Anti-vax : on commence enfin à savoir qui ils sont…

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L’anti-vax est un mythe bien français, volontiers vilipendé par la caste au pouvoir qui voient dans ce mouvement une expression des Gaulois réfractaires. Une pré-étude statistique analyse le profil de 85.000 franciliens qui ont exprimé, en novembre 2020, leur opinion sur le recours au vaccin contre le COVID. Les résultats de ce document permettent de mieux relativiser et de mieux connaître les oppositions au vaccin.

L’anti-vax est volontiers dressé comme l’épouvantail de l’obscurantisme gaulois face aux lumières d’une caste qui répète régulièrement, comme un credo, sa confiance religieuse dans le progrès scientifique. Mais qui sont-ils au juste, ces anti-vax ?

Une étude statistique à grande échelle (en anglais) permet de mieux connaître ces dissidents qui prennent de la distance vis-à-vis des pratiques sanitaires « officielles ».

30% de la population plus ou moins anti-vax

L’intérêt de l’étude est d’avoir distingué les opposants farouches aux vaccins et les opposants au vaccin contre le COVID à ARN Messager, tel qu’il était connu en novembre 2020, au moment de la réalisation de l’enquête. On remarquera que seulement 24% des personnes interrogées ont annoncé qu’elles ne se feraient probablement pas (ou pas du tout) vacciner contre le COVID, ce qui est une proportion inférieure à celle des opposants par principe au vaccin. On y verra le signe d’une efficacité de l’angoisse collective nourrie autour du virus.

En général, en effet, près de 30% des personnes interrogées se sont déclaré anti-vax : 17,3% plutôt anti-vax, et 11,2% farouchement anti-vax.

Ce chiffre a en tout le cas le mérite de remettre l’église au milieu du village (d’Ile-de-France, en tout cas, lieu où l’enquête a été menée). Les anti-vax ne sont pas majoritaires en France. Ils représentent entre un quart et un tiers de la population.

Les cadres salariés sont les moins anti-vax

Socialement, ce sont les « managers » qui sont les moins anti-vaccins. Ils ne sont que 19% chez les cadres supérieurs à se déclarer plutôt hostiles au vaccin, quand cette proportion dépasse les 30% chez les entrepreneurs, et les 35% chez les travailleurs manuels.

La confiance dans le vaccin semble ici très liée au degré « d’intégration » dans la caste qui structure l’ordre social.

L’anti-vax, un phénomène racial

On remarquera avec intérêt les catégories « anglo-saxonnes » sur le statut ethno-racial des anti-vax. Si 27% de la population « de souche » se déclare anti-vax, ils sont plus de 36% dans la population issue des DOM, plus de 38% chez les « racialisés » de première génération, et plus de 37% chez les racialisés de seconde génération.

Là encore, le degré de proximité avec la doxa dominante en matière de vaccination semble jouer un rôle puissant, au point d’interroger sur le lien étroit entre l’exercice du pouvoir managérial au sens large et l’adhésion à la vision scientiste de la société.


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