Sylvie Goulard a payé 45.000 euros pour échapper aux poursuites judiciaires

Sylvie Goulard devrait être la commissaire française de la prochaine Commission, en charge du marché intérieur. Elle aura la haute main sur les affaires de concurrence, ce qui ne semble pas de parfaite augure, si on se rappelle de l’impressionnant travail abattu par la commissaire danoise à qui elle succédera. Sa nomination était prononcée sous une épée de Damoclès: Sylvie Goulard, soutien initial de Macron et connue pour ses positions atlantistes, était mise en cause dans le dossier des emplois fictifs du MODEM au Parlement Européen, très proche du dossier du Rassemblement National. On craignait que sa nomination ne soit rapidement rattrapée par des poursuites judiciaires et… patatras… un coup de baguette magique et tout est effacé.

Finalement, Sylvie Goulard a payé 45.000 euros pour solde de tout compte, et pour obtenir l’abandon des poursuites européennes à son encontre. Selon l’Union Européenne, cette somme correspond au salaire de son attaché parlementaire durant la période où il aurait bénéficié d’un emploi fictif. Pour éviter d’être inquiétée par les services de l’Union chargés de combattre la corruption, Sylvie Goulard aura donc payé une sorte d’amende, de manière totalement opaque, sans que personne ne puisse vérifier que cette somme soit réellement équivalente aux griefs auxquels la future commissaire était exposée.

Grâce à cet arrangement en chambre, la France peut donc s’offrir le luxe de désigner une personnalité qui était suspectée par l’Union Européenne d’avoir improprement utilisé l’argent du contribuable, sans qu’aucune procédure démocratique n’ait permis de faire le point sur le dossier.

L’affaire ne manque pas d’être cocasse, si l’on songe que, de son coté, la justice française, qui a convoqué Marine Le Pen pour les mêmes faits, n’a engagé aucun acte de procédure contre celle qui fut brièvement ministre des armées, puis fut contrainte à la démission compte tenu de son dossier empoisonnant. Si, sur la scène diplomatique, Emmanuel Macron peut se targuer d’avoir écarté le danger judiciaire qui pesait sur celle qui l’a soutenu dès les premiers jours, il n’est pas sûr que le méthode redore le blason du pouvoir sur la scène intérieure, ni celui de la France sur la scène européenne.

Alors que les procédures contre le Rassemblement National vont bon train, les proches du pouvoir semblent épargnés par la justice. Bizarre. Comme c’est bizarre.

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