Le capitalisme financier refait des siennes… et c’est angoissant

Le capitalisme financier refait des siennes… et c’est angoissant


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Le capitalisme financier est décidément incorrigible. L’automne qui s’annonce devrait être riche en éclatements de bulles et en contagions toxiques qui  pourraient bien mal tourner. Dès cette rentrée, nous disposons de deux superbes exemples, dont l’un que nous allons plus en détails aujourd’hui, et un autre que nous analyserons plus en profondeur jeudi. Dans tous les cas, la saison de tous les dangers a commencé.

Le capitalisme financier nous prépare-t-il l’une de ces explosions dont il a le secret, l’un de ces moments désagréables où tout s’effondre, et où l’on se rend compte que des financiers arrogants, en col blanc et en cravate de soie, ont, depuis Megève, Gstaad ou Aspen, passé des ordres d’achat ou de vente totalement délirants et suicidaires avec de petits airs de supériorité ? Un certain nombre d’éléments dans l’actualité le laissent à penser, et ce n’est ps très réjouissant.

Le retour des actifs toxiques ?

Le consensus des analystes, y compris les membres du conseil des gouverneurs de la BCE, penchent en faveur d’une crise bancaire majeure à l’automne. Prenez garde…

Actifs toxiques : THE come back

On n’en parlait plus depuis longtemps, et voici qu’ils refont surface : les actifs toxiques. Traduction : tous ces placements des banques dans des titres qui ne valent pas un clou mais dont on attendait monts et merveilles. Un grand bravo à tous les renards qui sont parvenus à les refourguer à leurs bons potes des banques et qui ont fait une belle plus-value au passage. C’est une manifestation d’intelligence qui vaut la peine d’être saluée.

Dans tous les cas, la crise du coronavirus rend ces actifs toxiques particulièrement redoutables. La vraie contagion est là, et elle est bien plus dangereuse et destructrice que le virus.

L’affaire Soft Bank, nouvelle bombe à retardement ?

Nous avons déjà évoqué plusieurs fois l’affaire Soft Bank dans nos colonnes, notamment parce que cette entité financière japonaise a beaucoup soutenu We Work, qui a pris beaucoup de risques dans l’immobilier de bureaux. 

Soft Bank était initialement, comme son nom l’indique, une banque qui a progressivement mué en fonds d’investissement. Celui-ci a pris des positions risquées (nous y reviendrons jeudi) sur des « techs » américaines et se trouve aujourd’hui assise sur une bombe à retardement Explosera-t-elle ? Si cette explosion devait survenir, il est très probable que la « bulle Internet » exploserait avec elle. Ce qui ne serait pas sans conséquence sur des entités comme Apple ou Tesla. 

On retrouve ici la question problématique du comportement moutonnier des marchés financiers… et des bulles spéculatives qui emportent tout sur leur passage.  

L’affaire H2O en France, une autre bombe à retardement

Nous évoquons par ailleurs une autre bombe à retardement, française cette fois,  qui pourrait bien exploser rapidement. Il s’agit de l’affaire H2O qui, pour résumer, implique des financiers français installés à Londres en 2010, qui se sont proposés d’intervenir sur le marché français du placement en investissant dans des actifs risqués, devenus peu à peu toxiques, très toxiques…

La banque française imprudente dans ce dossier n’est autre qu’une banque de l’économie sociale et solidaire, Natixis, officiellement pleine de valeurs non capitalistes et conduite par ce que l’énarchie compte de meilleur. Manifestement, tout cela ne lui a guère réussi.

Natixis dans le viseur

Née des amours de deux banques de l’économie sociale et solidaire, les Caisses d’Épargne et les Banques Populaires, Natixis avait défrayé la chronique sur les conditions de nomination de son « gourou » initial, Georges Pérol. Désormais, ce sont les investissements d’un bras droit de Pérol, François Riahi, dans H2O qui sont au coeur des remous dans le landerneau financier. Dans tous les cas, le titre Natixis a sévèrement souffert des inquiétudes nées des relations entre la banque française et H2O. 

Vers un éclatement des bulles ?

La question qui se pose désormais est de savoir si les bourses vont être emportées par une crise des actifs toxiques, et par l’éclatement de la bulle Internet. Suivez nos papiers sur le sujet

Le retour des mauvaises pratiques

Rien n’exclut donc que, à la faveur de l’automne, on ne voie revenir les mauvaises pratiques financières dans toute leur splendeur. Comme nous l’avons indiqué plusieurs fois, le dévissage boursier de mars a été colmaté vaille-que-vaille au printemps, mais risque de revenir après le 30 septembre. Soyez sur vos gardes !


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