Maffesoli : une société en pleine décadence

Michel Maffesoli nous livre un texte direct et panoramique sur la décadence de notre société que suscitent nos élites. A force d'être obsédées par la morale et par une étiquette de cour, ces élites se sont détournées de flux du vivant et entretiennent une vision artificielle de la société dont le seul destin est de disparaître.

Michel Maffesoli

Professeur émérite à la Sorbonne

S’accorder au cycle même du monde, voilà ce qui est la profonde sagesse des sociétés équilibrées. Tout comme, d’ailleurs, de tout un chacun. C’est cela même qui fonde le sens de la mesure. Le « bon sens » qui, selon Descartes, est la chose du monde la mieux partagée. Bon sens qui semble perdu de nos jours. Tout simplement parce que l’opinion publiée est totalement déconnectée de l’opinion publique.

Mais pour un temps, sera-t-il long ? cette déconnection est quelque peu masquée. C’est la conséquence d’une structure anthropologique fort ancienne : la stratégie de la peur.

La stratégie de la peur pour se maintenir au pouvoir

D’antique mémoire, c’est en menaçant des supplices éternels de l’enfer que le pouvoir clérical s’est imposé tout au long du Moyen-Âge. Le protestantisme a, par après, fait reposer « l’esprit du capitalisme » (Max Weber) sur la théologie de la « prédestination ». Vérifier le choix de dieu : être élu ou damné aboutit à consacrer la « valeur travail ». L’économie du salut aboutit ainsi à l’économie stricto sensu !

Dans la décadence en cours des valeurs modernes, dont celle du travail et d’une conception simplement quantitativiste de la vie, c’est en surjouant la peur de la maladie que l’oligarchie médiatico-politique entend se maintenir au pouvoir. La peur de la pandémie aboutissant à une psycho-pandémie d’inquiétante allure.

Comme ceux étant censés gérer l’Enfer ou le Salut, la mise en place d’un « Haut commissariat au Bonheur » n’a, de fait, pour seul but que l’asservissement du peuple. C’est cela la « violence totalitaire » du pouvoir : la protection demande la soumission ; la santé de l’âme ou du corps n’étant dès lors qu’un simple prétexte.

Le spectre eugéniste, l’aseptie de la société, le risque zéro sont des bons moyens pour empêcher de risquer sa vie. C’est-à-dire tout simplement de vivre ! Mais vivre, n’est-ce pas accepter la finitude ? Voilà bien ce que ne veulent pas admettre ceux qui sont atteints par le « virus du bien ». Pour utiliser une judicieuse métaphore de Nietzsche, leur « moraline » est dès lors on ne peut plus dangereuse pour la vie sociale, pour la vie tout court !

La morale comme instrument de domination

Étant entendu, mais cela on le savait de longue date, que la morale est de pure forme. C’est un instrument de domination. Quelques faits divers contemporains, animant le Landernau germanopratin montrent, à loisir que tout comme le disait le vieux Marx, à propos de la bourgeoisie, l’oligarchie « n’a pas de morale, elle se sert de la morale ».

Le moralisme fonctionne toujours selon une logique du « devoir-être », ce que doivent être le monde, la société, l’individu et non selon ce que ces entités sont en réalité, dans leur vie quotidienne. C’est cela même qui fait que dans les « nuées » qui sont les leurs, les élites déphasées ne savent pas, ne veulent pas voir l’aspect archétypal de la finitude humaine. Finitude que les sociétés équilibrées ont su gérer.

C’est cela le « cycle du monde ». Mors et vita ! Le cycle même de la nature : si le grain ne meurt… Qu’est-ce à dire, sinon que la beauté du monde naît, justement, de l’humus ; du fumier sur lequel poussent les plus belles fleurs. Régle universelle faisant de la souffrance et de la mort des gages d’avenir.

