Cessez-le-feu à Gaza :pourquoi l’accord Hamas-USA a échoué ?

Cessez-le-feu à Gaza :pourquoi l’accord Hamas-USA a échoué ?


Partager cet article

Selon les sources interrogées par Al Jazeera et Al-Mayadeen et un document reçu par Drop Site, le Hamas et les Etats-Unis ont réussi à trouver un « accord » verbal pour un cessez-le-feu temporaire à Gaza. Mais Israël l’a une fois de plus rejeté. Peu de temps après, l’envoyé américain Steve Witkoff accuse le Hamas publiquement d’avoir déformé la proposition. Dans ce dossier, le Hamas reste convaincu que les États-Unis attendent l’approbation israélienne pour avancer. Cela dit, les négociations continuent.

Selon Drop Site et partiellement confirmé par des sources d’Al Jazeera et Al-Mayadeen, l’intermédiaire palestino-américain Bishara Bahbah, en coordination avec l’envoyé américain Steve Witkoff, ont communiqué verbalement au Hamas une proposition d’accord de cessez-le-feu. Elle prévoyait une trêve de 70 jours en contrepartie de la libération de 10 prisonniers israéliens encore en vie en deux fois avec la restitution des corps de 16 prisonniers décédés. Le document de 13 points, élaboré à partir de discussions directes entre le Hamas et les États-Unis, comprenait des dispositions ambitieuses mais précises pour instaurer une trêve temporaire à Gaza.

L’accord que le Hamas a cru obtenir

La proposition inclut également une garantie personnelle et publique de Trump pour le respect du cessez-le-feu et le retrait des forces israéliennes vers leurs positions du 2 mars, la reprise des aides humanitaires sans restriction, l’arrêt de toute forme d’opération militaire israélienne incluant les activités de surveillance, la signature d’un accord de cessez-le-feu à Doha avec Witkoff en tant que garant ainsi que la poursuite des négociations et l’engagement des Etats-Unis à faire respecter le cessez-le-feu jusqu’à la conclusion d’un accord de paix permanent.

Ayant proposé initialement un cessez-le-feu de 90 jours, le Hamas a fini par accepter les termes de cet accord verbal présenté par Bishara Bahbah. Israël a demandé une trêve plus courte. Le Hamas a alors déclaré avoir « accepté la proposition de Witkoff, un cessez-le-feu temporaire de 60 jours pour la libération de 10 prisonniers israéliens encore en vie (5 au début et 5 à la fin) ». Donald Trump est censé annoncer personnellement l’accord.

Le Hamas, après avoir accepté ces termes, croyait fermement à un engagement américain pour mettre fin à la guerre. Des sources indiquent que le Qatar, particulièrement après la libération d’Enderan Alexander, a exercé une forte pression sur Trump pour concrétiser cet accord. Witkoff aurait promis que l’aide reprendrait à Gaza deux jours après cette libération, avec un appel de Trump à un cessez-le-feu et à des négociations pour mettre fin au conflit. Cependant, ces promesses n’ont pas été tenues, alimentant la méfiance du Hamas.

Le rejet israélien et la volte-face américaine

Selon le Jerusalem Post et Ynet, les responsables américains ont transmis la proposition à Israël dimanche soir. Mais l’Etat hébreu a immédiatement déclaré que ce projet est inacceptable. Ynet a déclaré que « l’empressement avec lequel elle a été rejetée en Israël témoigne d’une profonde crainte que Washington l’accepte et tente même de l’imposer ».

Alors que le Hamas croyait avoir obtenu des garanties américaines pour un cessez-le-feu définitif, les responsables israéliens ont insisté sur l’absence d’un tel engagement, affirmant que les États-Unis se limitaient à faciliter les négociations sans garantir de résultats.

« L’accepter revient en fait à se rendre au Hamas » a déclaré un responsable israélien.Israël s’est empressé à rejeter l’accord avant que les Etats-Unis ne fassent une déclaration publique.

