[PAYANT] Droites: à la recherche du temps perdu

Cette semaine, au sommaire des "Droites de Husson": - Xavier Bertrand pourrait bien participer à la primaire finalement...mais il n'accepte toujours pas de se mesurer à ses concurrents - Marine Le Pen candidate des libertés, sauf quand il s'agit pour un élu RN d'assister au mariage de sa nièce Marion Maréchal - Eric, Mohamed et Napoléon: la cuirasse d'Eric Zemmour

Xavier Bertrand pourrait bien participer à la primaire finalement....mais il n'accepte toujours pas de se mesurer à ses concurrents

Xavier Bertrand a raté son hold-up sur la droite avant l’été. Désormais, il stagne dans les sondages, aux environs de 16%. Valérie Pécresse est désormais installée aux environs de 14% et Michel Barnier à 12%. C’est entre les trois que va se jouer l’investiture du candidat de la galaxie LR. Michel Barnier a toujours dit qu’il se soumettrait au choix de son parti. Et Valérie Pécresse, notre chimère préférée (“deux tiers Merkel/un tiers Thatcher”) bien que n’étant plus membre de LR, a décidé de jouer la carte de la primaire contre Xavier Bertrand. Du coup, ce dernier sent monter la pression: il pourra difficilement se dérober à la primaire. C’est pourquoi il promet dans Le Figaro, la main sur le cœur: promis, juré, craché ! “Jamais je ne ferai perdre mon camp”.  

Au fait, de quelle primaire parlons-nous? Le 14 septembre, le comité stratégique du parti a décidé que, le 22 septembre, le Bureau Politique confirmerait si le 25 septembre les adhérents du parti voteraient pour savoir si début décembre les candidats seraient désignés dans une “primaire semi-ouverte” (même processus qu’en 2017) ou selon un vote fermé des seuls adhérents du parti à jour de cotisation. Si vous n’avez pas tout saisi, ce n’est pas grave. Autant dire que la farce des primaires continue. Et à la fin il y  aura un candidat de la galaxie LR. Il faut souhaiter qu’il soit apte à affronter Emmanuel Macron et à le battre.  

En tout cas, les candidats font campagne assidument. Michel Barnier, Valérie Pécresse, Eric Ciotti et Philippe Juvin débattront le samedi 18 septembre après-midi sous la conduite de Jean-Sébastien Ferjou directeur d’Atlantico, devant les adhérents d‘Oser La France, le mouvement de Julien Aubert.  Xavier Bertrand, lui, ne sera pas présent. Décidément, le président de la région Hauts-de-France a du mal à accepter la concurrence. 

Marine Le Pen défend les libertés....sauf celle d'un élu de son mouvement de se rendre au mariage de Marion Maréchal

Comme les années précédentes, le Rassemblement National effectuait sa rentrée à Fréjus. Dimanche 12 septembre, Marine Le Pen a prononcé un discours de 35 minutes devant les militants rassemblés.  Comme en 2017, la candidate à l’élection présidentielle n’en finit pas de vouloir “tuer le père”. Elle s’obstine en vain à vouloir dissimuler tout ce que son parti doit à Jean-Marie Le Pen. Certes, Marine parle d’immigration, d’identité. Mais la candidate ne veut toujours pas faire de ces fondamentaux du parti l’axe de sa campagne. En 2017, elle avait misé sur la sortie de l’euro pour rassembler les souverainistes de droite et de gauche; résultat, elle avait fait fuir une droite modérée qui aurait pu éventuellement voter pour elle. Pour 2022, Marine Le Pen parie sur le thème des libertés. Comment ne pas lui donner raison quant à l’importance de ce sujet? Elle a raison quand elle déclare: “Pour avoir cru que la liberté était un bien naturel, beaucoup ne s’en sont plus souciés. (…) Je serai la candidate des libertés françaises et, croyez-moi, cela changera tout!” Mais le thème prendra-t-il plus que celui de l’euro en 2017? Lorsque la candidate parle de la menace civilisationnelle qui pèse sur la France, elle a raison de ne pas se contenter, comme Eric Zemmour, d’évoquer l’immigration. Le discours du 12 juillet d’Emmanuel Macron a représenté une césure fondamentale dans l’histoire de la Vè République – en fait une attaque contre la République par le président en exercice. Cependant Marine Le Pen n’attaque pas frontalement Emmanuel Macron, alors que l’anti-macronisme est le moyen de rassembler largement. Et puis pourquoi la candidate donne-t-elle toujours l’impression que les thèmes nouveaux qu’elle aborde sont là pour faire oublier l’histoire du parti, au lieu de montrer comment ils viennent s’ajouter à l’héritage politique du Front National?  En tout cas, elle ne satisfait pas  ce militant interrogé par Le Monde, déclarant: “On nous a interdit d’aller à La Manif pour tous, puis de soutenir Génération identitaire. Marine Le Pen dit que le ‘grand remplacement’ est complotiste, que l’islam est compatible avec la République, qu’elle ne sortira pas de Schengen ni de la Convention européenne des droits de l’homme… C’est une gauchiste qui a grandi dans un château et hérité de la succursale Le Pen”. Montretout est transformé emphatiquement en château mais Marine n’est plus, visiblement, la princesse des cœurs dans le parti. 

