Industrie pharmaceutique : le capitalisme de connivence triomphe

Emmanuel Macron renforce-t-il discrètement le capitalisme de connivence dans l’industrie pharmaceutique ? L’élection d’Olivier Bogillot à la présidence de la Féderation Française des Industries de Santé (FEFIS) en constitue un indice fort. Salarié de Sanofi, Bogillot apparaît aujourd’hui comme un élément important pour le renforcement d’une stratégie de filière sous le contrôle d’un soutien majeur à Emmanuel Macron.

L’industrie pharmaceutique fait l’objet d’une discrète reprise en main par Sanofi. Le 1er décembre, Olivier Bogillot a pris la présidence de la Fédération Française des Industries de Santé (FEFIS). Il se trouve que, dans la vie normal, Bogillot est le directeur de cabinet du  “nettoyeur” de Sanofi, Paul Hudson. Et la presse s’est fait écho des attentes suscitées par ce cost-killer. Paul Hudson doit présenter un plan d’action le 10 décembre, qui passera sans doute par une “externalisation” de la pharmacie grand public.

Le mouvement était annoncé entre les lignes par le président de Sanofi, Serge Weinberg, proche du président de la République. Dans une interview donnée à Challenges début décembre, Weinberg  déclarait :

Je rappelle que nous n’avons pas fermé de sites en France où nous avons 35 sites, et où nous avons 25 % de nos salariés alors que notre chiffre d’affaires ne dépend de l’Hexagone que pour 6 %. Mais, même s’il y a une très grande productivité en France, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de restructuration. Mais nous le faisons toujours avec le soin d’accompagner socialement ces décisions. C’est la tradition de la maison.

La phrase a dû faire froid dans le dos des salariés. L’arrivée de Bogillot à la tête préfigure un mouvement de rotation de Sanofi, qui a probablement décidé de renforcer son lobbying auprès des pouvoirs publics et donc de contrôler l’ensemble des positions de la filière. On notera que, jusqu’ici, la présence de Sanofi semblait surtout concentrée sur le LEEM (la fédération du médicament). Son extension à la FEFIS est un signal fort sur une intention de reprendre le contrôle des opérations en France.

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