5 ans après, le COVID inspire des sentiments mitigés aux américains, selon une enquête

5 ans après, le COVID inspire des sentiments mitigés aux américains, selon une enquête


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Selon une récente enquête du Pew Research Center, les sentiments des Américains concernant la pandémie du Covid-19 sont très partagés cinq ans plus tard. Si certains ont déjà oublié l’existence du virus, d’autres continuent à sentir ses effets.

Cinq ans après le début de la pandémie de COVID-19, une enquête du Pew Research Center menée auprès de 10 000 adultes américains révèle une perception contrastée du virus. Si une majorité estime avoir tourné la page, les cicatrices sanitaires, sociales et économiques continuent de marquer les esprits. Entre normalisation, craintes résiduelles et transformations durables, le bilan reste mitigé.

Lumière sur les opinions actuelles des Américains concernant le Covid-19

Il y a cinq ans, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) proclamé la pandémie du COVID en tant qu’urgence de santé publique de portée internationale, faisant des millions de morts et dévastant l’économie mondiale.

L’équipe du centre de recherche Pew Research Center a effectué une enquête pour identifier la manière dont les Américains perçoivent actuellement la pandémie. Ils ont interrogé environ 10.000 adultes aux Etats-Unis.

Selon l’enquête, 75 % des Américains reconnaissent l’impact profond de la pandémie, mais la plupart déclarent avoir retrouvé un semblant de normalité. Pour beaucoup, le virus n’est plus une préoccupation quotidienne. « La majorité dit que ce n’est vraiment plus quelque chose que nous devons nous inquiéter de beaucoup de jours », explique Alec Tyson, directeur associé du centre. Pourtant, 21 % des répondants considèrent encore le COVID-19 comme une menace majeure pour la santé publique, et certains, comme Jesse Dinkin de Guilderland, constatent une forme d’amnésie collective : « Les gens ont oublié ce que c’était ».

Dans les rues de Schenectady, des habitants témoignent de cette dualité. « Je vois des gens portant des masques tout le temps », relève l’un d’eux, tandis qu’un autre souligne : « C’est toujours là ». Cette persistance du virus, combinée à des souvenirs douloureux, alimente une méfiance résiduelle.

La pandémie a aussi accéléré l’adoption du travail à distance, désormais ancré dans les habitudes de 60 % des Américains concernés, dont une majorité affirme une productivité accrue. Pour Yossi Koren-Roth de Delmar, cette transformation est irréversible : « Je ne sais pas s’il va jamais revenir à ce que c’était auparavant ». Si le télétravail offre une flexibilité saluée, il soulève aussi des questions sur l’isolement social et la gestion des frontières entre vie professionnelle et personnelle.

Préparation aux futures crises

Malgré les erreurs passées, 40 % des Américains estiment que le pays réagirait mieux à une nouvelle urgence sanitaire. Un sentiment partagé par Alec Tyson : « Dix dans 10 disent que leur propre communauté ferait du bon travail en ce qui concerne une future urgence de santé ».

Cependant, cette confiance est tempérée par les divisions politiques persistantes. Un rapport de la Kaiser Family Foundation (KFF) de septembre 2023 rappelle que la polarisation influence toujours la perception du COVID-19 et de la vaccination, avec des clivages marqués sur la confiance dans les vaccins, le respect des mesures sanitaires ou la crainte de nouvelles vagues.

Julia Brisbane de Schenectady a aussi évoqué l’impact nocif de la pandémie sur l’éducation. « Le fait que la Covid s’ajoute déjà à nos systèmes scolaires publics en difficulté crée vraiment un écart d’opportunités plus grand qu’auparavant », a-t-elle indiqué. Comme nous l’avions évoqué, les confinements, l’enseignement à distance et les retards d’apprentissage ont creusé les inégalités, particulièrement dans les communautés défavorisées.


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