Point au jour 223- Où en est la guerre d’Ukraine?

Odessa – Statue du duc de Richelieu (1766-1822),, à qui le Tsar Alexandre Ier confia la charge de gouverneur de la “Nouvelle Russie” de 1804 à 1814

La Guerre d'Ukraine au jour 223 - point de situation en trois constats (I) La guerre est entrée dans sa troisième phase, celle qui décidera du conflit sur le terrain. (II) Les Russes vont certainement connaître un moment plus difficile sur le terrain en Ukraine pendant deux à trois mois, du fait de la prise de commandement direct de l'OTAN et du délai qu'il y a entre décision et application d'une nouvelle organisation au combat. (III). Les Etats-Unis sont entraînés dans une épreuve de force géopolitique de longue durée, qu'ils ne maîtrisent que partiellement et qui est actuellement à leur désavantage.

1. La bataille d’Ukraine a connu trois phases

(Nous renvoyons ici en particulier aux nombreuses analyses de Scott Ritter)

Du 24 février à la fin mars: 

+ l’armée russe a lancé une triple offensive: (a) dans le nord (sur Kiev, Soumy et Kharkov) (b) dans le Donbass et (c) au nord de la Crimée.

+ Les attaques au nord étaient une diversion, menée à 1 contre 3, pour éviter le regroupement des troupes ukrainiennes devant le Donbass; elles avaient aussi pour objectif de repérer et détruire le maximum d’équipements fournis par l’OTAN entreposés dans l’ouest du pays; et de sérieusement affaiblir les unités ukrainiennes formées par l’OTAN depuis 2014 

+dans le Donbass, il s’agissait de préparer l’offensive méthodique ultérieure;

+ c’est dans le sud que l’armée russe a avancé le plus vite, à l’endroit où l’armée ukrainienne l’attendait le moins. 

Parallèlement, des négociations ont eu lieu entre des délégations ukrainiennes et russes et l’on a même cru à une percée diplomatique lors de la rencontre d’Istanbul, fin mars. Mais, d’après les informations dont on dispose, les Américains auraient demandé aux Kiéviens de ne pas poursuivre les négociations.  

Du début avril à la fin août 

Les Russes ont concentrés leurs attaques sur deux objectifs: la conquête de Marioupol; et la conquête lente et systématique du Donbass. 

La guerre continue à être menée avec une infériorité numérique russe. Les troupes n’avancent qu’après un long travail préparatoire de l’artillerie. L’objectif est de déloger les troupes kiéviennes de leurs “forteresses” – l’usine Azovstal ou les lignes de tranchées et leurs points fortifiés du Donbass. 

On peut estimer que tout au long de cette phase, les pertes ukrainiennes ont été gigantesques. Le chiffre de 60 000 tués et 50 000 blessés fourni par le général Choïgou est non seulement en phase avec les observations multiples sur le terrain; mais il reflète le manque de logistique et d’infrastructures d’une armée créée relativement récemment, qui n’ a pas les moyens de rapatrier et soigner ses blessés à l’arrière. 

En réalité, l’armée ukrainienne n’est pas une armée complète. Ses forces aériennes et navales sont très faibles. Son armée de terre est hétéroclite:  un petit nombre d’unités entraînées à haut niveau par l’OTAN; des dizaines d’unités qui ont servi de “chair à canon” pendant six mois; et enfin des unités de miliciens idéologisés (“néo-nazis”) dont la qualité au combat est très moyenne. 

Depuis le début septembre a commencé une troisième phase de la guerre.  marquée par une série d’offensives ukrainiennes, au sud et au nord d’une ligne de front qui s’étire sur 1000 kilomètres. 

Les esprits ont été frappés par le retrait des troupes russes d’Izioum puis de Krasni Liman en l’espace d’un mois. Assiste-t-on à un tournant de la guerre? 

Plusieurs facteurs jouent: 

+ la prise en main désormais totale de l’armée ukrainienne par l’OTAN, l’aide satellite américaine, l’engagement sur le terrain de soldats professionnels des armées de l’OTAN qui se font passés pour des volontaires ou des mercenaires. 

