La chiropraxie : réglementation, formation professionnelle, remboursement (2e partie)

Par COSMICO - Selon l'Association Française de Chiropraxie, on recense 1500 chiropraticiens contre plus de 24.000 ostéopathes en France pour plusieurs raisons. Cadre réglementaire, formation professionnelle, contre-indication, remboursement de la chiropraxie… faisons le point.

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Cadre réglementaire en France

Lancée par Daniel David Palmer en 1895 aux États-Unis, la chiropraxie y est la profession de santé la plus pratiquée après la médecine générale et la chirurgie dentaire. En France, cette médecine manuelle n’a été reconnue qu’à partir de 2002 à travers la loi Kouchner n° 2002-303 du 4 mars 2002. Selon son article 75, seuls les chiropraticiens inscrits sur une liste dressée par le directeur général de l’agence régionale de santé de leur résidence professionnelle sont autorisés à exercer leur profession.

Le statut des chiropraticiens sera ensuite défini par le décret n° 2011-32 du 7 janvier 2011 relatif aux actes et aux conditions d’exercice de la chiropraxie. Ainsi, ces professionnels de santé :

  • Ne sont pas autorisés à réaliser des touchers pelviens et des manipulations gynécoobstétricales ;
  • Peuvent réaliser des manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de 6 mois uniquement après le diagnostic d’un médecin qui ne voit pas de contre-indication à la chiropraxie ;
  • Ont l’obligation d’orienter le patient vers un médecin dans le cas où les symptômes nécessitent un traitement médical ou un diagnostic.  Il en est de même si les troubles présentés excèdent leur champ de compétences ou si les symptômes persistent, voire s’aggravent.

Les masseurs-kinésithérapeutes, infirmiers, sages-femmes et médecins, de leur côté, peuvent exercer leur profession en même temps que la chiropraxie.

Par ailleurs, chaque chiropraticien doit avoir un numéro ADELI, un numéro de référence d’identification, une fois s’être enregistré au sein d’une Agence Régionale de Santé (ARS).

La formation professionnelle en chiropraxie

Le seul organisme autorisé à délivrer un diplôme reconnu de chiropraxie en France est l’Institut Franco-Européen de chiropractie (IFEC), créé en 1984 et agréé par le ministère de la Santé et le collège européen de chiropratique (ECU). Après un cursus de 6 années à temps plein après le bac (5 500 heures de formation), la rédaction et la soutenance d’un mémoire de fin d’études, et un assistanat auprès d’un chiropraticien, l’institut délivre le « Doctor of Chiropractic ». Ce diplôme permet aux étudiants français de pratiquer sans passer d’équivalence au Canada, aux États-Unis et dans les autres pays où cette profession est reconnue de manière officielle.

En 2018, le Ministre des Solidarités et de la Santé et le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’innovation ont publié un décret révisant la formation et un arrêté relatif à la formation en chiropraxie.  Ce décret, contresigné par le ministre de la Santé et par celui de la formation supérieure et de la recherche, a reçu l’avis favorable du Conseil National de l’Ordre des Médecins et de la Haute autorité de Santé française.

Quelle est la différence entre la chiropraxie et l’ostéopathie ?

Comme l’ostéopathie, la chiropraxie est une méthode thérapeutique manuelle non médicamenteuse qui traite les douleurs situées au niveau du dos. Contrairement à l’ostéopathie qui est centrée sur les systèmes viscéral et liquidien, crânien, elle se concentre davantage sur les systèmes nerveux et ostéoarticulaires. Les  manipulations chiropratiques, quant à elles, se font presque essentiellement au niveau du rachis, tandis que celles de l’ostéopathie traitent le corps dans son ensemble : rachis, articulations, ligaments, muscles et même crâne. En travaillant sur le corps dans sa globalité, l’ostéopathie peut traiter plusieurs troubles comme les maux de tête, les sinusites, et même les problèmes respiratoires.

Certes, la chiropraxie se concentre sur une zone restreinte, dans 90% des cas au niveau de la colonne vertébrale, néanmoins les manipulations sont précises permettant ainsi de restaurer un bien-être  et  une bonne santé générale. Les ajustements et pressions exercées par le chiropraticien peuvent ainsi traiter des troubles particuliers comme les douleurs liées aux nerfs, les troubles digestifs, ou encore les vertiges.

Les formations sont elles aussi différentes, car seule l’IFEC (Institut Franco-Européen de Chiropratique) forme les chiropraticiens en France. Les futurs ostéopathes de leur côté peuvent s’inscrire dans l’une des 75 écoles d’ostéopathie en France ou encore suivre les nombreuses formations proposées (à l’université, à temps plein ou à temps partiel). La durée de la formation est donc très variable, de 3 à 6 ans, entre 4 200 et 5 000 heures de formation en moyenne. En revanche, les futurs chiropraticiens doivent suivre les 5 500 heures de formation réparties sur 6 ans d’études reconnues au niveau international. Ils reçoivent ainsi une formation standardisée le permettant de traiter les patients fragiles, notamment les bébés de moins de 6 mois, d’utiliser des instruments et manipuler les cervicales sans ordonnance du médecin.

Les contre-indications et risques

Plusieurs profils de patients peuvent recourir à la chiropraxie pour améliorer son bien-être : nourrissons, enfants, adultes, personnes âgées, femmes enceintes. Quoi qu’il en soit, cette pratique reste contre-indiquée chez ceux qui souffrent de fragilité au niveau des tendons et des ligaments et d’ostéoporose. Elle ne doit pas non plus être pratiquée si le patient présente des fractures, des anomalies osseuses, ou encore des pathologies neurologiques graves. Il en est de même lorsque le patient est atteint de cancer, a déjà eu un AVC ou présente une infection aiguë.

La chiropraxie est-elle prise en charge ?

En tant que professionnels de santé indépendants, les chiropraticiens leur propre tarif de consultation et grilles tarifaires. Ils varient en fonction de plusieurs critères :

  • Année d’expérience ;
  • Zone géographique ;
  • Contenu des séances ;
  • L’établissement si le chiropraticien n’est pas à son compte ;
  • Etc.

Les tarifs varient donc d’un professionnel de santé à un autre. À titre indicatif, on peut compte entre 35 euros en province à 80 euros dans les grandes villes par consultation.

En tant que « médecine non conventionnelle », les dépenses liées à la chiropraxie (soins et consultations) ne sont pas encore prises en charge par l’Assurance Maladie. Néanmoins, il est possible d’obtenir un remboursement entre 15 euros par séance à 100% des honoraires grâce à certaines mutuelles complémentaires santé sur présentation d’une attestation du chiropraticien. Le site de l’Association française de Chiropratique présente la liste de ces mutuelles.

 

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