Danemark : les rappels pour la grippe ont réduit les injections Covid chez les seniors

Danemark : les rappels pour la grippe ont réduit les injections Covid chez les seniors


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Une étude publiée dans JAMA Network Open a révélé que les rappels électroniques visant à inciter les personnes âgées au Danemark à recevoir le vaccin contre la grippe pourraient involontairement réduire l’adoption du vaccin contre le Covid-19.  Cela dit, ces incitations par courrier ne risquent pas d’entraver les résultats cliniques. Les chercheurs rappellent l’importance d’une coordination étroite entre les efforts de santé publique.

Une étude danoise publiée dans JAMA Network Open révèle que les rappels électroniques incitant les seniors à se vacciner contre la grippe ont légèrement réduit l’adhésion à la vaccination COVID-19. Bien que cet effet reste modeste et sans impact clinique significatif, il interroge la coordination des campagnes de santé publique.

Une étude à grande échelle sur les rappels vaccinaux

L’analyse, menée par des chercheurs danois, américains et le laboratoire Sanofi, a porté sur 964 870 seniors de 65 ans et plus,  dont l’âge moyen était de 73,8 ans, pendant la saison 2022-2023 des virus respiratoires de l’hémisphère nord. Dans le cadre de l’essai NUDGE-FLU(Nationwide Utilization of Danish Electronic Letter System for Increasing Influenza Vaccine Uptake), les participants ont reçu soit des soins habituels, soit l’une des neuf lettres électroniques conçues pour booster la vaccination antigrippale via des principes de science comportementale. L’objectif initial : augmenter les taux de vaccination contre la grippe, qui restent sous-optimaux chez les populations à risque.

Ce sont des adultes éligibles aux vaccins contre la grippe, dont plus de la moitié sont des femmes. 87,8% des participants ont été vaccinés contre le Covid-19 au cours de la même période. Notons qu’ils ont reçu les courriers électroniques visant à les inciter à recevoir les vaccins contre la grippe et d’autres pour les encourager à recevoir des soins habituels. Ces lettres ont été diffusées via le système de courrier électronique du gouvernement.

Selon les auteurs de cette étude, « la vaccination saisonnière contre la grippe et le Covid-19 est largement recommandée par les autorités de santé publique et les grandes sociétés professionnelles, mais le taux de vaccination reste insuffisant chez les personnes à haut risque ». Ils ont ajouté que « les stratégies de mise en œuvre de la vaccination se sont traditionnellement concentrées sur la promotion de vaccins uniques, et les effets potentiels hors cible sur la couverture des autres vaccins n’ont pas été bien élucidés ». Cette étude vise donc à identifier l’effet de la réception de ces lettres chez les participants.

Un recul de la vaccination COVID-19

D’après les résultats de cette étude, les rappels électroniques mettant en avant les avantages de se faire vacciner contre la grippe sur la santé cardiovasculaire et les lettres répétées ont permis une légère hausse des taux de vaccination contre la grippe.  Les chercheurs ont également constaté que la réception de ces lettres d’intervention pourrait générer une légère baisse de la volonté de recevoir les vaccins contre le Covid-19 par rapport aux courriers incitant la réception de soins habituels.

Parmi les seniors ayant reçu une lettre de rappel pour la grippe, 86,16 % ont opté pour le vaccin COVID-19, contre 86,52 % dans le groupe témoin – une différence de -0,36 point de pourcentage. Bien que minime, cette baisse est statistiquement significative, probablement en raison de la taille massive de l’échantillon.

Deux exceptions : les lettres axées sur la santé cardiovasculaire et les rappels répétés, qui ont boosté la grippe sans affecter la vaccination COVID. Pour les auteurs, cela suggère que certains messages ciblés pourraient éviter les interférences entre campagnes.

Selon les auteurs de l’étude, les résultats de cette étude prouvent que « les stratégies de mise en œuvre favorisant une formation de vaccination peuvent avoir des conséquences imprévues sur l’adoption d’autres interventions préventives ».

Certes, la baisse du taux de vaccination contre le Covid-19 liée à l’envoi de ces rappels électroniques reste faible. Mais elle existe et c’est ce qu’il faut prendre en considération. Les chercheurs estiment donc la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents efforts de santé publique. Ils rappellent aussi qu’on doit tenir compte des « conséquences potentielles hors cible » lors de la conception des campagnes de messages de santé publique.


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