Taux négatifs de la BCE : la fronde financière s’étend et se durcit

Les taux négatifs de la BCE continuent à attirer les critiques de plus en plus virulentes des milieux financiers franco-allemands. Après les attaques menées par les banquiers centraux en activité, ce sont d’anciens banquiers centraux qui se sont fendus d’une tribune particulièrement cash sur Bloomberg. Soutenus par Jacques de Larosière, ancien gouverneur de la Banque de France, on compte parmi eux plusieurs anciens membres du directoire de la BCE. On retrouvera ici la traduction d’un paragraphe de cette tribune rédigée en anglais, à l’unisson des critiques déjà exprimées par d’autres.

Negative side effects from very low or negative central bank interest rates was an issue for quite some time. Meanwhile these effects dominate as stressed in the theory of the reversal interest rate, by which the intended effect of very low rates is reversed and becomes contractionary. The negative impact of the ultra-low interest environment extends from the banking system, through insurance companies and pension funds, to the entire financial sector. The re-distribution effects in favour of owners of real assets, create serious social tensions. The young generations consider themselves deprived of the opportunity to provide for their old age through safe interest-bearing investments. The search for yield boosts artificially the price of assets to a level that ultimately threatens to result in an abrupt market correction or even in a deep crisis.

Les effets néfastes des taux directeurs des banques centrales très bas ou négatifs étaient acceptables pendant une durée limitée. Avec le temps, ces effets deviennent majeurs, comme l’a montré la théorie du taux d’inversion, selon laquelle l’effet recherché par les taux très bas est inversé et devient contre-productif. L’impact négatif des taux ultra-bas s’étend du système bancaire aux compagnies d’assurance, aux fonds de pension, jusqu’à l’ensemble du secteur financier. Les effets de re-distribution en faveur des détenteurs d’actifs créent de sérieuses tensions sociales. Les jeunes générations se considèrent comme privées de la possibilité d’épargner pour leur vieillesse grâce à des investissements rentables. La course au rendement gonfle artificiellement le prix des actifs à un niveau qui risque de se terminer en une correction brutale des marchés, voire en une crise profonde.

On notera qu’en France, la propension à devenir propriétaire produit, sur la solidarité inter-générationnelle, un effet inverse : la baisse des taux d’intérêt facilite en apparence l’accès à la propriété. Mais pendant ce temps, le prix de l’immobilier augmente.

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