+ la longueur de la ligne de front, où le rideau de soldats des armées russes ou des républiques (désormais russes) de Lougansk et Donetsk est quelquefois mince. Il faut bien se rendre compte que l’armée russe a fait passer sous sa domination ces territoires avec des effectifs minimaux. 

+ le délai incompressible entre l’appel à la mobilisation et la capacité à entrer en action – même en simple appui de la ligne de front. 

2. Les Russes entrent indéniablement dans une phase plus difficile de la Bataille d'Ukraine

Il est certain que les Russes ne vont plus pouvoir continuer la guerre en sous-effectifs, quelle que soit la puissance et la précision de leurs missiles (ils ont même testé des missiles hypersoniques (avec charges conventionnelles)  en conditions réelles, et leur supériorité aérienne écrasante. 

(1) L’engagement limité de la Russie, en termes d’effectifs s’est expliqué jusqu’ici par six raisons. 

+ La forte supériorité stratégique que donne aux Russes leur avance dans le domaine des armes hypersoniques, qui affaiblit considérablement le chantage nucléaire adverse. 

+ Le souci du Kremlin de ne pas dégarnir d’autres fronts (en Syrie, en Asie Centrale, en Extrême-Orient), que les Etats-Unis s’empresseraient d’exploiter. 

+ la rupture par rapport aux périodes tsariste et soviétique, prodigues en vies de soldats; aujourd’hui, la Russie, démographiquement affaiblie par le terrible XXè siècle, ne peut plus se permettre de mépriser la vie de ses soldats. 

+ la conscience forte qu’a Moscou de l’implication intensive de l’OTAN dans l’effort de guerre ukrainien; et donc le souci de ne pas provoquer trop vite une escalade non maîtrisable. 

+ la prudence qui a caractérisé depuis 1999 l’avancée de Vladimir Poutine. Il a plus le tempéramant d’un Turenne que d’un Bonaparte.  

+ Le fait que l’essentiel de la guerre n’est pas toujours le plus médiatisé – ainsi en est-il des drones iraniens envoyés par les Russes sur les préparatifs OTANiens pour attaquer la Crimée, depuis Odessa, une bataille “cachée” bien analysée par Alexandre N. dans nos colonnes. 

(2) L’offensive de Kharkov a montré que l’OTAN a passé six mois, après la destruction des meilleures unités ukrainiennes pendant l’offensive de mars, à reconstruire une seconde armée se rapprochant un peu plus du standard OTANien. 

(3) Plus généralement, l’OTAN, (a) en livrant en permanence des armes à l’Ukraine, (b) en ayant pris de fait, le gouvernement et le commandement militaire de l’Ukraine, a maintenu cette dernière coûte que coûte dans la guerre. 

(4) Les Russes s’attendent donc à passer deux à trois mois difficiles, qui pourraient être marqués par de nouvelles poussées voire des  percées ukrainiennes. A partir du moment où (a) l’OTAN est en mesure de prolonger la bataille d’Ukraine, du fait (b) du caractère quasi-fasciste du régime Zelensky (contrairement à tous les clichés des médias occidentaux) qui a les moyens (avec ses milices néo-nazies et le SBU) d’intimider la population, pourchasser les opposants et enrôler de force les hommes (et les femmes) qui permettront de prolonger la guerre. 

(5) Nous sommes devant une situation paradoxale. Les Occidentaux ferment les yeux devant la mobilisation massive en Ukraine; alors qu’ils espéraient transformer médiatiquement la mobilisation partielle annoncée par Vladimir Poutine en échec et crise de régime. 

Autre paradoxe, les Occidentaux, qui ne cessent de répéter que la Russie n’est pas assez occidentalisée, la poussent de facto à se désoccidentaliser définitivement. Il est certain que la mobilisation accélérera à la fois le rejet de tout compromis avec l’Occident et l’enracinement en Eurasie. 

