25 octobre 2020

Le courrier des stratèges

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Le meilleur plan de relance désormais : une année sans impôt

Désormais, il faut un vrai plan de relance face à l’urgence extrême révélée par les indices économiques. Entre un déficit de la sécurité sociale supérieur à 50 milliards€ (et ce n’est qu’un début) et un PIB en recul de plus de 10% cette année (et là aussi ce n’est sans doute qu’un début), le gouvernement a intérêt à marquer les esprits en prenant une vraie mesure, comme l’instauration d’une année blanche fiscale. Voici pourquoi. 

Un plan de relance, un vrai, voici ce dont le pays a désormais besoin pour éviter la chute libre sur le sol économique. Et pour l’instant, les 450 milliards annoncés par le gouvernement font plutôt l’effet d’un parachute en torche, que d’un plan de relance. Voici pourquoi il serait salutaire de passer à la vitesse supérieure… en décrétant une année fiscalement blanche. 

Un plan de relance facile à comprendre

On sait qu’Emmanuel Macron a constitué une sorte de think tank de fortune avec des économistes majoritairement keynésiens (nous y reviendrons dans les prochains jours) pour trouver une parade à la crise. Selon toute vraisemblance, en sortiront les vieilles recettes qui ne marchent pas, compliquées à mettre en oeuvre et qui donneront une fois de plus aux Français le sentiment d’une noblesse byzantine qui ratiocine pendant que les troupes ottomanes sont aux portes de Constantinople. 

L’instauration d’une année blanche fiscale a, face à ce déluge de complexité, l’avantage d’être simple à comprendre par tous les Français. Et surtout, elle est extraordinairement libératrice pour toutes les entreprises qui vont faire la relance : pas d’impôt sur les sociétés, pas de cotisations sociales… pas de formulaires ineptes à remplir, pas de missions d’inspection interminables. Il suffit juste de mettre l’URSSAF et la DGFIP en chôme technique pendant un an. 

Ce sera par ailleurs l’occasion, pour tous ces planqués de la solidarité et de la crise, de découvrir les charmes d’une vie un peu plus précaire…

L’annonce d’une année blanche fiscale aurait un effet euphorisant sur la société française. De même que le confinement a permis de goûter aux plaisirs d’une vie sans salariat, l’année blanche fiscale fera découvrir aux Français le plaisir d’une vie sans impôt. La dynamisation libératoire et libératrice qui s’en suivra aura un impact révolutionnaire sur la mentalité du pays.  

Un plan de relance à 1.000 milliards €

Si l’on se souvient que les prélèvements obligatoires représentent environ 45% du PIB, c’est donc un plan à 1.000 milliards € qui serait adopté. Si on l’ampute des trois premiers mois de l’année, il s’élèverait à 750 milliards. 

Cette somme a le mérite d’activer la relance, c’est-à-dire de servir directement aux Français et à leurs entreprises pour relancer l’activité, sans supposer de nombreux intermédiaires (qui prélèvent tous leur dîme au passage, pour assurer leur propre subsistance). Elle a aussi le mérite d’être dépensée universellement, à la manière de l' »helicopter money » qui revient régulièrement sur le tapis. 

Au fond, l’année blanche fiscale est un « helicopter money » simple à comprendre et à mettre en pratique. 

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Le chômage partiel zombifie l’économie

La formule de l’année blanche fiscale a un mérite : elle évite la zombification de l’économie, c’est-à-dire le maintien en vie « sous respirateur artificiel » d’entreprises qui n’ont pas d’avenir. C’est l’immense inconvénient de la politique économique actuelle, à commencer par la politique industrielle menée par le pouvoir. On voit bien (nous y reviendrons prochainement) que Bruno Le Maire demande à Renault de maintenir pour des raisons politiques et avec l’argent du contribuable des activités sans avenir, choix qui sacrifie le développement de nouvelles activités porteuses. 

Mais le chômage partiel zombifie lui-même l’économie, dans la  mesure où il constitue désormais une drogue dont des entreprises mourantes ne peuvent se passer. Nous sommes à peu près sûr que ces entreprises disparaîtront dans l’année. 

Ne vaut-il pas mieux consacrer l’argent public à faire respirer tout le monde, plutôt qu’à étouffer ceux qui vont encore bien pour prolonger coûteusement la vie de ceux qui vont bientôt mourir ?

L’intervention de l’État finira par coûter 1.000 milliards €

Certains invoqueront l’argument « social » pour justifier ces politiques de zombification. Sauf que… au train où vont les choses, c’est au moins 1.000 milliards € que le gouvernement consacrera à la zombification de l’économie. 

Rappelons qu’à la mi-mars, Darmanin parlait d’un plan de 110 milliards € et d’un déficit de la sécurité sociale à 20 milliards (nous avions alors expliqué que ces chiffres étaient beaucoup trop optimistes). En mai, Bruno Le Maire a expliqué que la mobilisation de l’État était de 450 milliards… Nous prenons les paris que, courant octobre, la mobilisation des dépenses publiques, à travers les différentes dépenses passives ou défensives comme le chômage partiel ou le déficit de la sécurité sociale, flirtera avec les 700 ou 800 milliards €.

Quitte à consacrer la moitié du PIB ou presque à la relance, ne vaut-il pas mieux l’assumer dès maintenant et en faire une force, plutôt que de le faire à reculons et comme une défaite ?

Galvaniser les énergies pour faire face à la crise

L’intérêt de l’année blanche fiscale vient de son extrême simplicité et de son extrême lisibilité pour les Français. Elle constitue un élément de lisibilité et de confiance essentiels pour relancer l’activité. Les Français sauraient qu’ils ne paieraient ni impôts ni cotisations sociales jusqu’à la fin de l’année 2020. 

Cette mesure immédiate apporte de la stabilité et permet une révision forte des anticipations économiques. Elle soulagerait les entreprises en difficulté, sans les zombifier, puisque les entrepreneurs en sursis pourraient décider simplement d’arrêter leurs activités dans un calendrier maîtrisé. 

L’année blanche fiscale est, de notre point de vue, le plan de relance le plus efficace qui puisse être conçu aujourd’hui.