20 octobre 2020

Le courrier des stratèges

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Le nationalisme flamand, paradoxe belge par excellence

Le nationalisme flamand est, de loin désormais, la première force politique du pays. Les deux mouvements identitaires flamands représentent un quart des voix et acquièrent une quasi-majorité absolue dans le nord du pays. C'est à la fois un séisme qui rend la Belgique ingouvernable, et un paradoxe curieux pour un pays qui héberge les institutions européennes. Au fond, la Belgique est à la fois la capitale de l'Europe et le pays le moins européen du continent... Les nationalistes flamands présentaient deux partis aux élections: la Nouvelle Alliance Flamande (NVA) au pouvoir avec les libéraux francophones, et le Vlaams Belang, la Priorité Flamande, héritier assumé des mouvements pro-nazis aux sources du mouvement flamingant. Les électeurs, qui devaient en même temps se prononcer aux législatives et aux régionales, ont massivement approuvé le parti le plus à droite possible: la NVA a marqué un tassement de sa suprématie et a recueilli 13,5% des voix. Le Vlaams Belang a fait une forte percée, avec près de 12% des voix. Les socialistes wallons forment la troisième force politique du pays, loin derrière, avec 10,5% des voix. Les écologistes ont créé la surprise en Wallonie, en talonnant les socialistes avec près de 8% des voix. La percée des nationalistes flamands constitue un véritable paradoxe en Europe. Le mouvement national flamand est en effet, dans ses valeurs et ses messages politiques, l'un des plus anti-européens qui soit. Les nati
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