En bref, les pensées et les actions de la vie vivante sont celles sachant intégrer la finitude consubstantielle à l’humaine nature. À la nature tout court, mais cela nous oblige à admettre qu’à l’opposé d’une histoire « progressiste » dépassant, dialectiquement, le mal, la dysfonction et pourquoi pas la mort, il faut s’accommoder d’un destin autrement tragique, où l’aléa, l’aventure le risque occupent une place de choix.

Pour une philosophie progressive

Et au-delà du rationalisme progressiste, c’est bien de cette philosophie progressive dont est pétrie la sagesse populaire. Sagesse que la stratégie de la peur du microcosme ne cesse de s’employer à dénier. Et ce en mettant en œuvre ce que Bergson nommait « l’intelligence corrompue », c’est-à-dire purement et simplement rationaliste.

Ainsi le funambulisme du microcosme s’emploie-t-il pour perdurer à créer une masse infimie de zombies. Des morts-vivants, perdant, peu à peu, le goût doux et âcre à la fois de l’existence . Par la mascarade généralisée, le fait de se percevoir comme un fantôme devient réel. Dès lors, c’est le réel qui, à son tour, devient fantomatique.

Monde fantomatique que l’on va s’employer à analyser d’une manière non moins fantomatique. Ainsi, à défaut de savoir « déchiffrer » le sens profond d’une époque, la modernité, qui s’achève, et à défaut de comprendre la postmodernité en gestation, l’on compose des discours on ne peut plus frivoles. Frivolités farcies de chiffres anodins  et abstraits

Il est, à cet égard, frappant de voir fleurir une quantophrénie ayant l’indubitabilité de la Vérité ! Carl Schmidt ou Karl Löwith ont, chacun à leur manière, rappelé que les concepts dont se servent les analyses politiques ne sont que des concepts théologiques sécularisés.

La dogmatique théologique propre à la gestion de l’Enfer ou la dogmatique progressiste théorisant la « valeur travail » s’inversent en « scientisme » prétendant dire ce qu’est la vérité d’une crise civilisationnelle réduite en crise sanitaire. « Scientisme » car le culte de la science est omniprésent dans les divers discours propres à la bien-pensance.

Cet étrange culte de la science

Il est frappant d’observer que les mots ou expressions, science, scientifique, comité scientifique, faire confiance à la Science et autres de la même eau sont comme autant de sésames ouvrant au savoir universel. La Science est la formule magique par laquelle les pouvoirs bureaucratiques et médiatiques sont garants de l’organisation positive de l’ordre social. Il n’est jusqu’aux réseaux sociaux, Facebook, Tweeter, Lindkedin, qui censurent les internautes qui « ne respectent pas les règles scientifiques », c’est-à-dire qui ont une interprétation différente de la réalité. Doute et originalité qui sont les racines de tout « progrès » scientifique !

Oubliant, comme l’avait bien montré Gaston Bachelard que les paradoxes d’aujourd’hui deviennent les paradigmes de demain, ce qui est le propre d’une science authentique alliant l’intuition et l’argumentation, le sensible et la raison, le microcosme se contente d’un « décor » scientiste propre à l’affairement désordonné qui est le sien.

Démocrates, peut-être, mais démophiles, certainement pas

Politiques, journalistes, experts pérorant jusqu’à plus soif sont en effet, à leur « affaire » : instruire et diriger le peuple, fût-ce contre le peuple lui-même. Tant il est vrai que les démocrates auto-proclamés sont très peu démophiles. Au nom de ce qu’ils nomment la Science, ils vont taxer de populistes, rassuristes voire de complotistes tous ceux qui n’adhèrent pas à leurs lieux communs.

On peut d’ailleurs leur retourner le compliment. Il suffit d’entendre, pour ceux qui en ont encore le courage, leur lancinante loggorhée, pour se demander si ce ne sont pas eux, les chasseurs de fake news, qui sont les protagonistes essentiels d’une authentique « complosphère »[1]. Très précisément parce qu’ils se contentent de mettre le monde en spectacle.

