Robert F. Kennedy Jr. et Trump déclarent la guerre aux vaccins

Robert F. Kennedy Jr. et Trump déclarent la guerre aux vaccins


Partager cet article

Alors que des responsables de l’administration Trump durcissent leur position contre les vaccins à ARNm, des experts en santé publique s’inquiètent des conséquences sur la préparation du pays face aux futures pandémies.Trente grandes organisations médicales s’insurgent, tandis que des experts redoutent un abandon de la technologie à ARNm connu pour ces effets secondaires, ils redoutent surtout un effet domino sur d’autres vaccins essentiels.

L’administration Trump a récemment pris différentes mesures qui ont tendance à évoquer l’abandon de la technologie ARNm. On cite entre autres le changement des recommandations pour la vaccination contre le Covid-19 et l’annulation de la subvention accordée à Moderna pour le développement des vaccins à ARNm contre la grippe aviaire H5N1. Les experts médicaux américains craignent que d’autres vaccins ne soient ciblés.

Vers un abandon de la technologie ARNm

La technologie à ARNm, qui a permis le développement rapide des injections anti-COVID-19, est aujourd’hui sur la sellette. Pour les scientifiques covidistes, l’abandon de cette technologie reviendrait à désarmer volontairement la médecine de demain. Pire : cela exposerait la population à des menaces sanitaires imprévisibles, comme celle d’une future pandémie aviaire, et même de développer des vaccins et des thérapies permettant de traiter ou de prévenir certains cancers et certaines maladies infectieuses.

« Avec l’ARNm, vous pouvez pivoter plus rapidement lorsque vous trouvez un nouveau virus pour fabriquer un vaccin adapté à ce virus », a déclaré Jennifer Nuzzo, professeur d’épidémiologie et directrice du pandemic Center à la Brown University School of Public Health.

Le retrait de la recommandation vaccinale COVID-19 pour les femmes enceintes, accompagné de la dissolution du comité consultatif des CDC, a été perçu comme une déclaration de guerre symbolique à la vaccination moderne. Plus de 30 organisations médicales ont dénoncé cette décision jugée irresponsable, voire dangereuse.

L’annulation d’une subvention de 766 millions de dollars destinée à Moderna pour développer un vaccin ARNm contre la grippe aviaire H5N1 a renforcé les soupçons d’un désengagement massif vis-à-vis de cette technologie, pourtant considérée comme révolutionnaire dans le monde médical.

Des mesures visant à limiter l’usage des vaccins à ARNm ont été prises par les autorités américaines. La FDA (Food and Drug Administration) prévoit par exemple de limiter les rappels Covid aux personnes âgées et à celles présentant des problèmes de santé. Elle compte aussi exiger la réalisation de nouveaux essais cliniques contrôlés par placebo.

Au cœur de ces décisions : Robert F. Kennedy Jr., nouveau secrétaire à la Santé, qui est connu pour son activisme anti-vaccin, il qualifie les vaccins ARNm de “plus mortels jamais fabriqués”, et multiplie les déclarations remettant en cause la science vaccinale.

Des menaces pour d’autres vaccins

Pour certains experts, l’administration Trump pourrait aussi cibler d’autres vaccins. Selon le vaccinolâtre Paul Offit, pédiatre de l’Université de Pennsylvanie, Kennedy est un “négationniste scientifique” dont les positions idéologiques pourraient avoir des conséquences dramatiques. Pour Offit et d’autres, l’administration Trump pourrait ne pas s’arrêter à l’ARNm : tous les vaccins seraient potentiellement visés. Le projet assumé serait de réduire leur disponibilité, leur accessibilité et d’instiller une peur durable dans la population.

Les décisions récentes risquent d’impacter durement les populations les plus vulnérables : femmes enceintes, jeunes enfants, personnes immunodéprimées. Les données montrent pourtant que les vaccins COVID-19 ont réduit le nombre d’hospitalisations et de décès, y compris chez les plus jeunes. Selon les CDC, entre 2020 et 2023, plus de 6 700 enfants américains ont été hospitalisés et 152 sont décédés à cause du virus.

Pour ces experts covidistes, retirer ces vaccins des recommandations officielles revient à ignorer ces réalités et à priver des groupes à risque d’une protection éprouvée. Pour ces derniers, les décisions de RFK Jr. pourraient affaiblir la santé publique américaine, fragiliser les plus vulnérables, et isoler la première puissance mondiale face aux crises sanitaires à venir.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
La guerre d'Iran vue d'Iran, du 27 mars au 4 avril, par Thibault de Varenne

La guerre d'Iran vue d'Iran, du 27 mars au 4 avril, par Thibault de Varenne

La période charnière s'étendant du 27 mars au 4 avril 2026 représente une phase de transition critique dans le conflit opposant la République islamique d'Iran à la coalition dirigée par les États-Unis et Israël, connue sous le nom de code opérationnel « Epic Fury ». Après un mois de bombardements intensifs visant initialement à décapiter le commandement iranien et à neutraliser ses capacités nucléaires, la guerre a muté en un conflit d'attrition multidimensionnel. Les sources régionales — irani


Rédaction

Rédaction

La guerre d'Iran vue d'Occident, du 28 mars au 4 avril, par Thibault de Varenne

La guerre d'Iran vue d'Occident, du 28 mars au 4 avril, par Thibault de Varenne

Le conflit déclenché le 28 février 2026 par les frappes conjointes des États-Unis et d'Israël contre la République islamique d'Iran a atteint, durant la période du 27 mars au 4 avril 2026, un point de bascule critique. Cette phase, marquant l'entrée dans le deuxième mois de l'opération « Epic Fury » (États-Unis) et « Roaring Lion » (Israël), se caractérise par une mutation profonde de la nature des hostilités. L'analyse des événements démontre que l'on est passé d'une campagne de décapitation


Rédaction

Rédaction

Épargne : quelles conséquences pour le choc pétrolier long que l’UE reconnaît enfin? par Vincent Clairmont

Épargne : quelles conséquences pour le choc pétrolier long que l’UE reconnaît enfin? par Vincent Clairmont

« Le plus dur est fait. » Lorsque Donald Trump a prononcé ces mots au 32ème jour du conflit en Iran, les marchés actions américains ont exulté, signant leur meilleure séance en dix mois. Mais pour l'épargnant européen, cette phrase sonne comme un avertissement brutal. Si Washington estime avoir achevé sa « décapitation » chirurgicale du régime iranien, elle laisse derrière elle un détroit d’Ormuz étranglé (passé de 150 à 5 navires par jour) et une Europe seule face à une facture énergétique qui


Rédaction

Rédaction

La caste parisienne doit-elle son mépris social à Aristote et à sa philosophie ?

La caste parisienne doit-elle son mépris social à Aristote et à sa philosophie ?

On les dit méprisants et cyniques, ces habitants des beaux quartiers, ces experts qui hantent les plateaux de télévision et les couloirs du pouvoir. On fustige leur mépris de classe, leur entre-soi protecteur et cette morgue tranquille qui semble ne jamais pouvoir être ébranlée par le réel. Mais et si ce que nous prenons pour du cynisme n'était en réalité que l'aboutissement logique d'une morale très ancienne? Et si la bourgeoisie parisienne n'était pas dépourvue de valeurs, mais habitée par une


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe