ūüéĖAttention au carnage social qui va commencer

Un terrible carnage social (et entrepreneurial) arrive √† une vitesse fulgurante. C’est le ressac caus√© par la zombification partielle de l’√©conomie que le gouvernement a organis√©e avec sa pluie artificielle de billets de 500 euros sur le pays. Les aides dispens√©es depuis plusieurs mois deviennent autant de pi√®ges pour les employeurs, qui risquent de se retrouver dans une situation pire qu’au mois de mars.¬†

Le carnage social arrive, et risque d’√™tre bien pire qu’on ne le redoutait. La faute aux aides distribu√©es depuis mars pour amadouer l’√©lecteur et calmer le climat social, qui repousser d’autant les ajustements n√©cessaires et les rendent d’autant plus douloureux.¬†

Le grand carnage social arrive

La rentr√©e n’est pas encore arriv√©e, et d√©j√† le pire s’annonce. Le mois de septembre devrait √™tre destructeur pour le pays, pi√©g√© par les aides aveugles de l’√Čtat qui ont agi comme de la morphine sur un canc√©reux : la douleur dispara√ģt, mais les m√©tastases progressent, dissimul√©es par l’apparent bien-√™tre que procure le m√©dicament.¬†

Ainsi, les pr√™ts garantis par l’√Čtat (PGE) se transforment en v√©ritable machine infernale : les entreprises qui en ont b√©n√©fici√© doivent d√©sormais le rembourser. Mais, trois mois apr√®s le d√©confinement, l’activit√© n’a pas repris comme on l’imaginait, et les entreprises n’ont gu√®re les moyens de faire face √† cette nouvelle dette.¬†

On lira ici les propos du patron de Brittany Ferries, aux abois, qui explique chiffres √† l’appui pourquoi, malgr√© un pr√™t garanti de 117 millions, un plan de licenciement collectif est in√©vitable. Avec une perte de chiffre d’affaires de 250 millions ‚ā¨, la catastrophe est in√©vitable. Et le remboursement du pr√™t impossible sans une r√©duction des cotisations sociales.¬†

Ce qui vaut pour cette grande entreprise vaut √©galement pour une myriade d’entreprises plus petites, voire tr√®s petites. Les pr√™ts ont permis de tenir quelques mois. Mais, √† l’heure du remboursement, la situation n’a gu√®re chang√©. La reprise promise n’a pas eu lieu. Et maintenant, l’heure des comptes arrive.¬†

Dire la gravité des choses

On reconna√ģtra au Parisien le courage de dire les choses que le gouvernement, avec ses r√©flexes propres √† la bourgeoisie d’√Čtat, cherche √† cacher. Ainsi, le patron d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu, a-t-il le m√©rite, dans une interview, de dire la gravit√© de la situation :

¬†“√ätre clair et transparent sur les d√©fis √† relever, les enjeux √©conomiques, les impacts sociaux et les mesures √† adopter pour en limiter l’impact. Ce qui vaudra peut-√™tre parfois de passer par des ajustements d’effectifs, pour s’adapter √† une demande en chute libre. Si je prends l’exemple d’Airbus, dont je suis administrateur, le patron Guillaume Faury tient un discours de v√©rit√© √† ses salari√©s, en expliquant comment r√©agir pour √™tre au rendez-vous d’une reprise qui arrivera √† un moment ou √† un autre.”

Traduction : les licenciements massifs sont inévitables. Mais, en dehors des patrons, personne ne le dit clairement. 

Bruno Le Maire √† c√īt√© de la plaque

De toutes parts, les chefs d’entreprise demandent au gouvernement de r√©agir par un plan de relance rapide, et surtout par des mesures fiscales ou √©conomiques comme la prorogation des pr√™ts garantis. Face √† cette urgence, on mesure brutalement toute l’inconsistance de Bruno Le Maire. Non seulement le ministre de l’√Čconomie n’a pas engag√© le bras-de-fer qu’il fallait pour emp√™cher le report du plan de relance √† la semaine prochaine, mais sa compr√©hension des probl√®mes de pr√™ts garantis semble faible.¬†

La prorogation des pr√™ts se fera √† des taux compris entre 1 et 3%, vient d’annoncer le ministre. Soit les taux du march√©. Autrement dit, le gouvernement n’a rien obtenu des banques. Les employeurs qui se sont endett√©s pour pr√©server leur activit√© en ressortent avec une dette de plus.

Comment les aides du gouvernement aggravent la crise

Plusieurs mois apr√®s la fameuse phrase du “quoi qu’il en co√Ľte” d’Emmanuel Macron, la situation des entreprises se voit donc plomb√©e par les aides du gouvernement. Celles-ci reposaient sur la conviction que la crise serait de courte dur√©e et d√©boucherait sur une reprise rapide.¬†

Comme nous l’avions indiqu√© depuis plusieurs semaines, il s’agissait bien s√Ľr d’une illusion de technocrate. La reprise n’est pas venue et l’√©conomie fran√ßaise entame un lent mouvement d’effondrement. Nous avons beaucoup r√©p√©t√©, √† cette √©poque, aux chefs d’entreprise, que le bon sens commandait de liquider son activit√© d√®s la crise, au lieu d’attendre que les pertes et les dettes se creusent.¬†

La suite des √©v√©nements nous donne malheureusement raison. Ceux qui ont h√©sit√© √† arr√™ter leur activit√© l’ont reprise en perdant de l’argent… et en comptabilisant de nouvelles dettes, sans espoir de “recovery” rapide. C’est l’effet de zombification de l’√©conomie propre √† l’intervention de l’√Čtat : on maintien artificiellement en vie des entreprises qui accumule les pertes, au lieu d’allouer les moyens publics au service des activit√©s d’avenir.¬†

Des baisses d’imp√īts qui profiteront aux grandes entreprises

Parall√®lement, le gouvernement annonce son intention de maintenir les baisses d’imp√īts sur la production pour les entreprises. Mais comme l’a soulign√© le nouveau pr√©sident de l’U2P, cette mesure profitera essentiellement aux grandes entreprises et sera sans effet notable sur les plus petites d’entre elles. Une fois de plus, donc, Bercy servira la soupe aux plus grands acteurs de l’√©conomie, et passera les plus petits √† la trappe.¬†

C’est pourtant eux qui souffriront le plus au moment de rembourser les pr√™ts garantis… s’ils sont encore en place √† ce moment-l√†.¬†

Dans tous les cas, la rentr√©e devrait donner lieu √† ces plans de licenciement dans les grandes entreprises, et √† un v√©ritable passage des plus petites √† l’eau de Javel. Le d√©crochage √©conomique de la France sera durable.¬†

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1 commentaire
  1. Les fran√ßais ont choisi en 2017 le Mozart de l’√©conomie, le Petit Prince de l’union europ√©enne, comme le leur ont ass√©n√© les m√©dias. He bien dans deux ans, ceux qui sont encore debout, pourront changer leur vote. Patience les gars, fallait pas croire au P√®re No√ęl en 2017

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