Temps de travail et Mairie de Paris, la grève de la honte !

Dans un rapport de 2017, la Chambre Régionale des Comptes (CRC) d’Ile-de-France, affirmait que “le maintien de ces jours de congé coûte à la Ville [de Paris] l’équivalent de 2100 emplois“ (soit 74 millions d’euros). La CRC avait épinglé principalement le recrutement des agents non-titulaires (18 % des 52.300 agents permanents) et leur rémunération.

 

1. Loi pour la transformation de la fonction publique (août 2019) et son application

 

Comme d’autres communes, la collectivité administrée par Anne Hidalgo doit s’aligner sur le régime légal des 1.607 heures de travail d’ici le 1er janvier 2022 au plus tard, comme l’impose la loi de transformation de la fonction publique qui met fin aux régimes dérogatoires à la durée légale du temps de travail dans les collectivités locales. La municipalité a jusqu’à fin juin pour délibérer sur le sujet.

 

Le baromètre RH 2019 de Randstad montre que 57 % des collectivités locales appliquent le régime légal des 1.607 heures de travail annuelles et 18 % sont en train de le faire. Les grandes collectivités, où s’empilent les régimes dérogatoires aux 35 heures, sont les plus mauvais élèves. Seules 42 % des villes de plus de 50.000 habitants font travailler leurs équipes au seuil légal.

 

2. Le dossier très sensible du temps de travail à Paris

 

A Paris, selon le syndicat Unsa-Administrations Parisiennes, les agents travaillent aujourd’hui 1550 heures par an. Soit 57 heures de moins que la réglementation. Les agents bénéficient de 33 jours de congés (contre 25 dans la réglementation habituelle), et de RTT accordés en fonction de leur poste (pouvant aller jusqu’à 22 jours).

 

“Aucun agent à Paris ne fait 1607 heures aujourd’hui. Notre temps de travail est ajusté en fonction du coût de la vie et des loyers à Paris, mais aussi de la pénibilité, comme pour les égoutiers par exemple. Des RTT supplémentaires sont accordées pour les agents qui travaillent le week-end, la nuit ou en soirée“, assure-ton chez FO Ville de Paris.

 

3. Des discussions toujours en cours, mais une marge de manœuvre faible

 

Lors du conseil de Paris du 3 février, Antoine Guillou, adjoint en charge des ressources humaines, rappelle que les dispositions de le la loi de 2019 sont d’application obligatoire, mais que “nous [la mairie de Paris] avons la possibilité d’en définir certaines modalités (…) qui préservent les conditions de travail des agents“.

 

Pour l’intersyndicale (CGT, FO, Unsa, CFTC, UCP et Supap-FSU) c’est “Non à toute augmentation du temps de travail ! Pas une minute de plus ! “ Olivier Hoch, du syndicat Unsa, estime que, dans tous les cas, il s’agira d’“une régression sociale sans bornes“. Celui-ci souhaite conserver les 1.550 heures annuelles, et propose d’introduire “une heure de sujétion [comprendre : diminution du temps de travail, NDLA] par semaine pour tenir compte de la situation particulière des agents parisiens du fait du coût du logement, des temps de trajet ou de la pollution“.

 

 

On le voit, le gap est important. “Mais à Paris, c’est l’ensemble de la politique RH qui est à revoir quand on voit la progression énorme de jours d’absence entre 2016 et 2019 (+12,3 %) et des accidents de travail, de service et de trajet (+11,8 %)“, juge Marie-Claire Carrère-Gée, conseillère LR de Paris. En tout cas, la politique RH d’Anne Hidalgo ressemble à un immense fiasco, pour celle qui fut un temps inspectrice du travail.

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4 commentaires
  1. Les syndicats refusent la Loi. Ils sont donc hors la loi … et belle démonstration de l’absence de toute gestion par les socialos ecolos et autres gauchos élus de Paris.
    Bien content de ne pas y habiter. Cette si jolie ville dénaturée par ceux qui en profitent sans rien donner en échange. Et attendons de voir l’impact de l’absence de touristes sur les comptes d’une ville saignée à blanc .. ça va être dur pour les parisiens

  2. Pensez-vous qu’il n’y a que Paris ?
    C’est général, il en est ainsi dans tout le pays et dans la plupart des collectivités locales, de gôôôche, du centre et de “droite mooolle” !

    Pléthore d’employés à tous les niveaux qui se marchent sur les pieds, népotisme, clientélisme, abus de biens sociaux par ci par là, on va on vient comme dans un moulin, on est là sans y être … etc…contrôles de productivité, de rentabilité NEANT !

    La France est en train d’en crever et tout le monde s’en fout !
    Chacun pour soi et pourvu que ça dure, mais il n’y en a plus pour très longtemps !
    La bête va crever et le réveil va être très dur !

  3. C’est scandaleux. La loi doit s’appliquer à tout le monde. Et je ne comprends pas la remarque sur les coutsplus élevés à Paris. Je croyais naïvement que les salaires y étaient déjà plus élevés pour tenir compte de ce coût de la vie. Si le maire actuel n’est pas capable de faire revenir son équipe dans la loi, que doit-on craindre si Mme Hidalgo d9evient présidente. Paris serait-il une autre Marseille à la gestion scandaleuse. Devant les resultats de la Cour des comptes, je comprends pourquoi 104 maires sur 114 ne voulaient pas de la communauté urbaine Aix-Marseille. Mais le ministre socialo de l’époque l’a imposée contre la volonté des citoyens.

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