25 novembre 2020

Le courrier des stratèges

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Remdesivir : chronique d’une escroquerie annoncée ?

L’OMS vient de déconseiller officiellement l’utilisation du Remdesivir, déployé par le laboratoire Gilead depuis plusieurs semaines, et bénéficiant d’une autorisation temporaire accordée très tôt cet été par l’Union Européenne, et par l’Agence de Sécurité du Médicament en France. Pire, l’Union Européenne a acquis des doses de ce médicament coûteux, et dangereux, à grands frais. Mais pourquoi tant de hâte sur un médicament qui posait de nombreuses questions dès ses premiers tests, alors que les pouvoirs publics français ont tout fait pour ralentir le recours à d’autres molécules, dont la désormais célèbre hydroxychloroquine ? La possibilité d’une escroquerie ou d’une corruption de la décision médicale en France s’agrandit chaque jour. 

L’OMS avait déjà dit, à la mi-octobre, beaucoup de mal du Remdesivir. Elle vient de durcir le trait en déconseillant son utilisation. L’agence de l’ONU met en cause les effets secondaires néfastes de ce médicament, dont on trouvera le détail bien connu depuis plusieurs semaines (en anglais) sur un site américain spécialisé

En réalité, rien de tout cela n’est nouveau. Toute la question est de savoir pourquoi les pouvoirs publics européens et français continuent à autoriser l’usage de cette molécule toxique, en interdisant les autres… Y aurait-il un favoritisme manifeste dans les décisions sanitaires sur le Vieux Continent ?

Les effets secondaires du Remdesivir sont bien connus

Depuis plusieurs semaines, et même depuis plusieurs mois, la communauté scientifique mondiale sait à peu près tout de la dangerosité du Remdesivir appliqué au coronavirus, maladie sur laquelle il n’a par ailleurs aucun effet. Dès la fin mars 2020 (ce n’est donc vraiment pas nouveau), la presse américaine alertait sur les effets néfastes de ce médicament. Vomissements, nausées, mais surtout augmentation dangereuse des enzymes hépatiques, pouvant causer des dommages irréparables au foie, étaient signalés. 

Ces effets dangereux étaient répétés dans de nombreuses publications scientifiques

Bien avant l’autorisation de mise sur le marché en France, il était donc impossible d’ignorer que le Remdesivir comportait des effets secondaires au moins aussi préoccupants que l’hydroxychloroquine. Mais le gouvernement a tout fait pour torpiller l’hydroxychloroquine et a autorisé le remdesivir. Pourquoi ?

L’Union Européenne a acheté une quantité massive de Remdesivir

Fin juillet, pourtant, la Commission Européenne (et sa commissaire grecque à la Santé) annonçait triomphalement avoir sécurisé un approvisionnement du marché européen avec du Remdesivir, notamment en accordant à cette molécule une autorisation temporaire de mise sur le marché. Le 9 octobre, l’Union Européenne s’est engagée à acheter 500.000 doses de ce médicament dangereux. Elle en avait déjà commandé 30.000 le 28 juillet, pour une somme de 63 millions €.

Il sera intéressant de savoir combien le contribuable européen a mis d’argent dans cette opération. D’un point de vue sanitaire, rien en tout cas ne peut l’expliquer. Rappelons que l’achat de 500.000 doses par l’Union début octobre est intervenu alors même que l’OMS soulignait que le Remdesivir n’avait aucune efficacité prouvée contre le COVID, et que les effets secondaires toxiques du médicament étaient parfaitement connus. 

Ces décisions puent à plein nez le conflit d’intérêt.

La France autorise le Remdesivir dès cet été

Avant même que l’Union Européenne n’autorise temporairement le Remdesivir sur le marché européen, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament lui avait accordé une autorisation temporaire d’utilisation. On retrouvera dans la vidéo ci-dessus les interrogations de maître Di Vizio, avocat de Didier Raoult, sur les conditions d’octroi de cette autorisation. Elle pose un sérieux problème : si les affirmations de Didier Raoult sont justes, cette décision d’autoriser le Remdesivir a été prise par l’ANSM malgré l’avis négatif du collège scientifique qui devait instruire le dossier. Elle serait le fait plus ou moins personnel du directeur général, Dominique Martin. 

Ce point très sulfureux reste à prouver et à étayer, mais assez curieusement, les attaques frontales de Didier Raoult sur les anomalies dans la décision sur cette affaire n’ont fait l’objet d’aucune attaque en diffamation de la part de l’ANSM. Pourquoi ?

Il en va pourtant de la confiance du public vis-à-vis des autorités sanitaires. 

L’assurance-maladie a jugé le Remdesivir inefficace

Alors que l’ANSM a autorisé le Remdesivir dans une précipitation qui intrigue et malgré les réserves connues vis-à-vis de ce médicament, l’assurance-maladie a très tôt fait part de son intention de ne pas rembourser un médicament dont l’inefficacité était connue dès cet été. Sur ce point, à la mi-septembre, la commission de la transparence de la Haute Autorité de Santé a décidé de rendre public son avis sur le sujet. Cet avis répond clairement à la question de l’utilité du médicament : « Pas de progrès, en l’état actuel des données ».

Face au risque de se voir opposer un refus officiel de remboursement de ce médicament inefficace, Gilead a décidé de retirer sa demande auprès de l’assurance-maladie. On y verra un aveu par le laboratoire américain sur l’inefficacité de sa molécule, et sur sa volonté d’en rester aux négociations très politiques avec quelques instances décisionnaires où la médecine et la thérapeutique sont éclipsés par d’autres considérations. 

Il nous reste à savoir lesquelles. 

L’étrange immobilisme du docteur Véran

Dans toute cette affaire, une question taraude et met mal à l’aise. On se souvient que le docteur Véran, devenu ministre de la Santé, s’est empressé d’encadrer autant qu’il le pouvait l’usage médical de l’hydroxychloroquine, ne ménageant pas ses critiques, au passage, contre le docteur Raoult. Quelques heures seulement s’étaient écoulées entre les réserves de l’OMS sur la molécule et la publication d’un décret proscrivant son utilisation. 

S’agissant du Remdesivir, ce ne sont pas quelques heures qui s’écoulent, mais des jours, des semaines entières, entre les avis déconseillant cet usage… et l’inaction du gouvernement qui maintient à cette molécule dangereuse son autorisation temporaire d’utilisation délivrée de façon très solitaire par le directeur général de l’ANSM.

Mais pourquoi une telle disparité de traitement ? Pourquoi un tel avantage accordé à un laboratoire américain ?

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