[PAYANT] La “Grande Sécu” de Véran

Ces dernières semaines, les séances parlementaires de questions au gouvernement sont décidément l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le positionnement des différents acteurs politiques à l’endroit de la “Grande Sécu” – cette possible future Sécurité sociale se chargeant d’assumer le financement de la quasi-totalité des dépenses de soins, au détriment des complémentaires santé.

Le 9 novembre dernier, un échange entre Jean-Pierre Door, député “Les Républicains” et vice-président de la commission des affaires sociales, et Olivier Véran, le ministre des Solidarités et de la Santé, a permis au second d’évoque sa “réflexion”, quelque peu jésuitique, sur l’enjeu de la Grande Sécu.

Un projet “ourdi en sous-main, pour ne pas dire en sous-marin”

La question posée par Jean-Pierre Door à Olivier Véran portait à la fois sur les intentions gouvernementales en matière de restructuration du financement des soins et sur le coût d’une telle opération. Très clairement dubitatif vis-à-vis du projet de nationalisation du marché des complémentaires santé, le député LR a d’abord tenu à faire savoir qu’il considérait cette idée comme étant portée par une partie de l’exécutif. Il juge en effet que “le projet de Grande Sécu” est “ourdi en sous-main pour ne pas dire en sous-marin” par des acteurs dont il n’a pas précisé l’identité mais qui, étant donné la teneur de son propos, semblent relever de la hiérarchie du ministère des Solidarités et de la Santé.

Après cette entrée en matière, Jean-Pierre Door a posé avec insistance la question des divers coûts de ce “numéro d’illusionniste” que constituerait, selon lui, une montée en puissance de la Sécurité sociale dans le financement des dépenses de soins. Il faisait ici référence au surcoût financier que les assurés vont devoir assumer – en matière de cotisations sociales et de fiscalité – ainsi qu’au risque d’une dégradation des prestations proposées par le futur régime obligatoire unique. Il s’inquiétait en outre du prix social de la Grande Sécu pour les professionnels de soins et des OCAM : menaces sur l’emploi et fonctionnarisation.

Cachez cette Grande Sécu que je ne saurais promouvoir

Alors que la question du député Door portait autant sur les conséquences financières et sociales de la Grande Sécu que sur son origine institutionnelle, Olivier Véran n’a abordé que le second de ces deux aspects. A plusieurs reprises, il a tenu à dire que ce projet n’est pas promu par le gouvernement mais qu’il s’agit uniquement d’une “réflexion” en cours, qui a lieu au sein du haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM). “Il ne s’agit pas d’un projet gouvernemental et il n’est pas ourdi en sous-main non plus. Il s’agit d’une mission confiée au Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie – HCAM (sic) –, qui est une instance de réflexion et de propositions” a-t-il ainsi déclaré, enfonçant le clou un peu plus tard : “Cela ne veut pas du tout dire que nous aurions décidé d’un projet gouvernemental en sous-main. Il n’y a pas de projet, mais une réflexion – et c’est très sain de réfléchir”.

Ainsi donc, à en croire le ministre des Solidarités et de la Santé, la Grande Sécu ne serait qu’une piste de réflexion parmi d’autres, creusée par un organisme, le HCAAM, qui ne saurait être tenu pour une officine contrôlée, de près ou de loin, par le gouvernement. Pourtant, ne résistant pas à la tentation de donner son avis sur le fond de l’affaire, Olivier Véran ne cache pas son intérêt pour un système où l’assurance maladie obligatoire finance seule les dépenses de soins. Il cite en effet en modèle le financement intégral par la Sécurité sociale de la “télémédecine”, des “vaccins” Covid-19 et des “tests” pour la même infection. D’autre part, il cogne sur les “frais de gestion” des OCAM, au motif qu’ils pèsent “sur le budget des ménages”. En somme : tout en niant fermement tout rôle promotionnel du projet de la Grande Sécu, Olivier Véran reconnaît qu’il ferait fort bien ses affaires. Si bien que l’on ne peut s’empêcher de se demander s’il est si étranger qu’il le dit à la “réflexion” en cours…

Article d’origine: “Grande Sécu” : la “réflexion” jésuitique d’Olivier Véran – Tripali

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3 commentaires
  1. La Grande Sécu nationalisée, ce n’est pas un haut projet gouvernemental, ce sont des études des hauts conseils nommés par le gouvernement. Une vrai blague! En 1945 la Grande Sécu était une organisation gérée paritairement pour le peuple par le peuple. Mais l’Etat s’est servi de la Grande Secu pour investir dans les hopitaux publics et affilier d’office ses fonctionnaires. Déficitaire la Grande Secu a été renflouée par des impôts spéciaux (CSG-CRDS) et des restrictions de l’activité médicale remboursable. Voilà un cycle essorant qui pourrait être renouvelé pour ponctionner un peu plus les contribuables.

  2. Stop de ces milliers de mutuelles qui se goinfrent de ce que la sécu. n’assure plus ! Alors oui à une super sécu. qui prendrait sa cotisation et celle que nous donnons aux mutuelles privées et du coup aurait à sa charge nos soins en totalité et adieu à ces complémentaires santé sangsues.

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