La droite franchira-t-elle la barre des 10% à la présidentielle?

Les ennuis judiciaires de Nicolas Sarkozy ont fait ressortir la cruelle réalité. A ce jour, une dizaine de candidats se verraient bien porter les couleurs de LR à l'élection présidentielle. Mais aucun d'eux n'est en mesure de faire une percée dans l'opinion. Et comme les instances du parti ne veulent pas renouveler le désastre des primaires, Les Républicains sont dans l'impasse à treize mois du scrutin.

C’est Rachida Dati qui a été la plus sincère: l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy a mis une semaine à faire une déclaration publique sur la condamnation en première instance de l’ancien président. On peut bien rester loyal à la personne, nul ne voit pourtant comment Nicolas Sarkozy pourrait, même en gagnant en appel, arriver en bonne posture au moment où faudra préparer une éventuelle candidature à l’élection présidentielle. En ces temps de crise économique et sociale, l’expérience de l’ancien chef de l’Etat aurait pu être un atout pour porter les couleurs de la droite. A présent, Les Républicains se trouvent confrontés au trop plein des ambitions et des candidatures (presque) déclarées

Une dizaine de candidats possibles

Dans les dix derniers mois,  une dizaine de noms ont été évoqués. La plus originale est encore Rachida Dati, qui avait laissé percer son ambition dans les colonnes du Times , illustre titre britannique, en septembre 2020. Le plus offensif est Xavier Bertrand. Son entourage répète que Nicolas Sarkozy lui a promis un soutien s’il arrivait à 18% dans les sondages en septembre prochain. Et le président de la région Hauts de France y croit dur comme fer. Mais deux autres présidents de région pourraient lui barrer la route: Laurent Wauquiez, qui fait peu mystère de ses intentions et Valérie Pécresse, plus prudente, qui ne veut pas manquer la marche des régionales avant de rendre publique ses plus hautes ambitions.  Mais ces candidats ont-ils le soutien de la base du parti? Xavier Bertrand et Valérie Pécresse ont formellement quitté LR. Et Laurent Wauquiez, qui en a été président, s’est-il remis du score à un chiffre (8,5%) fait par le parti aux élections européennes de 2019? En tout cas, Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat et ancien président de la région pays de Loire,, entend bien faire valoir son enracinement dans le parti et le conservatisme qu’il devrait porter.  Un autre nom a fait irruption à la fin 2020, celui de David Lisnard, maire de Cannes, qui possède ce qui fait défaut à d’autres candidats de la droite, une capacité à parler à la droite entrepreneuriale. Depuis que la crise du COVID l’a fait connaître des Français, Philippe Juvin, maire de La Garenne-Colombes et chef du service des urgences de l’Hôpital Georges Pompidou se sent lui aussi pousser des ailes. Comme si cette abondance d’ambitions plus ou moins avouées ne suffisait pas, Michel Barnier, quittant la Commission Européenne, a laissé dire qu’il se voyait bien, lui le négociateur du Brexit, se présenter au suffrage des Français.  Pour échapper au « combat des chefs » qui s’annonce, certains poussent le Général Pierre de Villiers, rendu célèbre par son affrontement avec Emmanuel Macron sur la question du budget de la Défense.  A moins que le parti, incapable de partager entre les candidats à la candidature, s’en remette  à Gérard Larcher, président du Sénat: on continue à murmurer qu’il pourrait mettre tout le monde d’accord. 

Vers un résultat à un chiffre?

Actuellement, Gérard Larcher doit d’abord faire face au casse-tête d’organiser d’éventuelles « primaires de la droite ».  Mais ce seul terme donne des sueurs froides à beaucoup au sein du parti et chez les sympathisants. L’expérience de 2016-2017 a été un désastre. Adhérents et sympathisants avaient clairement désigné un candidat, François Fillon. Or sa victoire n’a pas été acceptée par les perdants (Nicolas Sarkozy et Alain Juppé) et le manque de loyauté du parti à l’égard du candidat a pesé lourd lorsque François Fillon a dû se défendre contre des soupçons d’emplois fictifs. Bruno Retailleau, par exemple, mise sur les primaires car il aurait des bonnes chances de gagner mais Gérard Larcher temporise. 