Pour reprendre le mot de Platon, décrivant la dégénérescence de la démocratie, la « Théâtrocratie » est leur lot commun. Politique spectacle des divers politiciens, simulacre intellectuel des experts de pacotille et innombrables banalités des journalistes servant la soupe aux premiers, tels sont les éléments majeurs constituant le tintamarre propre à ce que l’on peut nommer la médiocrité de la médiacratie.

Face à l’inquisition de l’infosphère

J’ai qualifié ce tintamarre « d’infosphère ». Nouvelle inquisition, celle d’une élite déphasée regardant « de travers » tout à la fois le peuple malséant et tous ceux n’adhérant pas au catéchisme de la bienpensance. « Regarder de travers », c’est considérer ceux et ce que l’on regarde en coin comme étant particulièrement dangereux. Et, en effet, le peuple est dangereux. Ils ne sont pas moins dangereux tous ceux n’arrivant pas à prendre au sérieux la farce sanitaire mise en scène par les théâtrocrates au pouvoir.

Il faudrait la plume d’un Molière pour décrire, avec finesse, leurs arrogantes tartufferies. Leur pharisianisme visant à conforter la peur, peut aller jusqu’à susciter la délation, la dénonciation de ceux ne respectant pas la mise à distance de l’autre, ou de ceux refusant de participer au bal masqué dominant. Leur jésuitisme peut également favoriser la conspiration du silence vis-à-vis du mécréant. (celui qui met en doute La Science). Et parfois même aller jusqu’à leur éviction pure et simple des réseaux sociaux.

Dans tous ces cas, il s’agit bien de la reviviscence inquisitoriale. La mise à l’Index : Index librorum prohibitorum. Délation et interdiction selon l’habituelle manière de l’inquisition : au moyen de procédures secrètes. L’entre-soi est l’élément déterminant de la tartufferie médiatico-politique. L’omerta mafieuse : loi du silence, faux témoignages, informations tronquées, demi-vérités, sournoiseries etc. Voilà bien le modus operandi de la fourberie en cours. Et tout un chacun peut compléter la liste de ces parades théâtrales.

Voilà les caractéristiques essentielles de « l’infosphère », véritable complosphère dominante. Mafia, selon la définition que j’ai proposée des élites, rassemblant « ceux qui ont le pouvoir de dire et de faire ». Puis-je ici rappeler,  à nouveau,  une rude expression de Joseph de Maistre pour décrire ceux qui sont abstraits de la vie réelle : « la canaille mondaine ».

Peut-être faudrait-il même dire « demi-mondaine ». Ce qui désigne, selon Alexandre Dumas, une « cocotte » richement entretenue et se manifestant bruyamment dans la sphère médiatique, le théâtre et la vie publique ou politique. Demi-monde on ne peut plus nébuleux dont les principales actions sont de déformer la réalité afin de la faire rentrer en congruence avec leur propre discours. Demi-mondaines entretenues par l’État ou les puissances financières de la démocratie afin de faire perdurer un état de choses désuet et rétrograde.

Mais cette déformation de la réalité a, peu à peu, contaminé l’espace public.

C’est cela le cœur battant du complotisme de « l’infosphère » : entretenir « mondainement » la peur de l’enfer contemporain. Anxiété, restriction des libertés acceptée, couardise, angoisse diffuse et tout à l’avenant au nom du « tout sanitaire ». Forme contemporaine du « tout à l’égoût » !

Une vraie psycho-pandémie

Sans nier la réalité et l’importance du virus stricto sensu, sans négliger le fait qu’il ait pu provoquer un nombre non négligeable de décès, ce qui n’est pas de ma compétence, il faut noter que le « virus » s’est introduit de manière essentielle dans nos têtes. Ce qui devrait nous conduite à parler d’une « psycho-pandémie » suscitée et entretenue par l’oligarchie médiatico-politique.

