Frappes américaines en Iran: l’Iran aurait été averti à l’avance, la « guerre totale » évitée
A B-2 Spirit bomber maintains a steady descent and departure after a successful mid-air refuel with a KC-135R Stratotanker while flying over Colorado on May 9, 2012. The B-2 and KC-135 crews conducted the aerial refueling to maintain mission readiness standards. The B-2 is from Whiteman Air Force Base, Mo., and the KC-135 is from the Wisconsin Air National Guard. (U.S. Air Force photo/Staff Sgt Jeremy M. Wilson)

Frappes américaines en Iran: l’Iran aurait été averti à l’avance, la « guerre totale » évitée


Partager cet article

Le 21 juin, les États-Unis ont frappé trois sites nucléaires en Iran – Fordow, Natanz et Ispahan. Le président US Donald Trump déclare avoir infligé des « dégâts monumentaux » aux sites nucléaires iraniens bombardés, pourtant derrière cette rhétorique guerrière se cache une stratégie ambiguë : affaiblir le programme nucléaire iranien sans déclencher un conflit total. En effet des sources iranniennes de haut rang ont révélé que l’administration Trump a informé les autorités iraniennes de l’attaque et a insisté qu’elle serait « ponctuelle » pour éviter une confrontation directe. En coulisse, les sites étaient déjà évacués, et les options de riposte de l’Iran restent limitées.

Après les frappes américaines sur les trois installations nucléaires en Iran, le président Donald Trump a déclaré publiquement que l’attaque a été un « succès ». Il a menacé de lancer de nouvelles frappes « si la paix n’est pas rapidement rétablie ». Pourtant, des sources d’Amwaj.media ont révélé que l’administration Trump a informé les autorités iraniennes de l’attaque et a insisté qu’elle serait « ponctuelle ».

Une attaque annoncée à l’avance

Selon des sources iraniennes de haut rang, l’administration Trump a prévenu discrètement Téhéran de frappes imminentes, tout en assurant qu’il ne s’agissait pas d’une entrée en guerre. Cette communication, confirmée par Amwaj.media, visait à circonscrire l’opération à des cibles « symboliques mais sensibles » : les sites d’enrichissement de Fordow, Natanz et Ispahan.

Les autorités iraniennes, conscientes des enjeux, ont vidé ces installations de leur personnel et de la majorité de leur stock d’uranium enrichi, minimisant les pertes humaines et les dégâts stratégiques.

Sur le plan militaire, l’opération fut impressionnante Selon les rapports, les trois bombardiers B-2 qui ont frappé le site nucléaire souterrain de Fordow provenaient des Etats-Unis. Ils ont largué six bombes MOP (Massive Ordnance Penetrator) de 13,6 tonnes sur l’installation. Deux autres bombes ont été lancées sur les deux entrées principales de et deux MOP sur le puits de ventilation. Les 30 missiles Tomahawk qui ont ciblé l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz et le complexe nucléaire d’Ispahan ont été tirés depuis un sous-marin. Les frappes ont été menées sans recours à des bases américaines dans la région, rendant les représailles iraniennes plus complexes.

Le président américain Donald Trump a déclaré que l’attaque a été réussie.  Les installations nucléaires iraniennes ciblées étaient « complètement et totalement anéanties ». Il a menacé de lancer de nouvelles frappes si « la paix n’est rapidement rétablie » et a ajouté que toute attaque future potentielle serait « bien plus importante et beaucoup plus facile ». Pourtant, une source politique iranienne de haut rang a informé Amwaj.media qu’avant les frappes, l’administration Trump a envoyé un message à l’Iran, indiquant qu’elle avait seulement l’intention de frapper les trois sites nucléaires et ne recherchait pas une confrontation totale.

Les autorités iraniennes ont confirmé que les frappes américaines ont effectivement touché les installations nucléaires de Fordow, d’Ispahan et de Natanz. L’Organisation iranienne de l’énergie atomique (AEOI) a d’ailleurs qualifié cette attaque comme « un acte brutal qui contredit les lois internationales, en particulier le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Elle accuse l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) d’avoir soutenu les Etats-Unis.

