mar. Mai 26th, 2020

L’affaire Raoult, ou la guerre clandestine entre Sanofi et les laboratoires américains ?

Didier Raoult est devenu le nouveau sujet urticant du microcosme parisien. Il compte désormais ses partisans fanatiques, face à ses détracteurs souvent hystérisés. De notre point de vue, le vrai débat se situe ailleurs, derrière les images et les messages bombardés par le petit écran. Voici pourquoi.

Didier Raoult, il y a les pour et il y a les contre. Par une étrange hystérisation des esprits, spécialement dans le microcosme parisien, le débat sur les choix sanitaires français en matière de coronavirus s’est transformé en bataille rangée entre les partisans du scientifique marseillais et adversaires. Comme si le chercheur faisait le médicament. Comme si de la moralité ou de l’immoralité du personnage dépendait l’efficacité du traitement. 

Raoult hystérise les débats

Plus possible de parler traitement contre le coronavirus sans prendre parti pour ou contre Raoult. On notera cet étrange glissement, par exemple, dans l’article que le blog d’Olivier Berruyer a consacré au professeur marseillais, où les considérations sur l’homme Raoult se mélangent étrangement aux considérations sur les choix sanitaires que nous devons faire aujourd’hui. 

Or, redisons-le ici, la question de la chloroquine est un choix de politique publique qui laisse peu de place aux jugements sur les êtres. Mieux vaut un traitement efficace inventé par un voyou qu’un traitement inutile inventé par un saint. Cette évidence mérite d’être rappelée, tant les élites parisiennes semblent l’avoir oubliée. 

Raoult est-il vraiment l’ennemi d’Emmanuel Macron ?

Au demeurant, beaucoup de fantasmes circulent sur Didier Raoult et son bannissement par les élites, qui méritent d’être significativement tempérés. Je recommande ici l’excellent article de Marc Endeweld dans la Tribune, qui divulgue d’importantes informations, très loin de la joute qui nous est proposée pour ou contre Raoult. Selon ce journaliste d’investigation :

 Dans l’entourage du chef de l’Etat, on fait savoir que le contact n’est pas rompu avec Didier Raoult. Et pour cause : dans la sphère économique, ils sont nombreux à soutenir en coulisses le professeur marseillais, notamment la plus grande fortune française, Bernard Arnault de LVMH ou Serge Weinberg de Sanofi.

Endeweld a l’intelligence et le bon sens de replacer le débat sur la chloroquine dans la lutte décennale en France entre les Kouchner boys et le reste de la société civile pour le contrôle de la santé publique. De notre point de vue, cet affrontement entre une caste d’énarques (généralement conseillers d’État, comme Édouard Philippe) et le reste, notamment le corps médical, est l’une des clés pour comprendre le clivage qui est apparu autour de Didier Raoult. 

On retiendra en tout cas de cet important article que le Président Macron a eu l’intelligence de se placer au-dessus du débat et de ne pas entrer dans le conflit ouvert avec l’infectiologue rebelle. 

Raoult soutenu par les laboratoires français

Si les propos d’Endeweld sont vrais (et nous lui faisons le crédit d’avoir étayé une base factuelle sérieuse à ses travaux), il y aurait donc un soutien discret mais réel de la part du capitalisme français à Didier Raoult. En particulier, Serge Weinberg, patron de Sanofi qui a proposé de produire gratuitement des doses de chloroquine, soutiendrait cette solution française contre les options américaines défendues par l’appareil sanitaire parisien. 

Et soudain, nous sortons du « pour ou contre Raoult » pour saisir ce qui, selon nous, est la vraie dimension du débat : la guerre des laboratoires qui fait rage sur le futur marché du coronavirus. Alors que les acteurs de l’essai Discovery sont largement soutenus par les laboratoires américains, Sanofi soutient une solution française. 

Face à Raoult, les laboratoires américains comptent leurs appuis

Depuis plusieurs années, les laboratoires américains soutiennent largement les chercheurs parisiens qui se consacrent aux anti-viraux, dont Gilead qui entend commercialiser le Remdesivir, qui pourrait coûter très cher.  Ils n’ont pas ménagé les moyens pour soutenir des laboratoires de recherche publique, et des chercheurs publics, souvent dans le cadre du projet Reacting de l’INSERM et de l’AVIESAN dirigés par Yves Lévy. 

Ces opérations complexes, de niche, sont assez peu documentées au fond, et nous ne sommes qu’au début de l’exploration des liens entre laboratoires publics parisiens et laboratoires privés américains. L’enquête promet d’être croustillante. 

Penser l’intérêt général et les lumières contemporaines

D’ici là, deux données essentielles du débat doivent être préservées, parce que le peuple français y a droit. 

La première donnée concerne l’intérêt général : il faut identifier les traitements qui marchent vraiment, au-delà des querelles de chapelle, et les mettre à disposition du public. 

La deuxième donnée concerne la souveraineté nationale : nous devons disposer de la capacité à soigner les Français sans engraisser les investisseurs américains, qu’on appelait parfois, à une époque, les accapareurs des biens du peuple. 

À bon entendeur…

Vous êtes exposé au coronavirus du fait de l’inaction de l’État (pas de masques, de protections, de tests, de médicament, etc.) ?

Laissez votre témoignage détaillé sur le groupe Facebook #RendezVousAuProcès. Et préparez une action de groupe avec nous. 

20 thoughts on “L’affaire Raoult, ou la guerre clandestine entre Sanofi et les laboratoires américains ?

