La lente érosion de l’européisme allemand

L’européisme allemand a vécu. Comme le titre le Süddeustche Zeitung: “Succès massif pour les eurosceptiques”. Progressivement, l’ère où l’Allemagne était dominée par des forces favorables à la construction européenne s’estompe. Les euro-sceptiques prennent le pouvoir. La gauche française s’est satisfaite de la montée des écologistes allemands. Mais la logique profonde du scrutin outre-Rhin est la continuité dans le déplacement vers un germano-centrisme des électeurs allemands.

La CDU-CSU demeure la première force politique allemande, avec 28,7% des voix. Mais c’est une contre-performance par rapport à 2014 où les conservateurs avaient atteint les 35%. Le parti social-démocrate, au pouvoir avec Angela Merkel, subit quant à lui une splendide curée qui en dit long sur la transformation en cours de la gauche, cette étrange torsion qui transforme les socialistes en écologistes: le SPD a décroché 15,6% des voix, soit 5 points de moins que les écologistes.

Les deux partis au pouvoir n’ont donc pas atteint les 44%. Face à eux, les écologistes ont dépassé les 20%, et l’AFD flirte désormais avec les 11%. La gauche communiste de Die Linke ainsi que les libéraux sont distancés avec 5% chacun. Il n’en reste pas moins que… l’Allemagne, longtemps fière de la stabilité de son système politique, assiste en direct à son implosion, avec une montée de plus en plus nette de partis qui contestent le jeu en place.

Pour les électeurs français, cette évolution constante, et en apparence inexorable, mérite une révision forte des anticipations. Le couple franco-allemand devrait subir d’importantes altérations dans les années à venir, si la France continue à profiter de la garantie allemande pour bénéficier de taux bas. Cette politique qui épuise l’épargnant allemand devrait nourrir un ressentiment grandissant contre l’Europe et favoriser une désolidarisation avec l’Allemagne.

Progressivement, l’attachement français à la dépense publique devrait coûter de plus en plus cher au pays et à ses alliances internationales.

0 Shares:
1 commentaire
  1. bonne analyse
    que l’épargnant allemand s’épuise, les Français n’en ont cure! . tant qu’il y aura des cochons de payant, français et allemands qu’on pourra joyeusement plumer au nom de l’égalitarisme , tout va bien et on poursuit la fiesta….
    il faudra une bien plus grande catastrophe pour que la France se secoue sérieusement et pour qu’on fasse autre chose que des mesurettes de réorganisation et pour qu’on aille vraiment au coeur des réformes nécessaires.
    je ne pense pas voir cela de mon vivant

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous pouvez également aimer