(6) Le début de mobilisation a été décrété parce que le système de l’engagement d’avant (en Syrie ou en Ukraine) – armée professionnelle, mercenaires et volontaires – ne suffit plus pour garantir les frontières terrestres du pays le plus étendu au monde, géographiquement parlant tout en menant une guerre qui semble basculer de plus en plus vers la “haute intensité”.   

(7) La remise à niveau OTANien d’une partie des forces ukrainiennes a conduit, ces derniers jours, à poser des questions sur les ratés de l’armée russe. Pourquoi plus de renforts n’ont-ils pas été envoyés pour tenir Izioum? On avait déjà évoqué début mars le manque de communication entre les unités. 

(8) une fois que l’on a dit tout cela, on soulignera (a) les pertes qui restent très élevées dans les troupes ukrainiennes; (b) le fait que l’armée russe a la possibilité de monter en puissance progressivement dans les prochains mois; (c) l’importance de l’engagement des drones, qui sont sans aucun doute un élément essentiel de la guerre moderne  – la Russie ayant recours aux livraisons iraniennes et l’Ukraine aux livraisons turques. (d) 

(9) Enfin, il est certain que Vladimir Poutine a changé la donne, stratégiquement parlant, en accélérant le processus d’intégration des quatre régions à la Russie. Il ne laisse plus d’autre choix à la société russe que de se mobiliser pour défendre la patrie. Il ne laisse plus d’autre choix aux Américains que de trouver un compromis – à moins de vouloir la guerre nucléaire. 

Les deux mois qui viennent vont être difficiles parce qu’une armée ukrainienne guidée par l’OTAN essaiera d’enfoncer tous les points faibles de la ligne de front. On se rappellera cependant que ce qui s’est passé à Izioum et Liman est dans la continuité de la façon russe de faire la guerre depuis la campagne de 1812: quand on risque d’être submergé, se retirer pour pouvoir attirer l’ennemi loin de ses bases, identifier ses faiblesses et les cibler au moment favorable. 

3. Les Américains sont entraînés dans un conflit géopolitique de longue durée

.

(1) On comprend de mieux en mieux que, pour une grande partie du monde dirigeant américain, après 1990, la “guerre avec la Russie” n’a jamais cessé. Les USA ont cru, dans les années 1990, qu’ils avaient la Russie sous contrôle. Leur acharnement contre Vladimir Poutine vient certainement du dépit d’avoir vu le butin russe leur échapper de plus en plus clairement. 

(2) Les Américains sont certainement en train d’atteindre un de leurs buts géopolitiques: casser les liens économiques et technologiques entre Allemagne et Russie. Dans un monde où leur hégémonie est menacée, ils ont profité des sept mois de guerre pour faire passer définitivement l’Union Européenne sous contrôle. En revanche,, ce faisant, les USA ont renforcé les liens entre Moscou et Pékin. Ils ont été incapables d’éloigner l’Inde de la Russie.. L’Arabie Saoudite parle de transactions pétrolières en yuans La toute dernière résolution devant le Conseil de Sécurité, pour condamner les annexions russes, a donné lieu à l’abstention de l’Inde et de la Chine (qui ne veulent pas encourager les séparatismes chez elles mais ne veulent pas non plus condamner la Russie). D’une manière générale, le monde non-occidental a refusé d’être entraîné dans la spirale des sanctions anti-russes. Quand Emmanuel Macron et Olaf Scholz ont voulu forcer les pays africains à une visio-conférence avec Zelensky, il y avait quatre participants! 

(3) On a la situation paradoxale d’un renforcement de l’emprise américaine sur l’Europe et d’une perte de contrôle – lente mais impossible à ne pas remarquer – des mêmes Etats-Unis sur le reste du monde.  (on suivra ici le blog Indian Punchline de M.K. Bhadrakumar)

(4) Les sanctions ont échoué.. L’économie russe est toujours debout. Du fait de la hausse des prix, les revenus russes du pétrole et du gaz ont déjà compensé les actifs confisqués par l’Occident. De nouvelles routes commerciales se mettent en place en Europe Centrale. Les BRICS et l’Organisation de Coopération de Shangaï se renforcent. 

