[PAYANT] Le gouvernement profond annonce une santé toujours plus chère et toujours moins efficace

La santé est, encore plus qu'avant l'épidémie de COVID, un enjeu crucial pour gouverner une société. Et c'est tout particulièrement vrai en France, où le système de santé a montré ses limites durant l'épidémie, tout en coûtant cher... et en se trouvant dans une situation financière délicate, et même catastrophique. Depuis cet été, le gouvernement profond (c'est-à-dire la comitologie créée au fil des ans, avec une surabondance sous François Hollande) s'agite à la demande d'Olivier Véran pour trouver la quadrature du cercle : nationaliser la santé, améliorer son fonctionnement, diminuer les coûts, et rendre tout le monde heureux. Autant dire que se prépare une grande opération d'augmentation des prélèvements pour financer la grande machine bureaucratique appelée assurance maladie, tout en contrôlant plus, mais en soignant moins, sans l'avouer bien entendu.

Une santé toujours plus chère et toujours moins efficace… mais aussi toujours plus “contrôlante”, voilà le projet que fomente le gouvernement profond occupé à réfléchir à l’avenir de notre protection sociale. 

Coup sur coup, le Haut Conseil à l’Avenir de l’Assurance Maladie (HCAAM) et le Haut Conseil du Financement de la Protection Sociale (HCFIPS) viennent de rendre des rapports qui en disent long sur le projet en réalité unique, monolithique, total, pour ne pas dire totalitaire, que la caste mondialisée qui tient les rennes du système imagine pour “le monde d’après”. 

Preuve aura été faite, en tout cas, que le COVID aura au moins servi à une chose : à désinhiber les esprits et les expressions, et à libérer les “projets” loin des masques habituels. 

Le gouvernement profond s’occupe de notre santé

En point liminaire, il faut préciser, sans doute, combien ces rapports sont téléguidés par la caste mondialisée, qui a placé des hommes sûrs dans chacune des instances où les rapports sont rendus. 

Par exemple, le HCAAM est aujourd’hui présidé à titre intérimaire par son vice-président, Pierre-Jean Lancry, ancien directeur d’ARS passé à la MSA… En lui confiant une réflexion sur le rôle des complémentaires santé demain, Olivier Véran a pris peu de risques de voir les idées lui échapper. 

Le HCFIPS est pour sa part présidé par Dominique Libault, ancien directeur de la sécurité sociale et partisan déclaré du monopole public en matière de santé. 

Sur tous ces sujets, les résultats des “réflexions” et des “prospectives” n’expriment donc jamais une pensée libre, mais cherchent seulement à mettre en ordre les aspirations profondes de la caste dominante. 

Et ces aspirations profondes sont bien connues : utiliser la santé pour contrôler toujours un peu plus la société et l’opinion publique, jusqu’à imposer des “passes” à l’entrée de chaque café ou de chaque salle de théâtre au nom de notre protection collective. 

La seringue sans retour de l’intervention de l’Etat

Un dicton affirme que, quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage.

En matière de santé, le gouvernement profond ne procède pas autrement pour expliquer que seul un monopole public intégral constitue un horizon souhaitable pour améliorer la santé en France. 

Ainsi, pour ce qui concerne les organismes complémentaires d’assurance, le HCAAM pointe du doigt chaque fois qu’il le peut les inégalités d’accès aux soins… en les attribuant à un défaut de monopole public. Et lorsque le monopole public pose des problèmes, le HCAAM explique qu’il faudra le parfaire par une réglementation nouvelle, encore plus “encadrante”. 

Dans le domaine de la protection sociale au sens large, le HCFIPS aboutit toujours aux mêmes conclusions : ce qui ne marche pas, c’est à cause du marché, et quand c’est l’opérateur public qui pose problème, c’est parce qu’il ne réglemente pas assez. 

Bref, réglementer tout, en tous sens, de façon toujours plus centralisée, est la solution unique proposée par la caste, celle qui est supposée découler du simple bon sens. 