Psycho-pandémie comme étant la conséquence logique de ce que Heidegger nomme la « pensée calculante » qui, obnubilée par le chiffre et le quantitatif et fascinée par une  logique abstraite du « devoir être », oublie la longue rumination de la « pensée méditante » qui, elle, sait s’accorder, tant bien que mal à la nécessité de la finitude.

Voilà ce qui, pour l’immédiat suscite une sorte d’auto-anéantissement ou d’auto-aliénation conduisant à ce que ce bel esprit qu’était La Boétie nommait la « servitude volontaire ». Ce qui est, sur la longue durée des histoires humaines, un phénomène récurrent. Cause et effet de la stratégie de la peur qui est l’instrument privilégié de tout pouvoir, quel qu’il soit.

Stratégie de la peur qui, au-delà ou en-deçà de l’idéal communautaire sur lequel se fonde tout être ensemble, aboutit, immanquablement à une grégaire solitude aux conséquences on ne peut plus dramatique : violence perverse, décadence des valeurs culturelles, perte du sens commun et diverses dépressions collectives et individuelles. L’actualité n’est pas avare d’exemples illustrant une telle auto-aliénation !

Il est deux expressions qui devraient nourrir la pensée méditante, ce que Durkheim nomme le « conformisme  logique », ou ce que Gabriel Tarde analyse dans « les lois de l’imitation ». Des insanités déversées d’une manière lancinante, dans la presse écrite, radiophonique ou télévisuelle par l’oligarchie, au spectacle du bal masqué que nous offre la réalité quotidienne, on voit comment la stratégie de la peur induite par l’inquisition contemporaine aboutit à un état d’esprit tout à fait délétère, et on ne peut plus dangereux pour toute vie sociale équilibrée.

Cette grégaire solitude est particulièrement angoissante pour les jeunes générations auxquelles est déniée tout apprentissage vital. Et c’est pour protéger des générations en fin de vie que l’on sacrifie une jeunesse qui est, ne l’oublions pas, la garante de la société à venir.

De diverses manières de bons esprits ont rappelé qu’une société prête à sacrifier la liberté, la joie de vivre, l’élan vital en échange de sécurité et de tranquillité ne mérite ni les uns, ni les autres. Et, in fine, elle perd le tout. N’est-ce point cela qui menace, actuellement, la vie sociale en son ensemble ?

De la raison sensible

Mais une fois le diagnostic fait, il est nécessaire de formuler un pronostic pertinent. Ainsi, en accord avec le réalisme que l’on doit à Aristote ou à Saint Thomas d’Aquin, il faut savoir mettre en oeuvre un chemin de pensée alliant les sens et l’esprit. Ce que j’ai nommé la « raison sensible ».

Voilà qui peut mettre à bas les châteaux de cartes du rationalisme étroit dans lequel les concepts abstraits servent de pseudo-arguments. Le bon sens et la droite raison réunis peuvent permettre de mettre un terme au brouhaha des mots creux. C’est bien d’ailleurs ce qui est en train de se passer sur les réseaux sociaux dans lesquels grâce aux tweets, forums de discussion, échanges sur Facebook, sites et blogs de résistance divers et presse en ligne est en train de s’élaborer une manière de penser et d’agir différente. Il faut être attentif à la société officieuse en gestation, totalement étrangère à la société officielle propre à l’oligarchie médiatico-politique.

Il est une heureuse expression que l’on doit à l’universitaire et homme politique Pierre-Paul Royer-Collard (1763 – 1845) qu’il est utile de rappeler de nos jours. C’est ainsi qu’il oppose « le pays légal au pays réel ». Par après cette opposition a été reprise, diversement, par Auguste Comte ou Charles Maurras. Mais elle a l’heur de nous rappeler que parfois, il existe un divorce flagrant qui oppose la puissance populaire, puissance instituante, au pouvoir officiel et institué. C’est ce qui permet de saisir la lumière intérieure du bon sens populaire. C’est ce qui permet de comprendre qu’au-delà de la décomposition d’une société peut exister une renaissance. C’est cette métamorphose qui est en cours. Et au-delà de la soumission induite par la protection, c’est dans le « pays réel » que se préparent les soulèvements fondateurs d’une autre manière d ‘être ensemble.

