1 avril 2020

Le courrier des stratèges

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General Electric: soupçons de prise illégale d’intérêt

Dans le dossier General Electric, nous avions alerté il y a plusieurs semaines sur les risques pris par la filiale française en nommant à sa direction générale son directeur des affaires publiques (c’est-à-dire son lobbyiste), Hugh Bailey, qui fut en charge des restructurations au cabinet d’Emmanuel Macron au moment de la cession d’Alstom. Tardivement, on apprend qu’une enquête est ouverte… diligentée par le parquet de Paris.

Depuis plusieurs mois, de nombreux acteurs émettent des doutes sur les conditions de la cession d’Alstom à General Electric. Beaucoup considèrent que les Etats-Unis ont obtenu la cession par une diplomatie judiciaire, menaçant d’emprisonnement les dirigeants français d’Alstom. Du côté français, la situation n’est pas non plus complètement « blanc-bleu ».

On en veut pour preuve cette enquête ouverte par le parquet de Paris à l’encontre d’Hugh Bailey, directeur général de General Electric France et ancien membre du cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, au moment où la cession d’Alstom fut négociée.

L’enquête, menée par l’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLICCF), a été ouverte la semaine dernière, à la suite d’un signalement de l’ancienne ministre de l’Ecologie Delphine Batho, a précisé la source judiciaire.

Les policiers s’intéresseraient au parcours de Hugh Bailey au sein de l’administration française entre août 2014 et septembre 2016, alors qu’il faisait partie du cabinet d’Emmanuel Macron, ministre de l’Economie et des Finances à l’époque.

Contactée par Reuters, Delphine Batho explique avoir découvert, dans le cadre de son travail, que des garanties financières avaient été accordées à General Electric au premier trimestre de l’année 2016 pour le fonctionnement d’une centrale à gaz en Irak d’un coût de quelque 70 millions d’euros.

Hugh Bailey était à ce moment-là conseiller export du ministre de l’Economie et des Finances, Emmanuel Macron, a-t-elle ajouté.

Cette affaire devrait relancer les spéculations sur les conditions dans lesquelles la cession s’est opérée.

 

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