Pire, les sanctions retombent sur ceux qui les ont votées, à commencer par els Européens. On parle d’une crise systémique en Europe, commençant par la Grande-Bretagne. 

(5) On voit que la légitimité du dollar comme étalon universel est de plus en plus contestée. Il est impossible de dire à quelle vitesse on assistera à une “dédollarisation” de l’économie mondiale; mais le processus est entamé. 

(6) Il y a interférence entre le bras de fer géopolitique et la bataille d’Ukraine. Nous parlions un peu plus tôt d’éventuelles difficultés russes sur le front ukrainien. Cependant, parallèlement, existe la possibilité d’un changements de majorité aux élections américaines de mi-mandat, en novembre 2022. 

Si l’on ajoute les tensions croissantes entre la Pologne et l’Allemagne, la crise économique et l’opposition des sociétés européennes à cette guerre, on peut faire le pari d’une dislocation progressive de la coalition occidentale. 

(7) Il est légitime de se demander comment réagiront les Etats-Unis en cas de défaite géopolitique. Accepteront-ils la réalité d’un monde multipolaire. Ou bien une telle tentative leur est-elle si insupportable qu’ils préféreront l’escalade – au risque de déclencher une guerre nucléaire?  Même si les médias occidentaux jouent avec la “peur de l’apocalypse”, il est plus probable, au vu de tous les éléments donnés jusqu’ici, que l’on assiste, pour finir, à un compromis entre Russes et Américains. 

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29 commentaires
  1. Ce que je constate c’est que Poutine perd des plumes, il offre même son derrière à l’adversaire ce qui me désole profondément. Néanmoins cela ne me surprend guère, je l’ai prévu ici même, non pas dans sa forme concrete evidement mais dans sa nature et ce n’est pas que je lise dans le marre à café… Au moins un attentat retentissant à Moscou, des bombardement sur son territoire, des menaces de mort en vérité un nettoyage ethnique excusez du peu, adressées à chaque russe, pour le moment que du Donbass, du rabruge sur ses alliés périphériques (Arménie, Iran, Syrie…), des attentats spectaculaires sur les moyens de production russes (les gazoducs Gazprom) et surtout un enlisement militaire. Imaginez que Poutine imaginait… que l’Ukraine était isolée, que derrière il n’y avait pas l’ombre du Satan Us et que celui-ci n’était qu’un tigre de papier… que tout ceci soit vrai, on croit rêver ! C’est un beau tableau de perdant.
    Déjà de son travail en Syrie que lui a coûté un Soukoi descendu par Erdogan à qui ultérieurement il a vendu des S300 et un ambassadeur assassiné, la ville de Lattaquié bombardée, la situation c’est amélioré non pas de part son action mais parce que le Satan Us a eu à faire ailleurs. Par contre de leur côté, le peuple syrien qui subit un terrible blocus, est toujours dans les plus grandes difficultés au point de ne pas pouvoir profiter de son carburant vu que ses puits de pétrole sont pompés par les troupes Us installées au moyen orient…
    Nous de notre côté sommes tombés dans le pétrin absolu, merci.
    Comment cela va finir, M Husson le dit lui lui-même, pour sauver la face par un compromis duquel Poutine MALHEUREUSEMENT partira la queue basse et les Us regonflés. Sauf s’il reprend par là où il aurait dû commencer mais ça n’aura pas la fraicheur du vrai.
    Je persiste à dire que je ne demande qu’à me tromper.

  2. la russie a tout intérêt à faire durer la guerre. voici ce que dit un analyste des affaires américaines :
    « Depuis mars, les États-Unis ont fait don à Kiev de 840 000 obus de calibre 155 mm. Si vous tenez compte du nombre d’obus de ce type dont ils ont besoin pour leur propre entraînement, le Pentagone, de manière réaliste, n’en a plus. En Amérique, la production annuelle de ces coquillages ne dépasse pas 30 000 pièces. C’est la même quantité que l’Ukraine brûle en deux semaines.

