Vers un raz-de-marée RN aux régionales ?

Vers un raz-de-marée RN aux régionales ?


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Les élections régionales devraient constituer un très mauvais moment à passer pour la majorité présidentielle, tant la poussée en faveur du Rassemblement National risque d’être forte. Partout ou presque, le parti de Marine Le Pen devrait devancer les listes conduites au nom du parti au pouvoir. Dans certaines régions, cette poussée pourrait même se traduire par un véritable balayage des candidatrs « officiels ». Ces estimations se fondent sur des sondages auxquels les Français hésitent traditionnellement à reconnaître qu’ils voteront RN. Des surprises sont donc sans doute à venir.

Il est évidemment encore trop tôt pour tirer des conclusions sur l’issue des élections régionales. Mais le tableau que nous produisons ci-dessus montre bien dans quelles régions le Rassemblement National devrait balayer les listes présidentielles. Le Rassemblement National devrait sortir en tête dans 4 régions au premier tour, et dans deux régions seulement (Bretagne et Pays-de-Loire), les listes présidentielles devraient faire un meilleur score que le RN.

Le RN s’impose comme le premier parti de France

Constat désormais évident : le RN est de loin et sans contestation possible le premier parti de France. Il est devvenu la seule formation politique capable de rivaliser avec n’importe lequel de ses adversaires. On le voit clairement, d’ailleurs : lorsqu’il n’est pas donné premier au premier tour (avec des régions gagnables comme la Provence ou la Bourgogne), il constitue le pôle d’opposition majeure dans la région.

Structurellement, on peut se demande dans quelle mesure le système électoral français peut éternellement fonctionner en infligeant des défaites à un parti qui représente un tel point. La logique du front républicain sert-elle ou dessert-elle la démocratie ? La réponse est dans la question.

La greffe macroniste n’a pas pris dans l’opinion

Autre enseignement majeur des sondages : la greffe macroniste n’a définitivement pas pris dans l’opinion. Dans les deux tiers des régions, le parti présidentiel constitue au mieux la troisième force électorale, parfois la quatrième, loin derrière les autres. Les quatre ans d’expérience macronienne au pouvoir n’ont pas permis de constituer un pôle solide. Le Président est « obligé » de faire son marché auprès des autres partis (en particulier des Républicains) pour maintenir sa présence.

Un an avec des élections sous tension, cette fragilité devrait l’inquiéter.

Un raz-de-marée en 2022 ?

Reste à savoir dans quelle mesure les sondages se trompent. Mais rien n’exclut que le score prêté au RN ne soit aujourd’hui sous-estimé, et que l’été soit dominé par un paysage régional recouvert par un tsunami RN. Cette perspective augurerait bien mal des derniers mois d’un quinquennat désormais hors norme.

Emmanuel Macron est-il capable de se réinventer pour faire face à la menace ? On a un doute.


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