5 avril 2020

Le courrier des stratèges

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Buzyn, ou le miroir aux alouettes de la majorité marcheuse

Depuis plusieurs semaines, Agnès Buzyn est sollicitée pour entrer en campagne à Paris. Elle bénéficie d'une bonne image au sein de la majorité. Mais cette image se heurte à de nombreux ratés qui risquent de ne pas faire oublier le naufrage de l'expérience Griveaux.

Agnès Buzyn est la chouchoute des marcheurs. Mais son bilan au ministère de la Santé risque de ne pas être inoubliable. Voici quelques rappels sur ses loupés majeurs à la tête de son ministère.

Buzyn absente du dossier des retraites

Dès le début, Agnès Buzyn est demeurée absente du dossier des retraites, extrêmement technique, dans lequel cette praticienne hospitalière, spécialisée en hématologie, a évité de s’impliquer. En soi, ce calcul politique était plutôt bon, puisque Jean-Paul Delevoye, qui en était en charge, y a laissé de nombreuses plumes à sa place. 

Reste que cet absentéisme ne sera guère possible à la mairie de Paris, surtout dans un contexte désagréable comme celui de la République En Marche. 

La sourde oreille sur la crise de l’hôpital public

Parallèlement, Agnès Buzyn a semblé étrangement sourde à la grogne des praticiens hospitaliers et singulièrement à la grogne des urgences. Il lui a fallu trois mois pour recevoir les premiers protestataires. Dans ce dossier, elle a par ailleurs semblé incapable d’imposer sa volonté à des barons comme Martin Hirsch à la tête des hôpitaux de Paris. 

Là encore, ce manque de réactivité augure mal de son action locale à Paris. 

Une communication déficiente dans le dossier Lubrizol

Après l’incendie de l’usine Seveso à Rouen, la communication d’Agnès Buzyn, fondée sur un déni des évidences (comme dans l’épidémie du coronavirus), a suscité de nombreuses inquiétudes. Ce genre de faiblesse risque d’apparaître brutalement dans une fonction élective locale. 

Une propension à laisser la technostructure agir

Plus inquiétant sans doute, la réforme des hôpitaux publics, annoncée début 2019, a ressemblé à une usine à gaz bureaucratique totalement dominée par la technostructure, et sans aucune concertation avec les professionnels. Là encore, ce type d’attitude qui peut passer plus ou moins inaperçu à la tête d’un ministère dépensier pourrait jouer un vilain tour dans des missions ou des débats locaux. 

LREM n’est peut-être pas au bout de ses mauvaises surprises. 

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