Ainsi de la révolte des « gilets jaunes » à la résistance, multiforme, à la mascarade, à la distanciation, voire aux vaccins, c’est une métamorphose sociétale qui se prépare. Le « monde d’après » est déjà là. Métamorphose qui bien évidemment à ce que Vilfredo Pareto nommait, avec pertinence, la « circulation des élites ». 

La faillite des élites est déjà là

Une telle circulation est inéluctable. La faillite des élites est, maintenant, chose acquise. La forte abstention aux diverses élections, la désaffection vis-à-vis des organes de presse, émissions de télévision ou radio en portent témoignage. Ce que l’on peut appeler « des bulletins paroissiaux » n’intéresse que des affidés, des petites sectes médiatico-politiques se partageant le pouvoir.

Or le propre des « sectaires » est, en général, d’être totalement aveugles vis-à-vis de ce qui échappe à leur dogmatique. C’est ainsi que tout en considérant cela comme dangereux, ils sont incapables de repérer et de comprendre ces indices hautement significatifs que sont les rassemblements festifs se multipliant un peu partout. Il en est de même des multiples transgressions aux divers « confinements » et autres « couvre-feu » promulgués par l’appareil technico-bureaucratique. Et l’on pourrait multiplier à loisir des exemples en ce sens.

Lorsque dans les années 70, je soulignais que la vraie violence, la « violence totalitaire » était celle d’une « bureaucratie céleste » voulant aseptiser la vie sociale et ce en promulguant la nécessité du risque zéro, je rappelais qu’à côté d’une soumission apparente existaient une multiplicité de pratiques rusées. Expression d’une duplicité structurelle : être tout à la fois double et duple.

Il s’agit là d’un quant à soi populaire assurant, sur la longue durée, la survie de l’espèce et le maintien de tout être ensemble. C’est bien un tel « quant à soi » auquel l’on rend attentif tout au long de ces pages. Il témoigne d’une insurrection larvée dont la tradition donne de nombreux exemples et qui ponctue régulièrement l’histoire humaine.

Duplicité anthropologique de ce bon sens dont Descartes a bien montré l’importance. Duplicité qui à l’image de ce qu’il disait : « larvatus prodeo », l’on s’avance masqué dans le théâtre du monde. Mais il s’agit là d’un masque provisoire qui sera, plus ou moins brutalement, ôté lorsque le temps s’y prêtera. Et ce en fonction du vitalisme populaire qui sait, de savoir incorporé, quand il convient de se soulever. Et ce avant que le bal masqué ne s’achève en danse macabre !

[1] Je renvoie ici à la lucide et sereine analyse de Raphaël Josset, Complosphère. L’esprit conspirationniste à l’ère des réseaux, Lemieux éditeurs, 2015

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9 Commentaires

  1. la morale , mais quelle morale ?? il n’y en a plus aucune : on découvre qu’une personne a pu s’adonner à l’inceste tranquillement : où est la morale ????
    Sans même mettre le personne en prison, on aurait pu la soigner, l’aider pour qu’elle ne commette pas ce drame !!!

  2. Merci. J’adhère au pronostic, optimiste dans cette période désespérante, le bon sens populaire, la raison sensible, la renaissance, la métamorphose en cours. Oui le masque est provisoire. Le retirer demande temps et effort pour briser le cercle vicieux : le « refus à la soumission » sera montré du doigt comme « refus du bien commun – refus du collectif – égoïsme amoral… » par le maintien de l’ordre (moral). Nous avons toujours avancé sur un chemin escarpé entre l’abime du néant et les horizons de la pensée « alliant les sens et l’esprit ». Il nous faut continuer. Merci M. Maffesoli.

