USA: éradiquer la « culture de la dissimulation », une priorité pour le NIH

USA: éradiquer la « culture de la dissimulation », une priorité pour le NIH


Partager cet article

En octobre 2020, Jay Bhattacharya, professeur à l’Université de Stanford, et deux autres scientifiques publiaient la Déclaration de Great Barrington. Ce texte, rédigé en collaboration avec l’American Institute for Economic Research, appellait à mettre fin aux confinements et propose une stratégie de « protection focalisée ». L’idée : protéger les populations vulnérables tout en permettant aux autres de reprendre une vie normale . Lors de son audition devant le Sénat américain en vue de sa nomination à la direction du National Institutes of Health (NIH), Bhattacharya a insisté sur la nécessité de restaurer une culture de la libre expression scientifique.

Les politiques de confinement mises en place durant la pandémie de COVID-19 ont suscité des controverses majeures. Des experts et militants opposés à ces mesures ont alerté sur leurs conséquences sanitaires à court, moyen et long terme.le 4 Octobre 2020, un collectif d’épidémiologistes des maladies infectieuses et scientifiques spécialisés en santé publique américains, anglais, allemands et autres, publient la Déclaration du Great Barrington dans laquelle ils énoncent :

« Les politiques actuelles de confinement produisent des effets désastreux sur la santé publique à court, moyen et long terme. Parmi les conséquences, on peut citer, entre autres, une baisse des taux de vaccination chez les enfants, une aggravation des cas de maladies cardio-vasculaires, une baisse des examens pour de possibles cancers ou encore une détérioration de la santé mentale en général. Cela va engendrer de grands excès de mortalité dans les années à venir, notamment dans la classe ouvrière et parmi les plus jeunes. ».  Ils proposent une stratégie de « protection focalisée ».

Jay Bhattacharya dénonce une « culture de la dissimulation » au NIH

Nommé par Donald Trump pour diriger les NIH, Jay Bhattacharya a profité de son audition au Sénat américain pour critiquer sévèrement l’agence. Il a accusé les hauts responsables du NIH de superviser une « culture de la dissimulation, de l’obscurcissement et d’un manque de tolérance envers les idées divergentes ». Pour Bhattacharya, cette culture étouffe la dissidence, qu’il considère comme « l’essence même de la science ».

Lors de cette audition devant le Sénat américain en vue de sa nomination à la direction du NIH, Bhattacharya a insisté sur la nécessité de restaurer une culture de la libre expression scientifique. Cependant, ses positions sur d’autres sujets, notamment la régulation de la publicité alimentaire ou la tarification des médicaments aux USA, ont suscité des tensions avec certains sénateurs, comme Bernie Sanders. Bien que Bhattacharya ait exprimé son accord sur certains points, ses réponses indirectes ont parfois irrité les législateurs.

La dictature sanitaire durant le COVID

La publication de la Déclaration de Great Barrington a déclenché une tempête politique et médiatique. Les auteurs de la Déclaration du Great Barrington ont déclaré que ce virus est environ mille fois moins mortel pour les jeunes que pour les vieux, qu’il est moins dangereux pour eux qu’une grippe saisonnière. Après cette « déclaration », Bhattacharya a affirmé avoir été la cible d’une « attaque de propagande » orchestrée par le gouvernement et les médias de l’époque. Il avait même évoqué des craintes pour sa sécurité, notamment après avoir remis en question l’efficacité du masquage des enfants, faute de preuves scientifiques solides.

Malgré les critiques initiales, certaines figures clés, comme l’ancien directeur du NIH Francis Collins, ont fini par reconnaître que les confinements étaient peut-être trop généralisés. Cette évolution témoigne de la complexité du débat sur la gestion de la pandémie.

Les priorités de Bhattacharya pour le NIH

Lors de son audition, Bhattacharya a également exposé ses priorités s’il était nommé à la tête du NIH. Il a promis de rétablir la confiance dans les institutions scientifiques publiques et de résoudre la crise de la fiabilité des données scientifiques. Parmi ses objectifs figurent la recherche sur l’augmentation du diabète et de l’obésité chez les enfants, ainsi que sur les maladies infectieuses infantiles. Il a également mentionné les maladies cardiaques et le cancer comme des domaines prioritaires.

En réponse à une question sur une épidémie de rougeole au Texas, Bhattacharya a nié tout lien entre le vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole) et l’autisme, réaffirmant son soutien à la vaccination.Son engagement pour une approche plus ouverte et pluraliste de la science marque un tournant dans la gestion des crises sanitaires. Reste à voir si cette vision sera adoptée par les instances de décision et comment elle influencera les politiques de santé publique à l’avenir.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
2026 : le Grand Désordre et la fin de la gestion de patrimoine "Papa", par Vincent Clairmont

2026 : le Grand Désordre et la fin de la gestion de patrimoine "Papa", par Vincent Clairmont

L’heure n’est plus à la diversification prudente, mais à l’antifragilité. Alors que la zone euro s'enfonce dans une stagflation structurelle et que le château de cartes du crédit privé menace de s'effondrer, comment protéger et faire croître un capital de 100 000 € ? Découvrez la Stratégie Barbell 2026, notre nouveau guide opérationnel exclusivement réservé à nos abonnés, à télécharger en fin d'article. L'illusion de la sécurité est votre plus grand risque Le modèle classique de gestion de pa


Rédaction

Rédaction

Pourquoi les libertariens disent que l'encadrement des loyers est un poison lent, par Elise Rochefort

Pourquoi les libertariens disent que l'encadrement des loyers est un poison lent, par Elise Rochefort

À chaque crise du logement, la même vieille lune réapparaît sur le devant de la scène politique : l’encadrement des loyers. Sous couvert de "justice sociale" et de protection des plus démunis, l'État s'immisce dans la relation contractuelle entre deux individus pour dicter un prix. Pourtant, pour quiconque refuse de s'aveugler, cette mesure n'est pas un remède ; c'est un poison lent. Un poison qui, sous prétexte de calmer la douleur à court terme, finit par paralyser tout l'organisme urbain.


Rédaction

Rédaction

L’État face à la cyberguerre: est-il capable de nous protéger ? par Eric Lemaire
Photo by Glen Carrie / Unsplash

L’État face à la cyberguerre: est-il capable de nous protéger ? par Eric Lemaire

Cyber, État, liberté : qui protège vraiment ? Dans ce nouvel article nous évoquons le rôle réel de l’ANSSI, les limites de la CNIL, les illusions autour des prestataires cyber et l’impact de l’IA.Dans le premier article, on a posé le décor : les attaques sont partout, tout le temps, et elles ne vont pas s’arrêter. La question suivante est simple : l’État est-il capable de nous protéger ? Comment est il organisé ? Réponse courte : partiellement. Une vraie montée en puissance… mais silenci


Rédaction

Rédaction

En France, quels risques encourt-on en s'indignant publiquement de la politique israélienne? par Eric Verhaeghe

En France, quels risques encourt-on en s'indignant publiquement de la politique israélienne? par Eric Verhaeghe

Sous couvert d'une lutte — par ailleurs nécessaire — contre l'antisémitisme, le pouvoir macroniste et ses satellites sont en train de bâtir un véritable arsenal de « police de la pensée ». En ce printemps 2026, s'indigner de la politique menée par l'État d'Israël n'est plus seulement un acte militant ; c'est devenu un sport de combat judiciaire et professionnel où l'individu risque sa carrière, sa réputation et, bientôt, sa liberté. L'analyse de la situation révèle un basculement systémique ver


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe