24 février 2021

1 thought on “Boycott du baccalauréat : les enseignants toujours dans leurs injonctions paradoxales

  1. Pour avoir présidé un certain nombre de jurys de bac je ne peux pas vous suivre totalement dans l’argumentation. Bien sûr, l’arbitraire de la notation strictement individuelle existe ; bien sûr, les tire-au-flanc qui se plaignent d’être débordés alors qu’ils expédient leurs copies plus vite que l’éclair aussi. Mais le malaise actuel sur le baccalauréat n’est que l’aboutissement d’une dérive bien réelle et qui s’est faite contre les enseignants, et non avec eux :

    — une succession de « réformes » allant toujours dans le sens de la superficialité et de l’abandon des fondamentaux, au profit des trucs à la mode (le « numérique », réduit à l’état de gadget, les « activités », consistant à parler d’un thème avant d’en comprendre les bases…) qui finissent par faire passer les meilleurs professeurs, ceux qui s’attachent à construire un savoir et non à saupoudrer leur classe de pseudo-savoirs, pour d’affreux réacs ;

    — les injonctions bien réelles et contraignantes de notations des copies de bac qui n’ont plus rien à voir avec le niveau réel des élèves, parce qu’il est plus important d’augmenter les chiffres de réussite (comme vous le dites) que d’augmenter réellement le niveau. Pour avoir consulté quelques dossiers scolaires de candidats « limite » afin de savoir si le jury pouvait leur octroyer quelques points de plus (justement pour pallier l’arbitraire de la notation), je peux attester que les livrets scolaires étaient systématiquement bien pires que ce que la note de baccalauréat pouvait laisser penser. Et les témoignages directs de correcteurs contraints de relever leurs notes confirment évidemment ce fait.

    Loin de moi l’idée de défendre toutes les actions ou revendications catégorielles des profs, et encore moins de leurs syndicats, mais il faut commencer par reconnaître que la situation actuelle résulte d’une lente dégradation de l’institution qu’ils n’ont pas voulue, bien au contraire, que ce soit dans l’orientation démagogique donnée aux programmes ou dans les barèmes de notation tout aussi démagogiques du baccalauréat. Le pourrissement vient d’en haut.

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