Et tous les arguments sont bons pour le prouver. 

La disparition programmée des complémentaires santé

Dans cet ensemble, le rapport du HCAAM propose plusieurs scénarios dont on sait par avance qu’ils constituent des formes graduelles d’un renforcement du monopole public sur la santé, avec des dosages différents selon les résultats des présidentielles. 

Le HCAAM propose quatre scénarios, dont un qui a de fortes chances d’être porté dans les prochains mois : celui du “décroisement” de l’assurance obligatoire et des assurances complémentaires. Pratiquement, l’assurance-maladie rembourserait l’intégralité de ce qui tourne autour de l’hospitalisation et des soins lourds, mais n’interviendrait plus dans la médecine de ville, dans les soins dentaires et dans l’ophtalmologie. 

Cette mesure contribuerait fortement à “tuer” les complémentaires santé, dont l’intervention serait réduite à peau de chagrin. Et elle ne les dispenserait pas d’un contrôle de l’Etat :

dans un système d’assurance supplémentaire, il est important de conserver des politiques incitatives à la souscription d’assurance (qui existent par exemple sous forme d’incitations fiscales en Australie) et des mécanismes spécifiques sous condition de ressources (C2S). Enfin, pour les personnes qui seraient sans assurance, ce serait le rôle d’une autorité indépendante de régulation de favoriser des conditions leur permettant un accès aux
soins minimum (p. 101)

Autrement dit, les complémentaires santé seraient exclues du remboursement de certains soins, et sous le contrôle de l’Etat pour la portion qui leur resterait. 

Voilà une nationalisation en beauté, digne de l’Union Soviétique, qui ne semble pas énerver outre mesure les assureurs visés par cette reprise en main. 

Le renchérissement programmé de la santé

Alors que l’assurance maladie est déjà aux abois financièrement, il existe donc des esprits prétendument intelligents et compétents pour proposer de lui rajouter des activités sur le dos, au nom de la solidarité et de la supériorité du monopole public sur le marché. 

Autant d’aveuglement et de dénis confondent.

Autant de passivité de la part des assureurs privés aussi, mais il est vrai qu’après avoir tous marché dans la combine du “tout-vaccin comme seule solution pour sortir du COVID”, parfois avec un fanatisme pathétique, on voit mal comment ils pourraient aujourd’hui se déjuger en critiquant le monopole d’Etat qui va les avaler tout ronds. Et nous sommes convaincus que certains refusent encore obstinément de comprendre qu’ils ont été les dindons d’une farce dont l’un des objectifs premiers était de préparer leur éviction. 

Donc, la contrepartie de ces programmes où le ministère de la Santé s’apprête à nationaliser encore un peu plus un domaine qu’il contrôle déjà beaucoup trop, ce sera l’augmentation des tarifs, et tout spécialement l’augmentation des prélèvements sociaux destinés à financer cette opération supposée vertueuse financièrement. 

On en trouvera l’annonce dans le rapport du HCFIPS : 

Compte tenu de ces éléments, le HCFiPS considère qu’il ne faut pas se focaliser sur le seul taux de prélèvements obligatoires pour évaluer les marges de manœuvre disponibles : des augmentations du taux de prélèvements obligatoires peuvent n’avoir aucune
conséquence économique, d’autres peuvent être justifiées pour modifier les comportements (tabac, alcool…). (page 11 de la synthèse)

Autrement dit, derrière les grandes annonces sur la gestion vertueuse, avec une multitude de mots savants, c’est bien une augmentation des cotisations et des impôts qui se prépare… pour financer ces missions nouvelles qui, paraît-il, sont mal assumées par le secteur privé. 

Une violation du droit européen

Au passage, on notera que le HCAAM prépare un retour des désignations (c’est-à-dire la confiscation du libre choix de l’assureur par l’entreprise au profit d’une décision imposée par les branches dans les conditions opaques que l’on connaît) dans le domaine de la prévoyance. 

