Pourquoi le Grand Reset se termine (et ne commence pas)…par Nicolas Bonnal

The building of the Bank for International Settlements, BIS, in Basel, Switzerland is pictured on Sunday, Sept. 12, 2010. The world’s top central bankers are meeting in Basel to work on new bank regulations, known as Basel III, aimed at reinforcing the financial stability of the global banking system. (AP Photo/ KEYSTONE/Georgios Kefalas)/Switzerland_Central_Banks_Basel_Rules_BAS107/1009121441

En s'appuyant sur son immense érudition, Nicolas Bonnal nous explique pourquoi le Grand Reset a commencé dans les années 1970 et comment il est entré dans sa phase finale.

Le Grand Reset est imaginé au début des années 1970

 

Il y a ceux, presque mignons et amusants, comme les journalistes du NYT, qui prétendent que le Grand Reset est une théorie du complot, alors que Davos s’en vante benoîtement sur son site, et puis il y a ceux qui redoutent le Grand Reset à venir, comme s’il n’était déjà là. Un petit rappel pour les distraits alors. Je suis assez vieux pour avoir vu le Grand Reset commencer au début des années 70 : c’était les années de la crise du pétrole, du club de Rome, de Soleil vert et de Roller ball, tout ce qu’il fallait pour rassurer les enfants et préparer un Grand Reset : vous allez obtempérer sinon voilà ce qui va se passer… Et comme cela ne s’est pas passé, on va le provoquer, l’ordinateur bien nommé rendant facile la gestion totalitaire de la société. Tous les films hollywoodiens dénonçaient il y a peu encore les « control freaks » dans leurs scénarios mais comme on ne les croit jamais…

Dans les années 80, lorsque j’ai commencé à m’intéresser à ces questions, j’ai rencontré un spécialiste nommé Yann Moncomble, disparu prématurément, qui décrivait la stratégie des mondialistes depuis le début du vingtième siècle. Jacques Bordiot l’avait précédé quelques années avant avec un excellent livre nommé Une main cachée dirige. On sentait que tout se mettait en place par les banques au milieu du dix-neuvième siècle (c’est la grande transformation du génial Polanyi ou le manifeste communiste de Karl Marx) et depuis nous sommes conduits par ces bons bergers, en bon troupeau. Exercices d’ingénierie physique et mentale, les deux guerres mondiales ont encadré le mouvement et précipité la montée de la technocratie dirigeante et celle du troupeau apeuré dont a parlé Tocqueville sur un ton effrayé.

 

Totalitarisme planétaire


1945 et la pseudo-déclaration des droits de l’homme marquèrent une avancée vers le totalitarisme planétaire. François Furet, l’homme qui a redécouvert Augustin Cochin, dont j’ai parlé tant de fois, la trouvait trop précise cette déclaration. Et pour cause : elle est indiscrète, elle contrôle, elle commande, elle oriente et elle sert une élite dirigeante à venir et qui est passé au contrôle de tout vers la fin des années soixante. Comme dit Watzlawick elle a besoin du malheur des hommes pour mieux les gouverner.

Les élites qui dirigent maintenant (voyez le rabbin Amnon Itshak qui en parle très bien) sont impitoyables : ils veulent plumer, ficher, vacciner, contrôler. En 1967 Brzezinski présente son fameux livre sur la société technétronique. Lui non plus ne se paie pas de mots, certain qu’il est de n’être dénoncé que par les plus lucides vite redéfinis théoriciens du complot ! Et il écrit le bougre :

«Une autre menace, moins manifeste mais non moins fondamentale, est celle de la démocratie libérale. Plus directement liée à l’impact de la technologie, elle implique l’apparition progressive d’une société plus contrôlée et dirigée. Une telle société serait dominée par une élite dont la prétention au pouvoir politique reposerait sur un savoir-faire scientifique prétendument supérieur. Libérée des contraintes des valeurs libérales traditionnelles, cette élite n’hésiterait pas à atteindre ses objectifs politiques en utilisant les dernières techniques modernes pour influencer le comportement public et maintenir la société sous étroite surveillance et contrôle. »

 

Cette fin de l’URSS si libératrice…pour les technos occidentaux

L’élite qui bosse avec Macron est une conséquence du bonapartisme dont j’ai parlé maintes fois ici et ailleurs (voyez mon Coq hérétique publié en 1997 aux Belles Lettres). Mais elle a été sélectionnée pour aller jusqu’au bout et elle le fera. Elle est payée et motivée pour. Dans les années 80 toujours on a vu cette caste mondialiste de hauts fonctionnaires et de soixante-huitards se mettre aux ordres de Bruxelles et du Capital, quand il est apparu que l’U.R.S.S. ne représentait plus une menace (voyez mon texte sur Zinoviev) et qu’on aurait enfin les coudées franches pour se remplir les poches et mettre au pas le populo.

Guy Debord écrivait en cette fin des années 80 :
« Il faut conclure qu’une relève est imminente et inéluctable dans la caste cooptée qui gère la domination, et notamment dirige la protection de cette domination. En une telle matière, la nouveauté, bien sûr, ne sera jamais exposée sur la scène du spectacle. Elle apparaît seulement comme la foudre, qu’on ne reconnaît qu’à ses coups. Cette relève, qui va décisivement parachever l’oeuvre des temps spectaculaires, s’opère discrètement, et quoique concernant des gens déjà installés tous dans la sphère même du pouvoir, conspirativement. Elle sélectionnera ceux qui y prendront part sur cette exigence principale : qu’ils sachent clairement de quels obstacles ils sont délivrés, et de quoi ils sont capables. »

 

Le loup des steppes

On voit avec Macron, Leyen ou Grisham (gouverneure démocrate de l’Etat du Nouveau Mexique, elle avait ordonné la fermeture partielle des magasins d’alimentation) que plus aucun obstacle ne les gêne et qu’ils sont capables de tout. Une fois, ajoute Debord que l’on peut « mesurer le point qu’avait pu atteindre la capacité d’hébétude et de soumission des habitants », on peut tout se permettre. Désolé, mais c’est ainsi. Relisez Bernays ou Céline ou même le Loup des steppes pour comprendre. Il ne parle pas d’autre chose le Loup de steppes.

