SNCF: Macron tarde à choisir à choisir le successeur de Pépy

Qui succèdera à Guillaume Pépy à la tête de la SNCF? Comme à son habitude, Emmanuel Macron prend le temps de choisir et sort des délais prévus par les textes. Alors que les nominations de Jean-Paul Delevoye et de Jean-Baptiste Djebbari ont été rapides, les nominations aux postes plus “obscurs” et moins directement politiques traînent (même si l’on se souvient ici du temps qu’Emmanuel Macron avait pris pour désigner Christophe Castaner au ministère de l’Intérieur). Sylvie Goulard a été désignée trois jours après la clôture officielle des nominations. On se souvient que Macron n’a désigné son directeur de la communication que huit mois après la vacance du poste. La SNCF attendra-t-elle aussi longtemps?

En principe, le successeur de Guillaume Pépy devrait être dévoilé de façon imminente. Mais, le nom du successeur aurait dû être connu cet été (le mandat quinquennal de Pépy à la tête de l’établissement a débuté en août 2014…).  Pourquoi ne l’a-t-il pas été dans les temps, alors qu’un cabinet de recrutement américain a été désigné pour trouver la perle rare, qui affrontera l’ouverture du marché à la concurrence? Certes, le poste est difficile, mais Pépy a annoncé dès mars 2018 qu’il ne serait pas candidat à sa succession. Cette affaire traîne donc depuis dix-huit mois…

On verra dans ce retard l’indécision habituelle d’Emmanuel Macron dès lors qu’il s’agit de choisir des hommes (ou des femmes) et de les mettre à des postes sensibles. C’est une vraie caractéristique du Président de la République, qui peut parfois traîner plusieurs mois…

Il y a pourtant urgence à prendre une (bonne) décision. La SNCF devra prochainement affronter la concurrence européenne sur ses propres lignes, et Guillaume Pépy ne peut guère se targuer d’avoir marqué beaucoup de points dans cette progression. D’une part, les infrastructures sont vieillissantes et ont été largement sacrifiées à la construction de lignes TGV peu rentables. D’autre part, la culture du client et de la relation commerciale s’est figée durant son mandat. L’entreprise publique, largement pilotée en co-gestion avec les syndicats, s’est longtemps renfrognée dans des réflexes de grève et de rapport d’administration à administré avec ses clients.

L’arrivée de la Deutsche Bahn et des Ferrovie dello Stato italiens sur nos lignes, entreprises qui ont pour leur part soigné les relations clients, devrait rapidement mettre l’obèse SNCF en difficulté.

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