Son rapport propose un blabla obscur, et techniquement faux, sur les raisons qui poussent à cette préférence pour l’opacité. En particulier, le HCAAM oublie de dire que le droit communautaire n’autorise cette privation de liberté qu’au titre de la solidarité, qui doit en principe être limitée à ce qui est strictement nécessaire pour atteindre ses objectifs. 

Mais qu’importe, le HCAAM continue à faire vivre la fiction selon laquelle les marchés passés par les entreprises seraient opaques, alors que les marchés de branche ou les marchés publics ne le seraient pas. 

Il faut un sacré culot et un sacré aveuglement, au moment où le Sénat organise une commission retentissante sur l’opacité des marchés publics du ministère de la Santé, pour soutenir ce genre de posture. 

Mais y a-t-il encore un seul partenaire social capable de produire un discours audible face à une marchine bureaucratique hégémonique ?

La messe du crédit social à la chinoise est-elle dite ?

On sait donc à quelle sauce la caste mondialisée qui colonise l’appareil d’Etat rêve d’avaler le marché de la santé au lendemain des élections présidentielles. 

Il faudra payer plus cher, et notamment admettre des cotisations santé selon les comportements. Les devoirs passent avant les droits, aiment à répéter les systèmes totalitaires, à commencer par le communisme chinois. 

Sans une faillite économique du système ou sans une résistance forte des acteurs économiques lésés par ces perspectives dystopiques, le scénario est donc écrit d’une intégration des grands thèmes propres au crédit social à la chinoise tel que le Great Reset du Forum de Davos en fait aujourd’hui la promotion. 

Mais après tout, ceux qui ont prêté leur concours à toutes les folies étatiques depuis deux ans peuvent-ils réellement s’étonner et se plaindre aujourd’hui d’être dévorés par ceux qu’ils ont soutenus ?

Moi aussi, j'objecte conscience

Rejoignez le rang des objecteurs de conscience. Agissez concrètement pour la résistance. Montez de la mine, descendez des collines ! Le moment est venu.

About Post Author

34 Shares:
5 commentaires
  1. Bonjour
    Je ne comprends pas les affirmations concernant la grande machine bureaucratique appelé sécurité sociale. Il me semble avoir lu, mais je n’ai plus les références que le rapport cotisation/soin, c’est à dire la part des cotisations qui allaient aux soin directement, déduction faite de la gestion, était favorable à la sécurité sociale comparée aux mutuelles et aux assurances. (Ne serait-ce que parce que la sécurité n’a pas de frais de publicité). Quant à la cherté du système se soin, il me semble encore que ramené au PIB, (quel que soit le système de prise en charge) le coût des soins en France était parmi les plus bas d’Europe, et est presque moité moins élevé qu’aux États-Unis.
    Peut-être effectivement que pour une analyse rigoureuse il faut connaître la partie “gestion” des hôpitaux, qui elle a peut-être augmenté et est peut-être disproportionnée.
    Quant à une sécurité sociale qui contrôle plus en soignant moins je ne crois pas que ce soit la conception du système qui soit en cause, mais bien l’utilisation politique qui en est faite. Et il est aujourd’hui évident que si la sécurité sociale n’avait pas dû obéir aveuglément au gouvernement, mais aurait eu des instances de pilotage avec lesquelles il aurait fallu que le gouvernement compose, un certain nombre de folies inutiles (testing à tout va, vaccination de masse irréaliste…) et dispendieuses n’auraient pas été faites et surtout le débat scientifique aurait sans doute pris une autre tournure.