Le dilemme est pourtant clair. Actuellement, les sondages mettent les candidats les plus en vue entre 12 et 15%. C’est dix points en-dessous de ce qu’on promet à Emmanuel Macron et Marine Le Pen au premier tour. Or l’expérience prouve que les entrées en camapgne créent des dynamiques fortes. Il est arrivé de voir des candidats chuter brutalement (Jacques Chaban-Delmas en 1974, Jean-Pierre Chevènement en 2002). A partir du moment où les candidats LR refusent systématiquement d’aller chercher l’électorat de Marine Le Pen, les prétendants de « la droite » sont suspendus à ce qui se passera au centre. Pour qu’un candidat LR soit propulsé vers le haut, il faudrait qu’Emmanuel Macron chute fortement mais, dans ce cas, Edouard Philippe ramasserait vraisemblablement la mise. Et Les Républicains disparaîtraient comme parti, absorbés dans une majorité présidentielle centriste où il faudrait partager avec le MoDem et le centre-gauche. 

Le dilemme de LR est facile à résumer: ne pas avoir de candidat en 2022 équivaudrait à la disparition du parti. Mais le risque d’être broyé entre le Rassemblement National et le centre macronien est réel. Le paradoxe pourrait bien venir de ce que LR sorte largement gagnant des élections régionales mais réédite le mauvais score de François-Xavier Bellamy aux élections européennes, quand le parti avait fini à 8,5%, soit un score à un chiffre.    

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7 Commentaires

  1. Vu le précédent Fillon, je doute que les présidents de région qui ont gros à perdre se lancent dans l’aventure, Par contre, si ils vont faire semblant de vouloir y aller pour pouvoir poser leurs conditions (et imposer ensuite leurs hommes) au candidat choisi. Mais en choisissant un second couteau comme candidat, les républicains ont vraiment peu de chance de l’emporter. Cela fait aussi parti du plan de Macron je pense …

  2. Si ceux qui se sentent pousser des ailes ont si peur des primaires à droite ne serait ce pas parce qu’ils savent qu’un grand nombre d’entre ont perdu la confiance des électeurs . Comment peut on accorder la moindre confiance à des gens qui ont voté le renouvellement de l’urgence sanitaire? Qu’ils aient voté pour le 1er est acceptable, nous n’avions pas le moyen d’estimer le risque épidémique, ce n’était plus le cas après, d’autant que plusieurs d’entre eux avaient été infecté et ont utilisé le traitement qui n’existe pas . Ils se sont pour la plupart lamentablement couché à la moindre occasion . Aujourd’hui plus rien ne passe et qu’ils ne se fassent pas la moindre illusion ce n’est pas prêt de changer . Tout ce que je vois dans cette liste à la Prévert c’est l’absence du moindre candidat crédible, avec un peu de chance le FMI pourrait éclaircir la situation et permettre à quelqu’un d’inattendu d’émerger . Maintenant même si cela devait arriver il ne reste plus qu’à espérer que les français seront capables de comprendre que la fête est finie pour avoir trop duré et que c’est le meilleur moyen d’éviter le pire . Il sera toujours plus facile de redresser une situation difficile avec l’appui d’une majorité de français que sans . Celui qui aurait assez de conviction pourrait alors faire le ménage et passer par dessus la plupart de ceux qui essaieraient de l’empêcher de toucher à leurs privilèges, le référendum pourrait être le chemin le plus court vers un véritable changement qui, pour une fois, ne serait pas dans la continuité .
    La crise sanitaire est pratiquement terminée même si certains tentent de nous faire croire le contraire . Il va falloir reconstruire toute notre économie mise en lambeau par cette clique de malfaisants . Ce peut être une opportunité pour qui saura la saisir et il sera bien plus facile de convaincre les suiveurs quand ils comprendront qu’ils ont été pris pour des jambons . Tout dépendra à ce moment de ce qu’on leur proposera, si c’est d’être les seuls à payer la facture, ça ne va pas le faire, dans le cas contraire c’est tout à fait jouable . Thatcher a été réélue 2 fois croyez vous que les anglais soient masos alors qu’ils étaient aussi socialistes et étatistes à l’époque que les français aujourd’hui