  3. Merci pour ce travail
    Pleinement en accord avec cette analyse des temps actuels
    Pour libérer ce processus d emprise sur la Vie, le peuple doit retrouver la source de son état et ne plus se comporter en foule
    L être humain a t il encore la capacité d accéder à son principe vital voire son essence est elle toujours effective ?
    Puisse t il si elle est encore frémissante, se transfigurer en la ibérant en l affirmant et ainsi éviter sa combustion totale ce qui l amènerait à une perte d identité individuelle au service d une foule sans âme et d un microcosme se chargeant de son contenant et de son contenu .
    Bien sûr au détriment de l essentialite de chacun et de la liberté d action de pensée d »Être dans toutes ses acceptions
    Soyons confiant
    Le. Frémissement est là

  4. Très réconfortante la lecture de ce texte et tellement proche de cette intuition populaire qui dit « non le monde et l’humanité ne sont pas ceux qui sont montrés,
    merci infiniment.

  5. Il s’agit tout à fait d’une stratégie et pour l’instant elle gagne, triomphe. 2021 sera 2020 en pire. Je crains l’horreur en 2022. Comme le dit Florian Philippot chez Charles Gave (chaîne Youtube IDL, Institut des libertés), en face il n’y a personne, le désert de Gobi. Winners Take All. Les perdants perdent leur chemise et leurs droits d’expression. Les gagnants gagnent une position inexpugnable de domination. On mesure ces jours ci leur capacité terrifiante à écraser et réduire au silence. De fait la majorité de ce qui reste de société civile s’écrase et fait carpette. Nous sommes en 1940. Les puissances de l’Axe ont vaincu. La route sera longue pour redresser la tête. Première étape trouver des alliés. Trump d’un côté, Génération Identitaire de l’autre. Le Professeur Raoult est notre Angleterre, notre CDG à Londres.

  6. https://lecourrierdesstrateges.fr/2021/01/22/maffesoli-une-societe-en-pleine-decadence/

    Difficile de contredire l’auteur quand on est d’accord avec ce qu’il nous dit dans ce texte.
    Mais pourquoi devoir s’étaler si longuement sur l’inanité du Spectacle joué par le microcosme ?
    Quel esprit perdu s’y laisse prendre ?
    L’auteur lui-même a quelques faiblesses par exemple en s’accusant d’incompétence concernant le fameux virus qui sert de prétexte temporaire à la montée du fascisme permettant de compenser l’effondrement du capitalisme. Cette petite concession au scientisme des experts est preuve de la gravité de la perversion des esprits. Je reconnais donc qu’on puisse s’y laisser prendre.

    En poussant l’observation, j’en viens à reconnaître que dans le fatras argumentaire du ‘microcosme’ – je préfère dire des milliardaires et leurs larbins pour mieux situer les acteurs – ces gens se prennent à leur jeux et n’ont pas même besoin de se faire souffler leur texte, ils improvisent avec talent, c’est ce qui justifie leurs salaires – le mérite validé par la réussite à la tromperie. Leur formation étant excellente, leur sélection tout autant, ils sont devenus co-auteurs du Spectacle pour les gueux. C’est peut-être une des raisons qui rend le bon diagnostic critique aussi rare que difficile. Ces gens ont construit un monde virtuel et sont allés y vivre. En quittant le réel, ils nous y ont emmené. C’est le syndrome rose pourpre, le Spectacle est entré dans nos têtes en même temps que dans les leurs, sans que nous y prissions garde. Comme eux, nous avons perdu pied avec le réel.