    « De la même manière, les États-Unis connaissent une famine de roquettes. Kiev a déjà reçu 8500 javelins. Ce qui représentait pratiquement la totalité des réserves américaines. De plus, il faudrait aux États pas moins de 10 ans pour réapprovisionner ces approvisionnements. Étant donné que les États ne produisent pas plus de 800 fusées par an.
    C’est la raison pour laquelle, dans les tranches récentes vers l’Ukraine, il n’y avait pas d’obusiers/obus de 155 mm ; et aussi pas de Stingers ni de Javelins. « Par conséquent, ils ont dû se rabattre sur un calibre d’artillerie moindre, 105 mm, et mettre davantage l’accent sur le HIMARS. Cependant, même les HIMARS sont maintenant répertoriés dans les documents du Pentagone comme étant épuisés.
    « Dans le dernier paquet d’aide militaire à l’Ukraine, les États-Unis leur ont promis 18 HIMARS. Mais pas tout de suite, seulement au bout de 2 ans, c’est le temps qu’il faudra pour les produire. Et seulement alors en remplacement de ceux qu’ils ont perdus. Et c’est le meilleur scénario. Parce qu’ils manquent de terres rares ; ce problème les a déjà amenés à arrêter la production de chasseurs F-35.
    « Des experts militaires américains, dans une interview à CNBC, disent qu’il ne sera pas possible d’augmenter la production militaire sans se convertir à une économie de guerre. Dans l’état actuel des choses, le complexe militaro-industriel américain n’est pas en mesure de répondre aux commandes. Elle n’est pas non plus en mesure de satisfaire les besoins de l’Ukraine, où l’ arsenal démocratique américain s’épuise rapidement.”

    les terres rares, c’est le nerf de la guerre et c’est bien pourquoi l’europe et les usa sont si inquiets de la perte d’influence européenne en afrique et de l’influence grandissante de la russie.

    Pour ce qui est de la situatio militaire, les “réussites militaires” ukrainiennes n’en sont pas étant donné les pertes occasionnées pour en parvenir à conquérir des territoires que si et quand l’armée russe décide de se retirer. ce qui s’est passé à Liman est très intéressant : les ukrainies ont perdu beaucoup d’hommes et de matériel pour parvenir à un encerclement imparfait et alors qu’ils étaient à 5 contre 1. quand les forces alliées ont reçu l’ordre de partir, les forces russes ont durant quelques heures déclenché un déluge d’artillerie pour protéger leur repli : ce déluge a totalement bloqué les ukrainiens. on va là que quand la russie sort toute sa force, les ukrainiens ne peuvent rien faire. mais pour l’instant la russie fait le choix de contenir sa force, ce qui n’est pas forcément un mauvais choix. comme le dit erwan castel : “Quelque part il peut être intéressant de se dérober devant des assauts (sauf sur des points stratégiques) afin d’étirer le dispositif ennemi et surtout sa logistique, l’obligeant à flanc-garder ses corridors et dépendre d’un flux tendu de carburant et munitions avant de le contre attaquer. …..
    D’après mes infos, les forces russes, le long du Dniper n’ont pas cédé à le pression ukrainienne mais se sont dérobées en les laissant étirer leurs forces le long du Dniepr qui limite leurs mouvements vers le Sud mais les place sous les feux de l’artillerie et l’aviation russe. La situation sur ce front semble rester sous le contrôle calme du commandement russe qui va certainement contre attaquer depuis Nova Karkhova pour créer un chaudron. Kherson pour le moment n’est nullement menacer par cette progression ukrainienne.
    Je pense que les ukrainiens, enivrés par leurs succès du front Nord se sont précipités “bille en tête” dans une porte ouverte par les russes.”

    1. Merci Lucie. Je pensais exactement à cela sans oser le dire : étirer, faire avancer les meilleures troupes ukrainiennes et les couper de leur arrière. Puis faire une contre-offensive jusqu’au Dniepr et Odessa, la perle de Catherine d’origine allemande, afin de protéger la frontière russe des attaques de missiles otaniens. Ensuite, faire tomber le régime putschiste de Kiev par un soulèvement populaire ruthénien. Lucie, votre exposition des ruptures de munitions doit être très présente dans les élections américaines où les Démocrates assiégés jettent leurs derniers feux mondialistes. Merci Lucie.

