Cuba libre, bientôt?

Voir les Cubains descendre dans la rue manifester pour la liberté est profondément émouvant pour qui se souvient du grand mouvement de libération du communisme en Europe dans les années 1980. Mais ce devrait être l'occasion de se souvenir que le mouvement de soutien s'est arrêté dès l'acceptation par l'Occident du maintien des relations avec le Parti Communiste Chinois malgré la répression de la place Tian An Men et dans 400 autres villes de Chine en juin 1989. Le communisme tient encore avec une main de fer la Corée du Nord. Et, à Cuba, il n'en finit pas d'agoniser.

C’est une vidéo prise dimanche 11 juillet. On entend les Cubains sortis manifester scander “Libertad! Libertad!” Ce fut un lieu commun, durant des décennies, de mettre en valeur les capacités du système médical cubain – et des partis communistes en général. Il aura cependant fallu attendre 60 ans et la crise du COVID-19, face à laquelle les autorités sont débordées, pour que la vérité éclate. Cependant, la crise est beaucoup plus profonde. l’économie est en lambeaux et le communisme est à l’agonie dans le pays.  Un twittos fait justement remarquer que les médias occidentaux préfèrent taire l’ampleur du désastre caué par le communiste, qui va beaucoup plus loin que la simple désorganisation liée à la crise sanitaire. 

La crise terminale du communisme cubain

Même si le régime essaie désormais de censurer l’accès aux réseaux sociaux occidentaux, le hashtag #SOSCuba, par exemple, sur twitter, aura servi à déposer des dizaines de vidéos qui témoignent de l’ampleur de la crise.  Des locaux du parti communiste ont été occupés pacifiquement.  Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, successeur des frères Castro, est apparu, masqué contre le COVID, à la télévision pour dénoncer pêle-mêle, l’ingérence étrangère, les saboteurs intérieurs et les circonstances de la pandémie. Il a annoncé une répression sans état d’âme. La question est de savoir si le régime a encore les moyens de tenir quoi que ce soit. Il semble plutôt que l’on soit entré dans la phase terminale du communisme cubain. Les images de Cubain manifestant sous forme de procession mariale viennent rappeler les années 1980 en Europe de l’Est ou Hong-Kong en 2019, lorsque les chrétiens ont été à la pointe du combat pour la liberté. 

Il y a bien entendu une différence entre les années 1980 et la crise de Hong Kong en 2019: lorsque les pays d’Europe centrale et orientale se sont soulevés contre des régimes totalitaires haïs, il existait un “monde libre”, structuré autour des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, dont les dirigeants, avaient trouvé chez Friedrich Hayek la confirmation de ce que leur disait leur instinct: le communisme est non seulement un régime intrinsèquement pervers, moralement parlant, mais le plus inefficace qu’ait produit l’histoire humaine en termes d’organisation. Hélas, à peine Ronald Reagan avait-il quitté le pouvoir, son successeur George H.S. Bush acceptait d’exclure, en complicité avec les gouvernants de la République Populaire de Chine, plus d’un milliards d’humains de la libération du communisme qui avait eu cours en Europe. On fit des affaires juteuses avec la Chine post-maoïste, au point de permettre au parti communiste chinois de se sauver pour une à deux générations. Et l’on abandonna aussi la population de Corée du Nord ou celle de Cuba à son sort. Il faut dire que, malgré la chute de régimes staliniens en Europe, les anciens manifestants soixante-huitards étaient passés, dans les années 19870/1980 du maoïsme au néo-libéralisme et du trotskisme au néo-conservatisme. On ne comprend pas comment la révolution national-libérale thatchérienne a tourné au cauchemar de la mondialisation néo-libérale puis au Great Reset, chez les mêmes individus, au fur et à mesure qu’ils vieillissaient, si l’on ne voit pas que le “monde libre” des années 1980 n’a jamais procédé au travail sur soi qui aurait consisté à se débarrasser de la philosophie marxiste – et plus généralement de la philosophie allemande des années 1800-1950, matrice de tous les totalitarismes – qui avait entretenu une fascination malsaine pour les régimes communistes. Au contraire, une fois passée la vague de liberté des années 1980, on a laissé se réinstaller l’idée que le marxisme était une belle idée jamais vraiment mise en oeuvre. Et l’on a laissé prospérer, dans nos universités, dans nos médias, les métamorphoses du marxisme recyclé en écologie ou en idéologie du genre. La révolte de Cuba vient nous rappeler utilement qu’aucun compromis n’est possible, pour nos démocraties avec les totalitarismes, de quelque forme qu’ils soient.    