Une attaque américaine à double tranchant

Donald Trump a proclamé que les installations avaient été « complètement effacées » et a promis que d’autres cibles suivraient si « la paix ne se produisait pas rapidement ». Toutefois, l’attaque semble avoir été calculée :

  • L’administration américaine cherchait manifestement à affaiblir les capacités nucléaires iraniennes tout en évitant une guerre ouverte.
  • La Maison Blanche savait que les sites étaient largement connus de l’AIEA et déjà surveillés – donc peu susceptibles d’abriter un programme militaire clandestin.

Il s’agit d’un signal politique fort, surtout dans le contexte électoral américain, plutôt qu’une opération de guerre totale.

Ayant subi des attaques sévères de la part d’Israël, Iran n’a pas intérêt à mener une autre guerre avec les Etats-Unis. Pour rappel, Téhéran a accepté de reprendre les négociations nucléaires avec l’administration Trump avant les bombardements américains du 21 juin, si l’Etat hébreu cessait les assauts. Mais cette attaque surprise risque de compromettre l’issue diplomatique.

Plusieurs analystes affirment que la pression israélienne a joué un rôle central dans la décision de frapper Fordow.

  • Ce site, profondément enterré, est une obsession sécuritaire pour Israël.
  • Convaincre Trump de l’attaquer, même symboliquement, servait à tester sa volonté d’entrer en confrontation avec l’Iran.

En informant Téhéran avant de frapper, Trump a tenté de concilier démonstration de force et gestion du risque. L’attaque a offert une victoire symbolique à la Maison Blanche, mais pourrait paradoxalement se retourner contre elle .


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Macron parviendra-t-il à filtrer l’accès des adultes à Internet ?

Macron parviendra-t-il à filtrer l’accès des adultes à Internet ?

Alors que les yeux du monde sont rivés sur les dernières provocations de Donald Trump à Washington, le Palais Bourbon s’apprête, ce lundi, à commettre un acte dont la portée liberticide dépasse de loin les gesticulations médiatiques d'outre-Atlantique. Sous le prétexte lénifiant de "protéger nos enfants", la Macronie tente un va-tout historique : l'instauration d'un véritable péage identitaire sur la toile, une mécanique malicieuse pour supprimer l'anonymat sur Internet. Le "bouclier" des enfa


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Le groupe Bolloré participe-t-il à une guerre cognitive contre la France ? par Thibault de Varenne

Le groupe Bolloré participe-t-il à une guerre cognitive contre la France ? par Thibault de Varenne

Samedi, j'ai évoqué avec Eric Verhaeghe le rôle du narratif historique dans la domination américaine sur l'Europe, et singulièrement sur la France. Notre vassalisation est produite sans arme létale : uniquement au moyen d'armes culturelles. Dans cette guerre hybride que les USA mènent contre nous, certains agents d'influence utilisent habilement le souverainisme pour promouvoir des intérêts étrangers. J'analyse aujourd'hui le rôle du groupe Bolloré. La transformation radicale du paysage médiati


Rédaction

Rédaction

L’usufruit de SCPI : l’art de transformer le plomb fiscal en or locatif, par Vincent Clairmont

L’usufruit de SCPI : l’art de transformer le plomb fiscal en or locatif, par Vincent Clairmont

Dans le grand théâtre de l’investissement immobilier, il existe des acteurs de premier plan que tout le monde connaît : l’achat en direct, la loi Pinel, ou la détention classique de parts de SCPI. Et puis, il y a les coulisses. C’est là, dans la pénombre des articles 578 et suivants du Code civil, que se joue une partie bien plus technique, plus fine, et souvent bien plus lucrative pour qui sait lire une clé de répartition. Aujourd’hui, nous levons le voile sur l’un des leviers les plus puissant


Rédaction

Rédaction

Faut-il acheter du franc suisse? Si oui, comment? Par Vincent Clairmont

Faut-il acheter du franc suisse? Si oui, comment? Par Vincent Clairmont

Pour l'investisseur résidant en France, la gestion de l'exposition aux devises, et singulièrement au franc suisse (CHF), ne relève plus d'une simple diversification marginale, mais s'impose comme une composante centrale de la préservation du capital. La monnaie helvétique, forteresse historique contre l'érosion monétaire, navigue aujourd'hui dans un environnement complexe où se mêlent pressions déflationnistes internes, tensions géopolitiques persistantes et une surveillance accrue des autorités


Rédaction

Rédaction