son comité offrent également 47 dollars à chaque personne qui réussit à convaincre un électeur d’un État-clé de signer la pétition. Une méthode que le milliardaire a qualifiée d’« argent facile »

Rick Hasen souligne que la loi est claire : il est illégal de « payer  » quelqu’un pour voter ou pour s’inscrire sur les listes électorales. Le professeur ajoute que Musk pourrait encourir une amende de 10 000 dollars et jusqu’à cinq ans de prison si ses actions étaient jugées illégales. D’autres éléments de cette initiative, tels que des bonus pour les signataires et des primes pour recruter d’autres signataires, compliquent encore la situation légale.

Entre opportunisme et risque juridique

Le gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro, a exprimé ses inquiétudes face à cette initiative, la qualifiant de « profondément préoccupante« . Sans aller jusqu’à l’accuser directement de violer la loi, Shapiro appellent les autorités fédérales à se pencher sur cette affaire. Selon lui, bien qu’il ne soit plus procureur général, une enquête pourrait être lancée pour clarifier la légalité de ce tirage au sort.

En parallèle, le ministère de la Justice pourrait être sollicité pour trancher sur la question. Toutefois, Hasen note que les autorités fédérales pourraient choisir d’avertir Musk avant d’engager des poursuites, ce qui retarderait toute sanction immédiate.

Musk, de son côté, semble peu inquiet des répercussions légales. Avec son passé d’homme d’affaires habitué à flirter avec les régulations, il a souvent réussi à contourner les sanctions potentielles aux États-Unis.

Cependant, cette fois, la situation pourrait être différente, surtout si les autorités décident de creuser plus profondément dans cette affaire. Offrir des récompenses financières à des électeurs dans des États stratégiques pourrait non seulement influencer le vote mais aussi créer un dangereux précédent en matière de financement de campagne. Si la loi semble claire sur l’illégalité de telles pratiques, reste à savoir si les autorités fédérales auront le temps et la volonté d’agir avant le scrutin du 5 novembre.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
2026 : le Grand Désordre et la fin de la gestion de patrimoine "Papa", par Vincent Clairmont

2026 : le Grand Désordre et la fin de la gestion de patrimoine "Papa", par Vincent Clairmont

L’heure n’est plus à la diversification prudente, mais à l’antifragilité. Alors que la zone euro s'enfonce dans une stagflation structurelle et que le château de cartes du crédit privé menace de s'effondrer, comment protéger et faire croître un capital de 100 000 € ? Découvrez la Stratégie Barbell 2026, notre nouveau guide opérationnel exclusivement réservé à nos abonnés, à télécharger en fin d'article. L'illusion de la sécurité est votre plus grand risque Le modèle classique de gestion de pa


Rédaction

Rédaction

Pourquoi les libertariens disent que l'encadrement des loyers est un poison lent, par Elise Rochefort

Pourquoi les libertariens disent que l'encadrement des loyers est un poison lent, par Elise Rochefort

À chaque crise du logement, la même vieille lune réapparaît sur le devant de la scène politique : l’encadrement des loyers. Sous couvert de "justice sociale" et de protection des plus démunis, l'État s'immisce dans la relation contractuelle entre deux individus pour dicter un prix. Pourtant, pour quiconque refuse de s'aveugler, cette mesure n'est pas un remède ; c'est un poison lent. Un poison qui, sous prétexte de calmer la douleur à court terme, finit par paralyser tout l'organisme urbain.


Rédaction

Rédaction

L’État face à la cyberguerre: est-il capable de nous protéger ? par Eric Lemaire
Photo by Glen Carrie / Unsplash

L’État face à la cyberguerre: est-il capable de nous protéger ? par Eric Lemaire

Cyber, État, liberté : qui protège vraiment ? Dans ce nouvel article nous évoquons le rôle réel de l’ANSSI, les limites de la CNIL, les illusions autour des prestataires cyber et l’impact de l’IA.Dans le premier article, on a posé le décor : les attaques sont partout, tout le temps, et elles ne vont pas s’arrêter. La question suivante est simple : l’État est-il capable de nous protéger ? Comment est il organisé ? Réponse courte : partiellement. Une vraie montée en puissance… mais silenci


Rédaction

Rédaction

En France, quels risques encourt-on en s'indignant publiquement de la politique israélienne? par Eric Verhaeghe

En France, quels risques encourt-on en s'indignant publiquement de la politique israélienne? par Eric Verhaeghe

Sous couvert d'une lutte — par ailleurs nécessaire — contre l'antisémitisme, le pouvoir macroniste et ses satellites sont en train de bâtir un véritable arsenal de « police de la pensée ». En ce printemps 2026, s'indigner de la politique menée par l'État d'Israël n'est plus seulement un acte militant ; c'est devenu un sport de combat judiciaire et professionnel où l'individu risque sa carrière, sa réputation et, bientôt, sa liberté. L'analyse de la situation révèle un basculement systémique ver


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe