Un ministère des droits des animaux ou la défense de la cause du « grand méchant loup »

Un ministère des droits des animaux ou la défense de la cause du « grand méchant loup »


Partager cet article

La morale et la loi réprouvent aujourd’hui les mauvais traitements aux animaux. Pour autant, consciemment ou non, le sens commun, tout au moins dans nos sociétés occidentales, établit une nette frontière entre l’homme et l’animal et admet que l’homme règne sur le monde végétal et animal. Notre charte de l’environnement conserve cet aspect humaniste : l’environnement est considéré comme "le patrimoine commun des êtres humains". Un mouvement d’idées, très minoritaire encore que très militant, conteste cependant cette conception du monde, non sans une certaine influence…

Une pétition, lancée sur mesopinions.com, demande la création d’un ministère dédié au droit des animaux. C’est pour les 50 000 signataires la priorité politique de cette année 2021. Alors que l’économie française est étouffée par les taxes et les réglementations ; que le chômage et la pauvreté croissent à cause d’une politique socialisante  ; que la société française est fracturée par la communautarisme et l’insécurité ; que la dette de l’Etat grandissante tue, chaque jour, l’avenir de nos enfants ; que l’innovation technologique est au point mort ; que les libertés sont attaquées de toutes parts ; que la crise sanitaire n’en finit plus ; on trouve encore quelques-uns de nos concitoyens pour estimer qu’il faut encore plus d’Etat. Alors, évidemment, la cause animale est importante. Mais il faut raison garder. Chaque chose à sa place et chaque place…

Les animaux n’ont pas de droit…

Les animaux, contrairement aux humains, n’ont pas la capacité de faire des choix moraux ; ils ne sont liés entre eux, et envers nous, par aucun contrat social. Les animaux n’ont pas de droits, de la même manière qu’ils n’ont pas de devoirs et qu’ils ne sont pas responsables de leurs actes.

On a déjà vu des humains sauver une baleine ou un éléphant, on n’a jamais vu en faire autant pour eux. Ce sont en revanche, comme nous, des êtres sensibles, susceptibles d’éprouver du plaisir et de la peine et même, de développer une intelligence et une affectivité considérables. C’est cela qu’il faut prendre en compte et respecter, sans pour autant les « humaniser ».

Créer une personnalité juridique spécifique pour l’animal impliquerait en effet de reconsidérer la légalité de ces activités. Si l’animal devenait un être vivant à part entière, pourrait-on encore le vendre ? le chasser ? le pêcher ? (et donc le manger !) ou l’utiliser pour l’agriculture ? la recherche pharmaceutique ?

… mais les humains ont des devoirs envers eux

S’ils n’ont pas de droits, les animaux sont des êtres sensibles et conscients.

Capables de choix moraux, les humains ont des devoirs, avec pour corollaire qu’ils ont également des droits. Cela inclut le devoir de ne pas imposer de souffrances inutiles aux animaux, mais ne nous empêche certainement pas de nous en servir comme outils (chien policier, cheval de trait, zoothérapie, expérience scientifiques) ou comme nourriture.

Un risque de dérive animaliste

Cette dérive existe déjà dans les mouvements végans qui mettent en place des actions extrêmement violentes à l’égard des boucheries, des charcuteries, des abattoirs, des élevages…

La reconnaissance de droits aux animaux dans nos sociétés occidentales actuelles ouvrira la porte aux extrémistes de tout poil : déconstructionnisme, idéologies victimaires. Des procès judiciaires pourraient être entamé à l’encontre d’anciens chasseurs, d’anciens agriculteurs. Puis viendrait le temps de la “Cancel culture animale“ avec ses lynchages en règle sur les réseaux sociaux. Enfin, droits-de-l’hommiste et droits-de-l’animaliste entreraient en conflit. Verra-t-on un sanglier condamné pour avoir tué un promeneur en forêt ? un lion pour “l’assassinat“ d’une gazelle ?

Devra-t-on réécrire ou censuré certains contes ? Un exemple (puisqu’il est aujourd’hui courant d’attaquer nos souvenirs d’enfance) : Le Petit Chaperon Rouge, conte de la tradition orale retranscrite en France par Charles Perrault. Tout d’abord, le descriptif de cette petite fille élevée par sa mère et qui se rend chez sa grand-mère, est issu du cerveau forcément perturbé de cet auteur, mâle blanc catholique et hétérosexuel ! Ensuite, le “grand méchant loup“, mangeur d’êtres humains, deviendra une victime de l’égoïsme humain qui accapare la nature et laisse les animaux mourir de faim. Enfin, l’ensemble du texte devra être rédigé en écriture inclusive.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Comment ne pas payer d'impôt (et même mieux!) quand on gagne 5.000 € nets par mois ? par Vincent Clairmont

Comment ne pas payer d'impôt (et même mieux!) quand on gagne 5.000 € nets par mois ? par Vincent Clairmont

Gagner 5.000 € nets par mois — soit environ 60.000 € par an — est, dans l'imaginaire collectif, le seuil de l'aisance. Mais pour l'administration fiscale, c'est surtout le début de la "zone rouge" de la pression fiscale. À ce niveau, vous n'êtes plus seulement un contribuable, vous êtes le moteur principal du budget de l'État. Sans stratégie, un célibataire à ce niveau de revenus s'apprête à signer un chèque de près de 9.300 € au Trésor Public en 2026. Pourtant, la Loi de finances pour 2026,


Rédaction

Rédaction

Quentin : la Jeune Garde est-elle une armée révolutionnaire clandestine, par Thibault de Varenne

Quentin : la Jeune Garde est-elle une armée révolutionnaire clandestine, par Thibault de Varenne

La mort du jeune Quentin dans les environs d'une conférence donnée par LFI pose la question du véritable rôle de la Jeune Garde, que Jean-Luc Mélenchon continue à protéger. Pour mieux comprendre ce "contexte", il n'est pas inutile de revenir à la théorie marxiste-léniniste de la Révolution, qui inspire Mélenchon depuis toujours. Les faits survenus dans le 7e arrondissement de Lyon s'inscrivent dans une escalade de la violence entre les mouvances radicalisées de gauche et de droite, souvent


Rédaction

Rédaction

L'humeur de Veerle Daens : au CRIF, Lecornu annonce qu'il criminalise la contestation de la Belgique !

L'humeur de Veerle Daens : au CRIF, Lecornu annonce qu'il criminalise la contestation de la Belgique !

Mes chers amis, mes chers compatriotes d’un pays qui n’existe que par accident de l’histoire : c’est donc arrivé. Hier soir, entre le dessert et le café au dîner du CRIF, Sébastien Lecornu — un homme dont le nom évoque plus une spécialité fromagère qu’un destin napoléonien — a décidé de réécrire le Code pénal avec la subtilité d’un char d’assaut dans un magasin de dentelle de Bruges. L’annonce est tombée : on va pénaliser la « remise en cause de l’existence d’un État ». Alors là, je dis : Dank


Rédaction

Rédaction

Pourquoi la Cour Suprême invalide les tarifs de Trump, par Elise Rochefort

Pourquoi la Cour Suprême invalide les tarifs de Trump, par Elise Rochefort

Par une majorité de 6 contre 3, l’arrêt Learning Resources, Inc. c. Trump vient de porter un coup d’arrêt brutal à l’un des piliers de l’agenda économique du Président : les tarifs douaniers massifs imposés sous le couvert de l’urgence nationale. Pour la première fois dans son second mandat, Donald Trump se voit désavoué par la plus haute juridiction du pays sur une question de souveraineté économique. L’illusion de l’urgence : quand « réguler » ne veut pas dire « taxer » Au cœur de cette


Rédaction

Rédaction