Après RFK Jr., Trump avance un nouveau pion pour mettre fin à la bureaucratie sanitaire

Après RFK Jr., Trump avance un nouveau pion pour mettre fin à la bureaucratie sanitaire


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Trump  continue à envoyer  un sacré coup de pouce à tous ceux qui furent accusés de « complotisme » durant le COVID. Après avoir confié le puissant ministère américain de la santé et des services sociaux (HHS)   à Robert Francis Kennedy Junior, dit « Bobby »,  grand avocat connu pour ses positions anti-vaccination, ce dernier est convaincu que « le gouvernement« , « les médias » et les scientifiques mentent aux Américains. Selon le Washington Post, le Dr Jay Bhattacharya, professeur de politique de santé à l’université Stanford, serait  pressenti pour diriger les National Institutes of Health (NIH). Cette agence fédérale, pilier de la recherche médicale aux États-Unis, est chargée de promouvoir l’innovation scientifique pour améliorer la santé publique. Expert en santé publique, connu pour son scepticisme à l’égard des vaccins et ses opinions médicales controversées, farouchement opposé au confinement et aux mesures sanitaires  durant le  COVID, il pourrait transformer les National Institutes of Health sous l’administration Trump.

Fort d’une carrière académique prolifique, Bhattacharya est connu pour ses prises de position critiques sur les confinements pendant la pandémie de COVID-19. Ces derniers, selon lui, ont engendré des dommages collatéraux significatifs sur les plans social, économique et sanitaire, en particulier pour les populations vulnérables.

Un parcours académique et interdisciplinaire exemplaire

Le Dr Bhattacharya combine une double expertise en médecine et en économie, acquises à Stanford. Il dirige le Centre for Demography and Economics of Health and Ageing et a publié plus de 135 articles scientifiques dans des domaines variés tels que l’épidémiologie, l’économie et la santé publique.

Ses recherches se concentrent sur des enjeux majeurs comme :

  • L’impact du vieillissement de la population sur les coûts des soins de santé.
  • L’économie de l’innovation biomédicale.
  • Les réponses politiques à la pandémie de COVID-19.

Cette approche multidimensionnelle lui confère une perspective unique sur les réformes nécessaires aux NIH, notamment pour dynamiser la recherche et optimiser l’utilisation des ressources publiques.

Une vision réformatrice des NIH

Le Dr Bhattacharya a récemment rencontré Robert F. Kennedy Jr., pressenti pour diriger le ministère de la santé et des services sociaux (HHS). Lors de cet échange, Bhattacharya aurait déjà présenté des réformes ambitieuses pour les NIH, visant à :

  • Renforcer le financement de la recherche innovante pour soutenir les découvertes médicales majeures.
  • Réduire l’influence bureaucratique des cadres en place, souvent perçue comme un frein à l’efficacité de l’agence.
  • Encourager une réactivité accrue face aux crises de santé publique.

Ces propositions s’inscrivent dans une volonté de transformer les NIH en une organisation plus agile et tournée vers l’avenir, capable de relever les défis médicaux du 21ᵉ siècle.

Robert F. Kennedy Jr., un allié stratégique qui inquiète

La nomination de Bhattacharya serait cohérente avec la vision de Kennedy, connu pour son engagement en faveur de la santé publique et de la protection de l’environnement. En dénonçant l’influence des industries pharmaceutiques et alimentaires, Kennedy prône une politique de santé basée sur la transparence et la responsabilité.

Ensemble, Bhattacharya et Kennedy pourraient incarner une approche nouvelle pour les institutions de santé publique américaines, combinant réforme, innovation et efficacité.

Si la nomination de Robert F. Kennedy Jr.est validée, il prendra la tête d’une vaste agence regroupant plus de 80 000 employés, incluant les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), les Instituts nationaux de la santé (NIH), la Food and Drug Administration (FDA) ainsi que les Centers for Medicare and Medicaid (Centres pour l’assurance-maladie et Medicaid).

Cette nomination inquiète la caste, le « discours officiel »,  habile dans la manipulation des peurs et dans la mise en place des mesures d’urgence en vue d’une meilleure obéissance des peuples, de l’extension du pouvoir élitaire, et des restriction des libertés.

Mandy Cohen, directrice des CDC, a exprimé au New York Times son inquiétude face à la possibilité que Kennedy diffuse des informations erronées et alimente la méfiance s’il accède au poste de ministre.

Le Dr Ashish K. Jha, MPH, ancien coordinateur de la réponse Covid-19 de l’administration Biden, et doyen de l’école de santé publique de l’université Brown, s’est insurgé  sur X (anciennement Twitter), pour lui  :

« Le secrétaire d’État à la santé façonne la politique de santé de manière profonde. Les idées [de M. Kennedy] peuvent sembler bonnes sur les autocollants de pare-chocs, mais elles ne sont pas sérieuses et sont souvent carrément nuisibles. Notre système de santé est loin d’être parfait. Mais il a permis de réaliser de nombreux progrès qui ont profité au peuple américain. Cette nomination, si elle est confirmée, met tout cela en péril ».

Le Dr Peter G. Lurie, MPH, ancien commissaire associé à la FDA et  président du Center for Science in the Public Interest (CSPI), a déclaré dans un communiqué que Robert F. Kennedy Jr « n’est pas du tout qualifié pour ce rôle… ». Il s’oppose également la nomination « de  tous les autres candidats qui représentent une menace directe pour la science et les pratiques fondées sur des preuves ».


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