  1. Est ce qu on peut résumer le débat uniquement à la personne du prof Raoult ? Quid de toute son équipe de chercheurs et de médecins qui se battent tous les jours car ceux la sont dans l action et non la spéculation pour rappeler Bergson.

    1. Pour sauver une vie on ne fait pas de spéculation on agit si la chlorokine a fait 85/100 de bon résultats pourquoi ne pas essayer ce médicament c’est mieux que de laisser les malades mourir sans soins ..parce qu on a pas le temps

  2. le gouvernement est trop mou et laxiste, on nous dit que les masques ne servent a rien tout ca parce qu’il n’y a pas de masques que l’on a donne aux chinois, que la choloroquine est dangereuse alors que les medecins disent le contraire a croire que l’on veut nous laisser creuver, buzyn qui demssionne avant la crise sanitaire et dont le mari travaillerait pour un labo, mrs les politiques un jour il faudra rendre des comptes !

    1. Nous défendons les intérêts français avec des groupes de recherches français
      Mais dans cette crise où s affronte les énarques en manques de reconnaissance et imbus de pouvoir et de marquer histoire ou se situe l intérêt général…le salut du peuple
      Autre ou sont les masques et le dépistage pour contrôler l avancer de cette merde…….certainement créé et diffusée par l homme

  3. Comment ne pas produire en justice tous ces gens qui nous mentent pour défendre leurs intérêts alors que d’autres se battent pour sauver des vies….
    Y-aura-t-il quelqu’un pour dénoncer tout ça……..

  4. Avec le traitement du professeur raoult nous avons une chance de guérir vaut mieux essayer que de rien faire si pas de traitement risque de décès plus important et cela évite également la surcharge des hopitaux

  5. Voyez vous je pense que résumer la controverse autour de Raoult a une simple guerre entre laboratoires pharmaceutiques sur les enjeux financiers du traitement du coronavirus est une fausse piste. Il n’y a vraiment d’enjeux financiers sur ce point car même si un autre traitement plus cher s’avérait efficace les gouvernements de tous les pays obligeraient les laboratoires à le fournir à prix coûtant pour résoudre la crise sanitaire. La controverse est à un autre niveau. Si le gouvernement validait un traitement, tel que celui proposé par le Professeur marseillais, qui n’aurait pas subi préalablement tous les tests de la méthodologie standard, cela représenterait un précédent dommageable pour toute l’industrie pharmaceutique. Déjà que cette méthodologie est contestée car, bien que réputée infaillible, elle ne nous a pas épargnée de nombreux scandales sanitaires par le passé avec la mise sur le marché de médicaments inefficaces voir même dangereux pour la santé des patients. Il faut dire que l’industrie pharmaceutique à de plus en plus de mal à trouver de nouvelles formes thérapeutiques rentables ce qui l’incite à tricher avec cette méthode et à faire du trafic d’influence sur les chercheurs et les autorités de validation.
    C’est sur cette méthodologie que s’appuye tout le modèle économique de l’industrie pharmaceutique ainsi que le financement privé de la recherche clinique. Tous ceux qui en vivent ne veulent absolument pas la voir remise en cause. Le traitement de Raoult emmerde tous les laboratoires pharmaceutiques et tous les médecins chercheurs qu’ils financent. Si certains d’entre eux soutiennent Raoult ou proposent de fournir le traitement gratuitement c’est plus pour se couvrir d’un scandale si le traitement s’avérait efficace que de mener une guerre entre laboratoires pour des profits illusoires. Ils essayent juste de se dédouaner face a un scandale qui éclabousserait tous les laboratoires pharmaceutiques et chercheurs affiliés, par rapport à leur entreprise visant à faire traîner les choses pour l’adoption de ce traitement. Attente due à l’exigence par ces derniers d’obtenir des preuves issue de cette méthodologie standard avant la validation du traitement mais qui se traduirait en milliers de vies perdues évitables. Faire des morts pour protéger un modèle économique est un calcul qui risque de se payer très cher au niveau de l’opinion publique.

  6. Je ne suis ni médecin ni infectiologue. Je retiens de tout ce qu’on entend que 85% des gens guérissent spontanément du covid et que le protocole suivi par le pr Raoult ne signifie rien… SAUF QUE: il a déclaré avoir fait un traitement sur 701 malades et n’avoir eu qu’1 mort soit un pourcentage de moins de 0,15% alors que le pourcentage des décès sans traitement est de 1,5%… 10 FOIS MOINS. Ma réflexion est uniquement mathématique et basée sur les éléments que j’entends aux infos.

  7. Equipe pluridisciplinaire en recherche de stratèges pour contribuer à l’élaboration d’une politique de sortie de crise COVID-19 intégrant, ou pas, le protocole de tests et de soins du docteur Raoult.

  8. Chlororoquine / Azithromicibe … A quel moment donner ce traitement ? Si je prends pour exemple un bateau qui coule, si j’attends que celui-ci soit remplit au 2/3 pour mettre en marche la pompe pour évacuer l’eau, le bateau coulera quand même !
    Donc, d’un point de vue profane, il me semble qu’il vaut mieux donner cette combinaison de médicaments au début de la maladie et non en phase critique pour le malade !
    Quant à la chloroquine (nivaquine et flavoquine), j’en ai eu tous les jours pendant plusieurs années de l’âge de 6 ans à 15 ans ! Et personne ne nous parlait d’effets indésirables ! C’était ça ou la malaria (paludisme) ! Et ce n’était pas joli à voir ! mon père a été touché malgré la nivaquine !

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