  2. Le problème principal de la sécurité sociale est la délégation de Gestion Paritaire abandonnée aux syndicats, avec les consécutifs malversations et détournements massifs opérés sur l’immense gâteau. Ceci en toute connaissance de cause des politiciens, avec retro commissions classiques au passage pour les campagnes électorales (et lieux de villégiature) car la comptabilité publique sait parfaitement organiser ses flux, ses codes et comptes anonymes numérotés, la manière de détourner des sommes folles en toute opacité. Les politiciens y voient une manière fort efficace d’étouffer le syndicalisme et les revendications catégorielles par la corruption. En gros, on vous file une part du gâteau à gérer, mais en échange de vos faux frais et annexes, on ne veut plus vous entendre, « et venez goûter les p’tits fours, le caviar et le champagne de la Rue de Grenelle, c’est les meilleurs »… A cet aulne, on connaît parfaitement l’exemple du détournement par la CGT du 1% (400 millions d’€) du Comité d’Entreprise d’EDF à son propre bénéfice et celui de ses adhérents (bateaux, centres de loisirs, relais et châteaux, hôtels privatifs dans les stations de ski, voyages, stages et frais divers à très bas prix, etc.). J’ai aussi découvert par hasard récemment la généralisation de ces processus de détournement dans ma station de montagne, quand j’ai vu, à la caisse d’une supérette de ma vallée, le manège d’un membre de la Place Beauvau en compte dans celle-ci. Il était presque honteux d’être dévoilé… Il y avait bien entendu un centre de vacances sur deniers publics derrière. Je ne connaissais pas son existence et pourtant je vais depuis 50 ans dans cette vallée…

    Tout est justifié, tout est justifiable, tout est corruptible et occulté dans cette République bananière.
    L’argent public des contribuables coule à flot pour les bénéficiaires directs de l’État, ses petites mains…

    Il faut à cet effet relire les dossiers de Contribuables Associés et de l’IFRAP pour s’en convaincre. L’Etat français est un Himalaya de corruption, comme le fût naguère feu la maison mère moscovite. Là-bas, comme aujourd’hui à Paris, l’Etat impécunieux n’avait plus de ressources à prendre sur le pékin qui rechigne désormais en France à abonder au tonneau des danaïdes. Mais Bercy reluque, telle une actrice porno l’érection de son partenaire avant le passage à l’acte, son bas de laine de 12.000 milliards d’€ d’épargne qui suffirait à éponger les dettes souveraines et à terme. Ils connaissent fort bien les méthodes pour s’en saisir… Le Eric Verhaeghe et Simone Wapler annoncent souvent ici la prochaine « réduction du Ghetto de Varsovie de l’épargne française » par la force. Désolé, je n’ai pas trouvé meilleure métaphore.

    Pour l’instant, l’Etat français en faillite fait comme tous les Etats communistes, il mobilise la finance internationale en contrepartie de marchés captifs, et c’est la raison même ici des décisions ubuesques des oligarques mondialistes au pouvoir pour étouffer-spoiler la production de richesse nationale des PME, ainsi offrir le marché de la consommation aux protégés de The Vanguard Group et BlackRock.

    Chaque article de Contrepoints et du Courrier nous montre l’abomination étatique en mode rouleau compresseur contre récalcitrants… La métaphore idoine est celle de l’opposant chinois face aux blindés Place Tian’anmen.

    L’Etat français est devenu une immense machine à détourner des sommes folles aux profits d’organisations et individus vermoulus des pieds à la tête. Comment réformer un tel barnum ? A l’impossible nul n’est tenu. Seuls l’implosion du système et son écroulement sur lui-même sont alors devenus les horizons raisonnables d’une quelconque réforme d’ampleur de l’Etat et de ses trois administrations. Que restera-t-il ? Se pencher sur la fin de la IIIème République dans la forfaiture du Pétainisme apporte toujours de folles et bonnes réponses.

    Sempiternelle « Étrange Défaite » de Marc Bloch, dont on peut changer les noms et les dates, puis calquer cette analyse sur la période 2020-2022 sans aucune difficulté.

  3. Je vois pas comment ça peut tenir : on est déjà l’un des pays les plus imposés au monde. Si en plus de la rigueur (donc taxes) après les élections pour payer les conneries du quoiqu’il en coûte on rajoute des taxes supplémentaires pour la santé, le système va imploser.

    J’ai l’impression que ces gens raisonnent dans un monde fantasmé et ignorent complètement que le réel se dirige à très grande vitesse droit dans leur gueule.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous pouvez également aimer