    2. “En Amérique, la production annuelle de ces coquillages ne dépasse pas 30 000 pièces.”
      Amusant ce que produit la traduction automatique : en anglais “shell” se traduit par obus et aussi par coquillage…
      Blague à part, merci pour cette remarquable analyse. J’avais bien noté que dans le dernier paquet les HIMARS n’étaient prévus être livrés que dans deux ans, mais la vue d’ensemble est impressionnante.
      Info essentielle que la pénurie de terres rares…

  3. Beau travail d’Edouard Husson pour résumer au mieux l’état des lieux, habilement complété par Lucie. On pourrait ajouter le haut niveau intellectuel et la haute maturité des figures de proue russes ; sans parler de celle de ‘non alignés’ en comparaison aux gesticulants décadents de ‘l’Occident collectif’. L’intimidation de la population ruthénienne mériterait un approfondissement par nos journalistes de terrain. Les Russes non wokisés vont défendre comme en 1940 leur patrie et valoriser l’aire historique russe (monnaie, art, pensions, passeports, la vie au quotidien). Ne pas oublier la saine anthropologie qui meut les peuples russes, cela fait une forte cohésion populaire, un socle inébranlable. Les élections américaines et l’hiver russe en France et ailleurs vont changer la donne actuelle. Et en conséquence, les USA s’attableront avec les Russes sur le bord du Dniepr ou à Odessa la Russe lors d’une conférence. Les USA redeviendront ‘isolationnistes’. Les USA ne peuvent poursuivre la guerre d’usure avec les Russes car les deux explosions nucléaires inutiles de 1945 ont anéanti l’image mondiale du prédateur évangélique de la conquête vers l’Ouest. Les USA, dépourvu actuellement d’anthropologie, sont condamnés à fonder enfin leur patrie, et cela au détriment de leur empire décadent. Nous assistons à la chute inéluctable de l’empire américain et le développement de l’entrée d’un ou plusieurs drapeaux ‘américains’ dans le concert des nations de type 1815 ou westphalien.

    1. @Claude le Vivant
      Dans l’article publié hier sur la géopolitique planétaire bouleversée par le conflit ukrainien, Jean Goychman termine par ces mots “Il reste à savoir si l’élite mondialiste acceptera ce changement ou s’y opposera par tous les moyens à sa disposition”. Et toute l’analyse développée par lui pointe vers la deuxième solution…
      Pour ma part je pense qu’il improbable que les Américains veuillent faire la paix avec la Russie. Cela signifie que nous allons être entraînés dans une guerre mondiale, qui cette fois-ci touchera également le sol américain.
      Mais à ce stade tout n’est qu’hypothèses…

      1. Yalta. Pourquoi s’y asseoir ? Pourquoi le ravitaillement de Berlin ? Les américains ne veulent pas perdre d’hommes, le moins possible, et même zéro soldat sur leur sol. Ils bombardent avec des bombes, de l’intox, des images, des dollars, des armes. Une guerre locale à Pétaouchnock, oui ; une guerre qui pourrait toucher leur sol, non. Même si l’armée russe frappe avec des bombinettes nucléaires en Ruthénie ou sur ‘le sol russe’ ils ne feront ‘rien’ qui risque de toucher leur population et leur sol. D’ailleurs la prochaine bombe qui va cristalliser l’attention aux USA, ce seront les élections. Aux USA, regardez la Bourse monter, le baril baisser et les électeurs s’étriper. Les Russes maîtrisent, ou plutôt jouent avec les échéances américaines qui ponctuent le calendrier hivernal.

    2. “Wishful thinking”
      Si je suis le courrier des stratèges, c’est pour avoir des infos indépendantes du bloc anglo-saxon et de ses larbins. Mais, vous n’êtes que pittoresque. Si j’étais chargé de discréditer ce site, je mettrais en avant votre délire idéologique.

