lun. Août 3rd, 2020

Les normes écologiques, ou le visage respectable d’un nouvel apartheid

Les normes écologiques sont devenues le nouveau mantra de la bien-pensance. Dans tous les sens, il faut réglementer pour sauver la planète, au point qu’on ne sait plus trop si les écologistes comptent sur la nature ou sur les lois pour continuer à respirer demain. Assez curieusement, ces normes se focalisent particulièrement sur la « mobilité douce » et la lutte contre l’artificialisation de certains sols, c’est-à-dire la fermeture progressive des métropoles aux plus pauvres. Progressivement, l’écologie devient le cheval de Troie d’un nouvel apartheid, politiquement correct, mais socialement implacable. 

Les normes écologiques sont l’eldorado de la gauche bien pensante. Elles permettent de réglementer à tout va la vie quotidienne de tout le monde (et spécialement des autres) tout en ayant le sentiment de participer à une oeuvre libératrice pour la planète. Jamais on n’avait vu de règles, de normes, de décrets, d’arrêtés, aussi émancipateurs pour l’espèce humaine, et même pour toutes les autres espèces. Pourquoi s’en priver ? Et, quand on gratte, on s’aperçoit que cette effervescence réglementaire répond au but fondamental de l’ordre bourgeois : figer l’organisation sociale au détriment des plus pauvres tout en ayant bonne conscience. 

Intrusives, invasives normes écologiques

Les normes écologiques ont ceci d’intéressant qu’elles permettent, comme au bon vieux temps de la Stasi en Allemagne de l’Est, d’entrer dans la vie privée des gens, de la contrôler, de la surveiller, au nom du bien et de la solidarité. On n’impose plus des Lada au nom de Staline, on se contente d’interdire les autres marques, les autres modèles automobiles, au nom du sauvetage de la planète. Comme le signalait très bien Automobile Magazine, la khmère verte Barbara Pompili, nouvelle ministre de la barbarie écologique, milite depuis des mois pour imposer une taxe sur les voitures de plus de 1.300 kg. Pourquoi 1.300 kg et pas 1.500, ou 900, ou 2.000 ? Personne ne le sait, mais il doit bien y avoir une raison, et si Barbara Pompili ne la connaît pas, on trouvera probablement un journaliste de Libération ou de l’Humanité pour nous l’expliquer et pour s’extasier devant autant de bon sens et de clairvoyance environnementale. 

C’est le principe écologique, celui de la présomption de bon sens pour toute norme dissuadant les gens de se transporter autrement qu’en vélo (au besoin électrique, la batterie est polluante, mais on s’en fout car le Parti bienpensant l’a décidé ainsi). Et même si les gens pouvaient décider de ne plus se déplacer du tout, si les serfs, comme au Moyen-Âge, pouvaient être définitivement attachés à leur parcelle de terre, et laisser les bourgeois partir en avion sans être enquiquinés, ce serait encore mieux. 

Réglementons la vie quotidienne des Français, emmerdons-les, il en restera toujours quelque chose. 

Au nom de la diversité, vive l’apartheid

Donc il est indispensable de répéter en boucle que le métissage, c’est bien, que la diversité, c’est merveilleux, c’est le sens de la nature, et de toutes ces prières sacrées contemporaines sans le prononcé desquels vous êtes suspect d’être raciste et d’appartenir à la fachosphère. Vive la diversité et le Vivre Ensemble ! mais de grâce, chez les autres !

Parce que nous, on adore les petits Arabes, mais s’ils pouvaient rester chez eux, dans leur banlieue no way, on adorerait encore plus. Comme il est politiquement incorrect de le dire de façon aussi abrupte, on a trouvé une formule indiscutable : au nom de la lutte contre l’émission de gaz C02, on préfère (le « on » désignant cette conscience molle du bourgeois honteux qui se cache derrière son petit doigt pour lâcher sa bouse) qu’ils ne viennent pas polluer notre centre ville avec leur bétaillère Peugeot 405 à trois rangées de sièges pour asseoir leurs sept enfants dont 3 gamines voilées, ni avec leur BMW ou leur Porsche volée en Allemagne et achetée avec l’argent de la drogue. Donc on ne leur dit pas qu’on ne veut pas d’eux parce qu’ils sont « chelous », mais parce que leur voiture pollue trop. Mais on les aime bien quand même ! ils sont notre avenir !