Peu de temps après, Witkoff a fait porter le chapeau au Hamas en l’accusant d’avoir déformé la proposition. « Ce que j’ai vu du Hamas est décevant et totalement inacceptable », a-t-il déclaré à Barak Ravid d’Axios. Un rapport de la Douzième chaîne a rapporté que lors des discussions, le Hamas pensait que les négociateurs américains ont garanti une fin définitive de la guerre. Pourtant, les responsables israéliens affirment l’absence d’un tel engagement.

En accusant le Hamas, l’envoyé américain a fourni à Israël une couverture diplomatique lui permettant de se retirer de ce nouvel accord. Selon Al Jazeera, Donald Trump devrait garantir personnellement la conclusion d’un accord final incluant la reprise de l’aide humanitaire et le retrait des troupes israéliennes. Les sources indiquent que Trump aurait donné deux mois à Israël pour atteindre ses objectifs après l’échec  en janvier, mais on s’aperçoit de plus en plus que les pressions américaines restent limitées face à la détermination israélienne.

Bien que Trump ait exprimé le souhait de « mettre fin à cette situation dès que possible », les actions de son envoyé, Steve Witkoff, semblent alignées sur la position israélienne, laissant peu d’espoir à court terme. En attendant, le peuple de Gaza reste victime de violence et de désespoir.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Venezuela : Trump grand-remplace le shériff US par le cow-boy, par Thibault de Varenne

Venezuela : Trump grand-remplace le shériff US par le cow-boy, par Thibault de Varenne

L’Histoire a parfois le sens du théâtre, mais rarement elle ne s’écrit avec une telle brutalité cinématographique. Au petit matin du 3 janvier 2026, alors que Caracas dormait encore sous la moiteur tropicale, le monde a changé d'époque. L’opération Absolute Resolve n’a pas seulement exfiltré Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores vers une prison fédérale de New York ; elle a acté la mort clinique du « droit international » tel que nous le connaissions depuis 1945. Pendant des décennies, l


Rédaction

Rédaction

S'installer en Bulgarie en 2026 ? Avantages et inconvénients, par Vincent Clairmont

S'installer en Bulgarie en 2026 ? Avantages et inconvénients, par Vincent Clairmont

Le 1er janvier 2026 marquera une date charnière dans l'histoire contemporaine de la Bulgarie. Après des années de préparation, de réformes structurelles et d'attente politique, le pays deviendra le 21ème membre de la zone euro, abandonnant le lev bulgare (BGN) qui a accompagné ses citoyens depuis 1881. Est-ce le moment, notamment pour les entrepreneurs, de s'y installer ? Cette transition ne se résume pas à un simple changement d'unité monétaire ; elle symbolise l'aboutissement d'un quart de si


Rédaction

Rédaction

Allocation d’actifs 2026 : la méthode Rochon pour purger les médiocres

Allocation d’actifs 2026 : la méthode Rochon pour purger les médiocres

La finance moderne ressemble souvent à un asile psychiatrique géré par les patients eux-mêmes. Entre les algorithmes névrosés qui achètent et vendent en une fraction de seconde et la religion du « tout à l’indice » (ETF) qui sanctifie la paresse intellectuelle, l’investisseur long terme sérieux est traité comme un fossile. Pourtant, au milieu de ce vacarme absurde, quelques esprits clairs persistent à rappeler une vérité élémentaire, mais oubliée : placer son épargne en Bourse n’est pas parier s


FLORENT MACHABERT

FLORENT MACHABERT

Netanyahou a semé le vent, il récolte la tempête Fuentes, par Thibault de Varenne

Netanyahou a semé le vent, il récolte la tempête Fuentes, par Thibault de Varenne

Les bulldozers qui s'activent aujourd'hui sur les collines de Ganim et Kadim, au nord de la Cisjordanie, ne remuent pas seulement la terre biblique de Judée-Samarie. Par une tectonique des plaques idéologiques dont l’Histoire a le secret, chaque coup de pioche donné pour agrandir le "Grand Israël" creuse un peu plus la tombe du consensus libéral en Amérique. Benjamin Netanyahou, dans sa tour d'ivoire de Jérusalem, pense sécuriser l'avenir de son peuple par l'annexion de 19 nouvelles colonies. Il


Rédaction

Rédaction