19 septembre 2020

Le courrier des stratèges

Prenez de l'avance sur l'actualité

La lente érosion de l’européisme allemand

L'européisme allemand a vécu. Comme le titre le Süddeustche Zeitung: "Succès massif pour les eurosceptiques". Progressivement, l'ère où l'Allemagne était dominée par des forces favorables à la construction européenne s'estompe. Les euro-sceptiques prennent le pouvoir. La gauche française s'est satisfaite de la montée des écologistes allemands. Mais la logique profonde du scrutin outre-Rhin est la continuité dans le déplacement vers un germano-centrisme des électeurs allemands. La CDU-CSU demeure la première force politique allemande, avec 28,7% des voix. Mais c'est une contre-performance par rapport à 2014 où les conservateurs avaient atteint les 35%. Le parti social-démocrate, au pouvoir avec Angela Merkel, subit quant à lui une splendide curée qui en dit long sur la transformation en cours de la gauche, cette étrange torsion qui transforme les socialistes en écologistes: le SPD a décroché 15,6% des voix, soit 5 points de moins que les écologistes. Les deux partis au pouvoir n'ont donc pas atteint les 44%. Face à eux, les écologistes ont dépassé les 20%, et l'AFD flirte désormais avec les 11%. La gauche communiste de Die Linke ainsi que les libéraux sont distancés avec 5% chacun. Il n'en reste pas moins que… l'Allemagne, longtemps fière de la stabilité de son système politique, assiste en direct à son implosion, avec une montée de plus en plus nette de partis qui contestent le jeu en place. Pour les électeurs français, cette
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