Abonnez-vous à notre newsletter

Les droites de Husson

Soyez les premiers à connaître les 1001 secrets des droites françaises à l'approche des élections présidentielles. La lecture intégrale de cette lettre est comprise dans l'abonnement à 9,90 €/mois !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

32 Shares:
5 commentaires
  1. La dite LIBERTÉ… Et ce que nous vivons là juste maintenant après ce discours de Macron du 12/07 et qui se profilait de suite comme une nécessité systémique à partir de 1989 avec le délitement de L’URSS, est la conséquence de quoi ? De ce gain le “LIBERTÉ” qui déferle sur le Monde depuis la chute de l’URSS (Irak Afghanistan Syrie Libye Wahhabisme etc) et qui vient d’exploser en ce magnifique feux d’artifice(s) qu’est le discours de Macron young lider davosien, du 12/07/2021 ? Que vont gagner les cubains voisins des USA avec la chute du “communisme”, cette “liberté”, celle-là même comme la nôtre, pour que nous nous en réjouissions ainsi ?! Se faire traiter-de-con-en-chanson c’est mieux ou alors le cause-toujours, super hein ? Et cohabiter (cocitoyenner…) avec des zombies c’est épanouissant, non ?

  2. tout à fait d’accord avec Mr Hanoun, liberté surveillait en occident, mensonges
    d’état en veux tu en voilà, média à la solde des financiers ou… des services anglo saxons à la botte des mêmes. Mensonges d’ Etat continuels pour endormir les peuples , mise en place de “ko” pour quel ordre après? A Cuba l’auteur du pensum est il allé vivre avec le peuple. Ce n’est pas rose, pas tout rose mais un socialisme assez bon enfant, qui subit un embargo des pays occidentaux des plus draconien , alors la paille et la poutre c’est d’actualité

  3. La révolution national-libérale thatchérienne… Comme c’est joliment tourné !
    Tout d’abord ça n’a pas été une révolution mais une contre-révolution, comme un retour à l’ordre naturel des choses momentanément perdu. Ensuite, son enchaînement avec la mondialisation néolibérale puis le Great Reset n’est qu’une suite logique. Où y a-t-il jamais eu de soif de liberté pour tous et sans limite chez les conservateurs ? Et d’où qu’ils viennent : droite, gauche, centre, dessus et même dessous. L’exercice du pouvoir trop longtemps conservé n’a jamais tourné qu’en exagération (mondialisation néolibérale) puis en totalitarisme plus ou moins musclé et c’est exactement ce que nous vivons aujourd’hui (Great Reset).
    Le bipolarisme politique hémiplégique est une plaie autant qu’une insulte au bon sens. Il a réussi, entre autres exemples, de faire passer pour “de gauche” des politiques socialistes très, très libérales, voire davantage, à tel point que la droite ne s’y retrouvait plus et patine encore dans sa semoule écervelée.
    Tout ça fait, certes, vraiment chier, mais est parfaitement logique. Ouvrez les yeux et remettez quelques vrais contre-pouvoirs en marche (tiens, c’est amusant !) et peut être, peut être… que certaines choses évolueront vers du bon sens retrouvé.
    Mais bon !…

    1. Il y a énormément de points qui mériteraient discussion dans votre message. Mais l’éviction de Margaret Thatcher du pouvoir fin 1990 est la conséquence directe de son discours de Bruges dans lequel elle dénonçait l’Europe de Jacques Delors, à commencer par la monnaie unique. Lisez les Mémoires de Margaret Thatcher et vous comprendrez qu’elle est plus proche du Général de Gaulle que d’Angela Merkel. Ensuite, vous me donnez l’idée, à vous lire, de faire à la rentrée une série d’articles sur la tradition conservatrice des pays anglophones. Visiblement vous la connaissez peu, aussi bien dans son versent Old Whig (d’Edmund Burke à Margaret Thatcher) que dans son versant Radical Toryism (de Disraeli à Enoch Powell).
      Merci de votre contribution au débat.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous pouvez également aimer