🎖Une reprise économique plus forte que prévue ? les vrais chiffres sont ici

Pour stimuler la confiance, Bruno Le Maire et les pouvoirs publics, dont la Banque de France, annoncent une reprise économique à l’automne plus forte que prévue. La réalité des chiffres ne doit pourtant pas faire illusion. L’activité en août 2020 reste très inférieure à ce qu’elle était l’année précédente… qui était déjà une mauvaise année. 

Ces chiffres fournis par Eurostat montrent clairement l’évolution de la production manufacturière, très loin des cimes suggérées par Bercy ou par les pouvoirs publics. En glissement annuel (c’est-à-dire en comparaison de mois d’août 2019), l’industrie en Europe produit en 8 et 12% de moins qu’il y a un an. Il est vrai que ces chiffres sont meilleurs qu’en avril 2020, où l’effondrement a été dramatique (près de 50% en Italie). Mais nous sommes encore très loin d’un retour à la normale. 

Non, l’économie mondiale n’était pas au beau fixe avant le confinement

Le graphique que nous publions souligne les difficultés systémiques de l’économie mondiale avant le confinement…

La situation de 2019 était déjà mauvaise

Rappelons que ces comparaisons par rapport à 2019 oublient toutes de préciser que la récession était déjà à nos portes fin 2019. Comme le montre le graphique d’Eurostat, la production manufacturière allemande, en décembre 2019, était déjà au plus mal. Elle accusait un retard de plus de 5% par rapport à l’année précédente. 

Le mythe d’une situation économique très favorable avant le confinement, et d’un retour rapide à la croissance ne doit donc pas faire oublier que la crise du coronavirus est survenue dans un contexte économique défavorable, particulièrement en Allemagne, qui était en quasi-récession en mars. 

Le gouvernement, en France, dans son souci de conserver un lamento mièvre pour endormir les Français, n’a jamais voulu tenir un discours de vérité sur ces sujets. Il en paie le prix aujourd’hui : peu de Français ont compris que le coronavirus a aggravé une crise latente, et non qu’il est une crise venue de nulle part dans une mer d’huile.  

Pessimisme de la Banque de France

Contrairement aux titres de presse relayés un peu partout (nous donnons l’exemple des Échos ci-dessous), la Banque de France est très loin de distiller l’optimisme économique qu’on lui prête. En particulier, le taux de chômage monterait rapidement à 11%, et l’impact du plan de relance à 100 milliards reste soumis à de nombreuses incertitudes. 

Dans cet ensemble, le plongeon du tourisme et de l’aéronautique, deux “spécialités françaises, nourrit des inquiétudes fortes sur la solidité et la durée de la reprise. Ces petites précautions prises par la Banque sont visiblement apparues comme purement oratoires dans la presse mainstream, qui s’engouffre dans l’utopie généralisée. 

La BdF prévient néanmoins que ses prévisions sont marquées par d’importants aléas, avec au premier rang l’évolution de la situation sanitaire en France et dans le monde. “L’environnement international est aussi l’objet de nombreux aléas, avec notamment un risque de ‘no deal Brexit’,” pointe la banque centrale. Le plan de relance national de 100 milliards d’euros présenté au début du mois par le gouvernement est de nature à soutenir l’activité “mais avec une ampleur et un horizon qui restent à évaluer”, indique la BdF. Par ailleurs, le plongeon des exportations dans les secteurs comme le tourisme et l’aéronautique pourrait peser encore plus durablement sur l’activité, prévient la banque centrale.

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