L’élite mondialiste voulue par Wilson ou le pseudo-colonel Mandel House s’est constituée en 1945 donc, et est arrivée à maturité à la fin des années soixante : ce sont les années Rockefeller, Giscard et Trilatérale dont parlait mon ami Moncomble. Cette élite est totalement déracinée, technophile et gavée de paradigmes (Nizan a très bien vu sa source bourgeoise, j’en ai parlé ici). C’est une élite gnostique élevée par des écrans dans des Babel de verre, comme du reste son troupeau innombrable. En Europe on a pu voir l’émergence de cette élite en partie nazie d’ailleurs (voyez mon texte sur Hallstein) dès les années soixante. L’immigration, la société de consommation et la liquidation des enseignements allait créer une nouvelle population technophile, nomade et soumise.

Et puis Gorbatchev est arrivé. Tout est allé depuis en s’amplifiant et en s’accélérant, la bêtise et la lâcheté de la masse ne faisaient rien pour écouter les Cassandre muées en théoriciens du complot. Le contrôle des élites asiatiques ou russes est allé de pair, quoiqu’en pensent certains naïfs préoccupés la route de la soie ou le modèle chinois. Modèle chinois qui exige vaccination, contrôle biométrique et gestion informatique de son milliard et quelques d’habitants. Ici encore les oligarques du capitalisme et du communisme se seront merveilleusement tendu la main. C’est bien Kissinger et Nixon qui ont voulu ce rapprochement avec la Chine de Mao, non ?

Je ne suis pas là pour parler de l’an prochain, tout le monde antisystème le fait, en vain d’ailleurs (« Théorie du complot ! Théorie du complot ! »). Je voulais dire seulement que les choses sont dans une logique terminale. Qui en a fait tant ne peut pas s’arrêter en route (la route du club de Rome et de Soleil vert) et qui en a fait aussi peu pour se défendre à part cliquer depuis vingt ans (moi y compris, ce n’est pas le problème) ne doit pas s’étonner de ce qui va lui arriver.

 

 

Bibliographie très sommaire :


Zbigniew Brzezinski : l’ère technétronique
Guy Debord : Commentaires
Paul Watzlawick : Faites vous-même votre malheur
Nicolas Bonnal : si quelques résistants (à télécharger gratuitement sur reseauinternational.net)

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12 commentaires
  1. En 1969, le docteur Dray fut témoin des divagations d’un ” insider ” du NOM. Il y a 15 ans fut publié ” Le nouvel ordre des barbares “, retranscription fidèle – selon l’auteur – de ce qu’il entendit. Le livre est toujours d’actualité et sa lecture édifiante.
    Tant qu’à ceux qui se défendent si peu, ne surtout pas oublier M. Bonnal, que les possibilités sont rares et difficiles à mettre en œuvre, surtout lorsque la majorité est piégée par le système mis en place : crédit à la consommation, croyance que les Médias disent la Vérité, l’hédonisme ambiant etc. L’esprit critique se fait rare et le discernement encore plus.

  2. C’est bien Kissinger et Nixon qui ont voulu ce rapprochement avec la Chine de Mao, non ?
    Oui, mais c’était l’aboutissement de longues tractations: dès 1966, des compagnies pétrolières entamaient des négociations secrètes avec Pékin et les fondations Ford et Rockefeller créaient le Comité National des relations Etats-Unis-Chine…
    Ce n’est pas par hasard que la Chine est devenue l’atelier du monde…

  3. Alors oui, la Grande bascule ne date pas d’hier, soit, mais est elle au bout du bout du mal qu’elle peut me faire? Je ne crois pas, je crois qu’on peut prolonger la tendance, que ça peut nettement empirer. En vérité la question à se poser serait plutôt: est ce que la Grande bascule est réversible? En partie rêvons pas. Au jour d’aujourd’hui je crains que la réponse soit non: on ne pas descendre en marche et il n’y aura pas de marche arrière. Demain sera pire.

  4. Pourquoi “se défendre” tant qu’on a à manger dans son assiette ?

    “Les élites qui dirigent maintenant” ont beau être “impitoyables”, quand “le troupeau “n’aura plus rien à becter, il saura couper des têtes : il l’a déjà fait. Les élites savent cela : elles doivent veiller à ce que le progrès permette de nourrir tout le troupeau.

    Sans progrès, les assiettes vont se vider, ce qu’il reste du troupeau coupera des têtes…

    Puis une nouvelle élite refera les mêmes conneries.

  5. si le troupeau se “révolte” (a-t-on jamais vu un troupeau de moutons se révolter ?) on lui enverra une nouvelle pandémie qui fera beaucoup de morts. C’est prévu. Mais laissons faire la nature qui est impitoyable. Pour vaincre, il faut tuer le bourgeois en soi.

  6. Je m’interroge sur la finalité de cet article. Car, après l’avoir lu, on est en droit de questionner : “et maintenant, on fait quoi ?
    J’imagine un prochain article dont le titre serait : “Soyez conscient que vous allez mourir un jour” !
    A tout prendre, ne vaudrait-il pas mieux suivre la devise de l’humoriste “philosophe” Pierre Desproges : “Vivons heureux en attendant la mort” ?

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