      1. Précision: je réagissais au texte de Claude Le Vivant.
        J’ajoute qu’il se fait des illusions sur “l’image mondiale du prédateur évangélique”. L’Occident chrétien s’accommode très bien des victimes d’Hiroshima et de Nagasaki (sur l’air de “il fallait éviter un million de morts”), et aussi de l’interminable martyr des Vietnamiens: napalm, défoliants, bombardements de villes sans aucun intérêt militaire comme Hanoï. Et ça a continué avec l’Irak, envahi contre tout mandat international.
        L’homo consuméris n’est pas un citoyen: il s’en fout, ce n’est pas chez lui.
        Par contre, aujourd’hui ça le frappe.
        Conclusion: salauds de Russes!

  4. Les “Victoires” de Zélinski dévoreuses de leurs propres soldat..
    Ce que nous vivons aujourd’hui c’est le : “Voyez je triomphe des Russes qui ont une frontière commune avec la mienne” d’un Zélinski à un Otan peu chaleureux à répondre à sa demande urgente d’adhésion. Ce qui pourrait être terriblement dangereux si cela tinte aux oreilles des Démocrates alors qu’ils sont en voie de perdre les midterms.

  5. Cher Monsieur Husson.
    Je constate que depuis 2 jours vous effacez maintenant tous mes messages…
    Voilà votre libre pensée: le culte du mensonge et de censure.
    Puisque vous comme ça je considère avoir gagné sur le débat des arguments !
    Bonne journée à vous.

    1. Merci de valider ainsi tous les commentaires censurés pour leur argumentaire sur les médias conventionnels. Cela fait plaisir!
      Comprenez cependant que ce ne sont pas vos arguments qui gênent car vous n’en avez que peu. C’est plutôt votre présentation sinon erronée du moins tendancieuse des faits, vos affirmations venues de nullepart et aussi votre goût prononcé pour la provocation dont on soupçonne que c’est la raison de votre assiduité sur ce site, qui rendent la discussion iquasi impossible. Dommage pour vous quand même!

      Répondre moderated
      1. Vous ne faites de la provocation avec moi à chacune de vos interventions me concernant ???
        C’est l’hôpital qui se fout de la charité.
        J’ai peu d’argument ? Pourtant je donne des sources dont certaines sont repris pour l’article suivant de Edouard Husson comme sur Lyman où j’ai tout expliqué 24 heures avant.
        Je ne peux être d’accord avec Edouard Husson car il réécrit l’histoire pour embellir la situation russe.
        Quand je cite les paroles de Khadirov ou de Pouchiline je fais une présentation erronée ?
        Par contre Edouard Husson qui vient dire que l’attaque de Kiev n’en ai pas une ou que les défaites russes à répétition sont des retraits volontaires ça pour vous ça passe crème….

        Vous êtes pro-russe et vous ne voyez que ce vous voir.
        En soit ça vous regarde.
        Moi je voulais voir des avis sur des sites autres que les médias mainstream et j’ai vu ce que je voulais voir.

  6. Mon cher David.. il suffit de changer de pseudo… et M. Husson n’y pourra rien faire… quoi que malgré ses penchants poutinolâtre (phile ?), il ne me semblait guère enclin à la censure masquée…

    1. C’est pas mon style de changer, si on me fout à la porte je ne vais revenir par la fenêtre.

      Pas enclin à la censure ?
      Samedi je dis les ukrainiens sont en train d’encercler les russes à Lyman.
      Il me demande les sources.
      Quand je les poste mon message est immédiatement censuré.
      Il ne réapparaîtra que le lendemain après la chute de Lyman et entre temps j’ai des messages demandant les sources, les sources, les sources.

      Ici mon message est effacé, ça fait des heures que je les postais il n’est toujours pas visible.
      S’il est visible que dans 3 jours quand plus personne viendra ici c’est de la censure.

      Donc je me suis fais à mon idée.

        1. C’est vous qui posez une question il me semble, il n’y en avait pas dans mon message.
          Vous avez raison sur le principe, il n’y a rien d’important ici.
          Ni l’article, ni mon message, ni les éventuels échange futur.
          Moi j’étais dans le principe du débat d’idée.
          Je constate juste qu’il est inexistant ici !

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