Européennes: le PS se réduit comme peau de bobo

Pour les Européennes, le PS fait alliance avec Place Publique, le groupuscule bobo créé par Raphaël Glucksmann (qui devrait conduire la liste), splendide produit de la reproduction sociale parisienne. Le signal envoyé ressemble à un chant du cygne: il annonce probablement la disparition de ce parti créé par François Mitterrand pour porter sa course à la présidence. 

Raphaël Glucksmann est un phénomène médiatique à défaut d’être un phénomène populaire. Compagnon de la journaliste en vogue Léa Salamé, il est l’idole des bobos et de l’élite parisienne. Il a créé “Place Publique” qui regroupe l’entre-soi parisien et n’a guère vocation à le dépasser. Mais sa présence, à défaut de donner de la popularité, donne du lustre à un parti en voie de disparition. Il est un peu le dernier repas au caviar à bord du Titanic. 

Le PS fait son coming-out bobo

Le PS a installé son siège à Ivry pour faire peuple. Mais chassez le naturel… Le choix de Raphaël Glucksmann pour conduire la liste aux européennes laisse entrevoir un approfondissement de la dérive idéologique déjà enregistré à la présidentielle avec la candidature de Benoît Hamon. 

Dans une interview au Monde, il expose l’ossature de son programme et de sa candidature:

Aujourd’hui, si le rassemblement se fait, c’est sur la base de l’écologie. Et cette conversion est une victoire culturelle des écolos. La stratégie de l’isolement risque de transformer leur victoire culturelle en défaite politique. On a l’opportunité de porter cette écologie républicaine et sociale à travers un projet global de société aussi cohérent que celui de Salvini. Se compter entre 2 et 7 % n’est pas à la hauteur du combat qu’il faut mener contre les nationalistes et populistes.

On retrouve ici les vieux poncifs de la gauche bobo parisienne: menace fasciste à combattre par un projet écologiste. Hamon l’avait laissé pressentir. Glucksmann en fait le coming out. 

Des départs à prévoir

Les rares socialistes qui ne sont pas issus de l’élite parisienne ont un peu de mal à avaler la pilule imposée par un Olivier Faure transparent à la tête de son parti. 

Stéphane Le Foll a ainsi annoncé qu’il quittait le Bureau National du PS, en tenant ces propos au Figaro:

« Les écologistes restent écologistes, Benoît Hamon reste Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon reste Jean-Luc Mélenchon et nous, les socialistes, nous devrions nous effacer derrière Raphaël Glucksmann sans débat interne, sans aucune base idéologique et politique, sans ligne stratégique ?, développe M. Le Foll. Olivier Faure[Le premier secrétaire du PS] a fait ce qu’il voulait faire, seul, de son côté et il devra l’assumer. Nous sommes loin, en tout cas, de cette renaissance du PS vendue aux socialistes lors du congrès. »

Voilà une belle différence entre le PS et les oiseaux: les oiseaux, eux, se cachent pour mourir. 

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