  3. Le désamour pour le président est tel que celui qui sera en face aura une longueur d’avance donc ils s’y croient tous. S’ils n’organisent pas une primaire ils fractionneront les votes et on aura encore le même. S’ils veulent servir la France il va falloir qu’ils revoient leurs ambitions personnelles à la baisse. Même chose pour les partis dits souverainistes . Ils doivent s’associer et devraient y travailler dès maintenant.

  4. Ah ! Parce qu’ils sont de droite ? Ah oui les mollassons de « drôôaatee » dont certains dont les convictions étaient tellement fortes, ont rejoint la bande à Microncescu! Ah! ! Ah! Ah! MDR !
    Réveillez-vous ! Il n’y a plus de Droite et depuis fort longtemps dans ce vieux pays qui se meurt !
    Et vous y croyez encore aux élections vous ?
    Vous avez la mémoire courte ! Mais vous allez vous faire arnaquer une fois de plus ! Vous êtes vraiment masos !

    • « Il n’y a plus de droite en France », difficile de vous donner tort à ce sujet mais impossible de vous donner raison . Je pense qu’il est aujourd’hui impossible d’estimer réellement le potentiel de la droite, cela fait trop longtemps qu’elle se laisse museler par des minorités agissantes . Ce n’est pas parce qu’elles sont majoritaires qu’elles font le plus de bruit mais au contraire parce qu’elles ne le sont pas . Les abstentionnistes au 1er tour ne sont pas des militants mais des gens qui ne trouvent pas dans l’offre électorale chaussure à leur pied . L’assassinat politique de Fillon est la preuve indirecte de l’existence de la droite en France, il n’aurait pas eu lieu s’il n’avait pas représenté un danger pour nos malfrats étatistes malgré le fait qu’il n’y avait pas plus qu’une légère fissure entre lui et eux . Laisser se créer un précédent aurait pu entrainer une dynamique dont personne ne peut dire aujourd’hui ce qu’elle aurait donné ou pas . Il n’y a pas d’homme providentiel sans les circonstances qui le permettent mais il serait dommage de jeter le bébé avec l’eau du bain en s’enfermant dans des certitudes paralysantes . La vie n’est qu’une succession de choix et de risques et c’est tout son intérêt, des fois ça marche, d’autres fois non . L’essentiel est d’être prêt quelquefois à remettre en question ses certitudes et de tenter ce qui peut l’être au moment où l’occasion se présente, après … Revenir aux urnes sera toujours un risque d’échec, ne pas y revenir est une certitude d’échec . Les américains qui avaient voté pour Trump en 2016 ont pris ce risque avaient ils tort, auraient ils du attendre un miracle et rester chez eux? Honnêtement je ne crois pas qu’ils le regrette . Pourtant, là-bas comme ici, il n’y avait depuis Reagan que le choix entre la peste et le choléra .

      • Bonjour pabizou,
        Vos propos sont sensés bien sûr et j’en partage la majorité.
        Quand je dis « Il n’y a plus de Droite  » je pense aux « hommes politiques ». Le pays est majoritairement de « droite », jusqu’à quand ? Le peuple de « droite » n’a pas de représentants dans les instances ou institutions politiques. Plusieurs raisons à cela.
        J’ai décidé maintenant d’être plus synthétique et plus direct dans mes commentaires.
        Chacun interprètera (provocation, ironie, cynisme, humour …) ou lira entre les quelques lignes.
        Je pense que vous avez cerné dans quel camp je me situe.
        Pour avoir beaucoup donné dans ma jeunesse et même après, je suis consterné de voir la passivité des individus dans la force de l’âge face à une dérive totalitaire sans précédents dont les conséquences humaines feront date dans l’Histoire de l’Humanité.

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