    L’auto-aliénation dont parle l’auteur est clairement l’objectif des acteurs du microcosme. Le Spectacle est si incompréhensible pour ceux qui y recherchent un fil conducteur, que l’esprit se perd. La stratégie du choc terrifiant ou du choc bousculant est l’outil usuel du capitalisme moderne : fabriquer la précarité partout, aussi bien dans notre statut social mais aussi dans notre raison raisonnante. Les points d’appuis d’un jour se volatilisent le lendemain ; le virtuel a des propriétés nouvelles que nos esprits animaux n’ont pas encore apprivoisées. L’image d’une société liquide est une manière d’approximation.
    Mais passons sur cette écume qui encombre notre horizon et ouvrons les yeux de l’esprit sans regarder les écrans.
    Nous ne voyons qu’une seule chose : les derniers soubresauts d’un régime économique en détresse mortelle. Le capitalisme, ce moteur civilisationnel s’arrête. Nous l’avons vu en surchauffe plusieurs fois, provoquant des guerres mondiales, nous l’avons vu au ralenti, avec des ratés terrifiants. Aujourd’hui les mécaniciens ont beau tout tenter, il marche sur son erre et, comme un deux-roues sans moteur et sans béquille, va vers sa chute inévitable. Le moteur capitaliste n’est plus (c’est une trivialité malgré tous les efforts pour nous le cacher). Le microcosme le sait et construit le fascisme (cf aussi le grand reset). Ce dernier admet tout en abolissant le droit, sans exclure le pire. C’est la transition atroce entre deux ères, la grande lessiveuse des civilisations.

    L’auteur tente de nous rassurer sur le bon sens populaire qui permet de comprendre la faillite des élites, l’inanité des actions, etc .
    Certes, j’admets volontiers ce bon sens qui parfois émerge de façon surprenante, pour autant, le bon-sens a ses limites. J’ai vécu des révolutions, j’ai vécu des fins de civilisations, …, c’est atroce et le bon sens rassurant n’empêche jamais le pire, voire plus, il le masque. Souvenez-vous des avant-guerre, on en parlait sans cesse sans agir, comme le lapin devant le serpent, se voyant déjà virtuellement mort.
    La confiance de l’auteur est démentie par des milliers d’années du peu d’histoire que je connais. Peut-être pouvons-nous espérer que notre cerveau raisonnant a un peu évolué, mieux rempli, il subit plus de sollicitations diverses mais quid des cerveaux sous-jacents, ceux qui nous dominent malgré notre volonté, ceux qui nous entraînent sans que l’on comprenne ni le pourquoi ni le comment ? La propagande de masse que nous subissons tous en permanence du berceau à la mort, accède à notre insu à nos cerveaux plus primitifs et incontrôlables et fait de nous des lobotomisés. Dans ces profondeurs, le bon-sens n’a plus de pouvoir et la danse macabre nous entraîne sans résistance.

    Souvenez-vous : les bras des foules écoutant Hitler se levaient sans passer par la volonté. Regardez : les masses lobotomisés du petit écran se battent pour acheter les produits prescrits.
    Pronostiquez : ils extermineront les ennemis désignés, comme il l’ont fait autrefois.
    D’ailleurs c’est déjà commencé en virtuel, notre réel. Regardez les commentaires et autres gazouillements (plutôt que gazouillis) inondant l’Internet, le cerveau reptilien domine les claviers, il suffit d’un petit rien de plus pour que le clavier se transforme en arme assassine, que l’on repasse du virtuel au réel – ces deux ne faisant plus qu’un. Nous avons vu à la fois l’ignoble et terrifiante soumission et le savoir-faire des forces de l’ordre pour susciter la folie collective qui justifiera l’avènement de l’ordre fasciste.

    Pour ceux qui ne pourrait me suivre, je pourrais justifier, illustrer, valider, chacune de mes propositions par des faits récents et récurrents et les prouver par des raisonnements argumentés, en respectant la non-contradiction. Ils pourront le faire par eux-même, tant qu’il en est encore temps.

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