Et ainsi s’officialise un régime d’apartheid où l’on s’aime d’autant plus qu’on ne se mélange pas. À eux les banlieues polluées, à nous les centres villes avec leurs interminables rues piétonnières transformées en paradis de la conscience verte.

Sanctionner les pauvres et les tenir à l’écart

Mais la pulsion normative en matière d’écologie ne s’arrête pas à l’interdiction plus ou moins voilée de la voiture de banlieue dans les hypercentres bobos. Elle prend des proportions beaucoup plus maniaques en matière d’urbanisme, au point de vouloir sanctionner tous ceux qui rêvent d’être propriétaires et qui auraient le mauvais goût de ne pas se contenter du HLM qu’une administration toute puissante leur attribue sur des critères mystérieux. 

Dans cet ordre d’idées, nous relevions la note du Trésor de la semaine dernière proposant de durcir la fiscalité du logement. Dans tous les cas, il faut que les propriétaires paient : qu’ils habitent des zones favorisées ou défavorisées, il y a toujours une bonne raison de les punir d’avoir acheté un logement, alors qu’il est tellement plus civique de demander un logement social à son maire en échange du bon bulletin de vote bien placé le bon jour dans la bonne urne. 

Dans la pratique, l’objectif est le même. D’un côté, il faut une France qui a les moyens de payer pour ses privilèges. De l’autre, il faut des locataires de HLM. Tous ceux qui imagineraient échapper à cette dichotomie doivent payer. L’apartheid, on vous dit. Et que les pauvres se le tiennent pour dit : tous les avantages fiscaux qui pourraient être imaginés pour qu’ils deviennent propriétaires doivent être supprimés. Dans la vie, on est ou riche, ou pauvre, mais pas entre les deux. Et surtout on ne passe pas de l’un à l’autre. 

L’apartheid comme fondement de notre vie

En creux, ce qui n’est pas dit, ce qui ne se dit pas (sous peine de s’entendre accuser de : « mais c’est grave, de dire des choses pareilles »), c’est l’éloge de l’apartheid. Revenons au bon temps où il y avait les gens de château et les gens de faubourg. Entre les deux, il faut des frontières, des péages, des octrois. 

Bien entendu, la vision contemporaine du péage entre riches et pauvres n’a plus rien à voir avec ce qu’elle fut sous Louis XIV. Il n’y a plus de guérite (encore que… il suffit de retourner au château de Versailles pour mesurer les dégâts) entre les deux mondes. Il y a simplement des normes écologiques et des labels qui résonnent comme autant de condamnations politiquement correctes contre la misère.  Il y a ceux qui peuvent se payer du « bio », de « l’AOC », du local, et ceux qui ne le peuvent pas. Et entre ces deux mondes, certains espaces peuvent être communs : la rue, la voirie, la planète terre. Mais d’autres espaces, plus intimes, doivent être segmentés : l’école, la maison de retraite, la bibliothèque, et souvent les boulangeries, les super-marchés, les transports quand on le peut. 

On ne le voit pas, mais progressivement, l’apartheid, qui s’est depuis longtemps imposé dans les têtes de ceux qui le prônent au nom de l’écologie punitive, se généralise dans la vie quotidienne. La séparation des états est devenue la règle. On aime les Arabes et les Noirs, ils sont figure sainte, mais dans leur quartier. On aime le voile islamique, mais pour leurs filles à eux, et dans leurs quartiers à eux. Ne vous avisez pas de mélanger les genres…

Écologie et apartheid sont les deux mamelles de la France socialisante

Separate but equal ! Telle est la doctrine écologiste qui prend le pouvoir dans les métropoles, sous la houlette d’une bourgeoisie réactionnaire qui se réclame de la gauche pour imposer un apartheid relativement strict. Nous sommes tous égaux, nous formons la diversité, nous nous aimons tous, mais… compte tenu de nos différences de modes de vie, nous restons chez nous, et vous restez chez vous. 

Le temps passe et les normes écologiques apparaissent de plus en plus comme le simple habillage de cette discrimination au jour le jour. En soi, il s’agit d’une prouesse, car être aussi racialiste avec autant de principes moraux, cela mérite qu’on tire un chapeau obséquieux. 

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