[PAYANT] Une carte de paiement adossée à votre propre réserve d’or (2)

Après vous avoir présenté VeraCarte, carte de paiement associé à une réserve d'or que vous vous constituez, nous examinons les risques de contrepartie de cette solution qui pourrait vous permettre d'atténuer le choc d'une crise monétaire sur vos finances personnelles.

Dans un précédent article, je vous ai indiqué les modalités pratiques de fonctionnement d’une carte de paiement Mastercard associé à une réserve d’or physique que vous pouviez vous constituer en passant par la société VeraCash.

Avant d’aborder les risques de contrepartie de cette solution, je souhaite préciser trois points pratiques qui ne figurent pas dans le premier article :

  • VeraCash pratique maintenant une commission à la sortie de 0,5% (commission qui n’existait pas lorsque j’ai ouvert mon compte)
  • Les comptes immobiles depuis six mois sont frappés d’une commission dite “d’oxydation” d’un montant de 0,02% par jour sans mouvement, ceci pour dissuader les comptes dormants d’épargne. D’une façon générale, vous pouvez consulter la grille tarifaire ici.
  • Certaines pompes à essence en France n’acceptent pas les MasterCard.

Pour réfléchir sur les risques de contrepartie, j’ai échangé avec un des actionnaires de VeraCash, un utilisateur de la solution qui a souscrit au deuxième tour de table de l’entreprise. Cette personne juge que les informations qui lui sont régulièrement transmises en tant qu’actionnaire minoritaire sont claires et régulières. Je considère que ceci est un bon point pour la direction.

Maintenant, voyons la chaine de contrepartie :

Vos euros partent vers la société VeraCash, société de droit français. Cette société a donc une dette envers vous. C’est exactement comme lorsque “votre” argent est en banque. “Votre” argent n’est en réalité plus le vôtre, il est métamorphosé en une dette que votre banque reconnait vous devoir. De ce fait, vous êtes soumis à un risque de faillite de la société VeraCash.

Risque de faillite de VeraCash

La société indique “Dans l’hypothèse où la Société viendrait à cesser son activité dans le cadre de la mise en oeuvre d’une procédure de liquidation judiciaire, les produits détenus dans les coffres-forts seront vendus au prix du marché. La contrepartie de la vente sera reversée par virement bancaire sur le compte bancaire du Membre, renseigné lors de son inscription, conformément à nos Conditions Générales d’Utilisation du Service”. Il est évident que les titulaires de comptes seraient remboursés après les créanciers prioritaires.

Risque de détournement ou de mauvaise allocation des sommes versées

VeraCash utilise la somme que vous lui avez confiée pour acquérir de l’or physique (ou de l’argent, ou des diamants, conformément à vos instructions). La comptabilité de chaque client doit être tenue pour allouer correctement l’or.

De ce fait, vous êtes soumis à un risque de détournement de l’objet de votre virement. VeraCash pourrait utiliser vos fonds pour acheter autre chose que ce que vous lui demandez expressément.

Ce risque est, en principe couvert par les contrôles des commissaires aux comptes et l’audit des douanes françaises et/ou suisses. Mais évidemment, ces contrôles ne sont pas quotidiens ! Dans un louable souci de transparence, VeraCash mandate  un quatrième auditeur externe indépendant et permet à ses membres regroupés en association et ses actionnaires d’assister aux audits programmés. Dans la pratique, l’actionnaire que j’ai interrogé n’a pas encore fait valoir cette faculté.

Risques sur la garde de l’or et de confiscation réglementaire

VeraCash sous-traite la garde de l’or (ou de l’argent, ou des diamants) aux Ports Francs et Entrepôts de Genève (PFEG). Il s’agit d’entrepôts situés dans le Canton de Genève en zone franche (hors taxes) sous douane (les douanes suisses et étrangère peuvent contrôler ce qui est stocké). Avantage : l’or est conservé en dehors du circuit bancaire et donc des risques de faillites de ces établissements. Le risque de saisie de compte par l’administration française pour “sauver une banque” est de ce fait supprimé. Les risque de tremblement de terre, d’inondation, de bombardement etc. détruisant les installations des PFEG me paraissent minimes.

Risques induits par les prestataires

VeraCash sous-traite à un prestataire, la société Treezor qui comme l’indique le site de VeraCash est :

une société agréée par l’ACPR en tant qu’établissement de monnaie Électronique et de services de paiements, membre principal Mastercard, sous affiliée de CMA pour la connexion EBA Clearing (SEPA) et propose des services de banking as a service à des entreprises financières“.

Cet établissement de paiement est régulée en France et en capacité d’intervenir en Europe.

Enfin, il y a toute la chaîne de sécurité informatique reliant VeraCash à vous-même et à ses différents prestataires…

Ces risques ne sont pas différents de ceux que vous rencontrez avec d’autres prestataires.

Bilan des risques de contrepartie

De tous les risques évoqués ici, celui d’une faillite de VeraCash est le plus sérieux pour votre argent. 

La société a terminé en mars 2021 une levée de fonds de 2 M€ auprès de ses actionnaires. Elle est elle-même en cours d’enregistrement en tant qu’agent auprès de l’ACPR (autorité bancaire française).

Pour gagner de l’argent en vendant ses services VeraCash a besoin d’encaisser des commissions de ses clients. Si les cours de l’or progressent et que les métaux précieux attirent de plus en plus de monde au fur et à mesure que la crise monétaire que nous anticipons se précisera, VeraCash n’aura aucun mal à prospérer. 

Pour l’actionnaire que j’ai interrogé, la notoriété de VeraCash progresse même si l’or et l’argent ne font pas actuellement les unes des médias financiers.

Nous sommes tombés d’accord pour dire que le risque de contrepartie se posera sérieusement lorsque la crise financière ayant culminé, une décrue des cours des métaux précieux s’ensuivrait et les clients clôtureraient leurs comptes n’en trouvant plus l’utilité. Pour couvrir ses frais, VeraCash serait probablement contraint d’augmenter ses commissions ce qui dissuaderait  les clients encore hésitants. Une mauvaise dynamique se créerait alors. Nous en sommes évidemment encore loin.

En attendant, faire partie des membres et actionnaires vous permet, si vous le souhaitez, de rester plus vigilant. C’est un peu comme si vous étiez actionnaire de votre caisse du Crédit Agricole…

Comme déjà dit lors de notre premier article, la première règle d’or de la sécurité est la diversification et vous ne devriez jamais y déroger. La solution VeraCash ne remplace pas le fait de détenir de l’or ou de l’argent en direct, c’est un complément utile. 

Pour reprendre les mots mêmes de JP Morgan : “l’or est de la monnaie, le reste n’est que du crédit“.

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