Malgré cela, Marine Le Pen n’est en aucun cas tenaillée par le doute. Le mauvais résultat aux régionales? Oublié. L’état désastreux des finances du parti qui la pousse à écrire une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour réclamer une modification du financement des partis politiques? Ce n’est qu’une manieuvre de communication ! Marine continue à y croire.  La troisième candidature à la présidentielle n’avait-elle pas été la bonne pour François Mitterrand et Jacques Chirac?  Interrogée à de multiples reprises sur sa perception du danger Zemmour, la candidate dit ne craindre que la division du camp national. Elle pense, selon le slogan de Fréjus, que “le temps est venu”. 

Au fait, la candidate des libertés en avait juste oublié une, samedi 11 septembre: celle d’assister au mariage de sa nièce Marion Maréchal. Non seulement Marine n’est pas venue à la cérémonie religieuse ni à la réception,  mais, selon nos informations elle s’est renseignée pour savoir qui avait osé sécher Fréjus. C’est ainsi que Stéphane Ravier, sénateur des Bouches-du-Rhône, a reçu, samedi en début de soirée,  un SMS trouble-fête: un message comminatoire d’un proche de Marine lui indiquant les horaires d’avion dimanche  à l’aube pour rejoindre Fréjus, où il aurait dû se trouver, plutôt qu’à Saint Cloud.   Visiblement, le temps n’est pas encore venu, pour Marine Le Pen, de rassembler à droite – et encore moins dans sa propre famille. 

Eric, Mohamed et Napoléon

Pris dans le feu de l’émission avec Laurent Ruquier et Léa Salamé (On Est En Direct), le samedi 11 septembre au soir, Eric Zemmour (donné à 10% dans un sondage) a expliqué que s’il était élu président, il rétablirait la loi napoléonienne de 1803 sur les prénoms et qu’elle permettrait d’interdire à des parents de donner Mohamed comme premier prénom à un fils. Les réactions ont été nombreuses. J’ai déjà eu l’occasion de souligner combien Eric Zemmour – d’une autre façon que Marine Le Pen -oubliait qu’identité française et liberté sont indissolublement liées. Il n’y a pas d’avenir en France pour la liberté sans défense de l’identité, contrôle de l’immigration, réaffirmation – contre l’abjecte déclaration d’Emmanuel Macron , selon laquelle “il n’y a pas de culture française”  – de notre héritage deux fois millénaire. A l’inverse, on n’imposera pas le respect de la civilisation française dans la contrainte. C’est ce que Zemmour ne voit pas. Marine Le Pen voudrait oublier la question du “Grand Remplacement” au nom de la lutte contre le pass sanitaire ou la censure sur Facebook. A l’inverse, Eric Zemmour – comme il me l’a expliqué en juillet dernier- considère que le pass sanitaire est une diversion d’Emmanuel Macron pour qu’on ne parle pas de l’immigration ou de l’identité. Marine Le Pen comme Eric Zemmour ne regardent qu’un aspect de la même question, celle que de Gaulle résumait en disant: “Il existe un pacte vingt fois séculaire entre la France et la liberté du monde” mais aussi: «C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne». 

Marine Le Pen n’en finit pas de refuser l’héritage politique de son père (elle préfère le “républicanisme” au  patriotisme identitaire, elle refuse la centralité de la question de l’immigration, elle est aussi étatiste que son père était libéral en économie) – au risque de ne jamais réussir à remporter une élection présidentielle à portée de main sur le papier. Eric Zemmour, lui, est un chroniqueur, un essayiste qui pénètre sur un territoire inconnu: celui de l’histoire, non plus qu’on écrit mais en train de se faire et dont son modèle imaginaire Jacques Bainville, son égérie, la jeune et brillante Sarah Knafo, et de nombreux admirateurs lui suggèrent de devenir un acteur. Que fait alors Eric Zemmour pour dissimuler son manque d’expérience? Il se place à l’ombre du Grand Empereur.

Comment imaginer sérieusement que la loi de 1803 sur les prénoms va permettre l’assimilation au XXIè siècle? Mais Zemmour s’en remet à l’Empereur pour lui souffler des idées pratiques. On est étonné de voir le nombre de fois où il fait référence à Napoléon, dans ses prises de parole. C’est un thème qui chez lui, remonte au moins à Mélancolie française (2010). Certes, le chroniqueur est cohérent dans sa vision du monde. Dans ce livre déjà, il opposait la romanité française, incarnée par Napoléon, qui conduisait à l’assimilation de tous les peuples conquis pour faire des individus des citoyens français “à la romaine”. Et la civilisation anglaise faite de maîtrise des mers et de tolérance des cultures sur les territoires conquis, sans tentative d’assimilation.  Mais, plus profondément, on sent bien qu’Eric Zemmour, quand il ne sait pas ce que pourrait bien faire l’Etat, pense “et qu’en disait Napoléon?”. 

Pour autant, la référence à Napoléon n’aidera en rien l’essayiste quand il s’agira de dire quelle politique économique il entend mener ou quelle politique étrangère il veut mettre en oeuvre. Le récent fiasco australien de Naval Group est le produit d’une histoire de France où notre pays a trop souvent oublié qu’il ne peut pas être seulement une puissance continentale, selon son héritage romain mais doit aussi retrouver une capacité à être influent dans le monde, où se trouvent les plus grandes ressources de notre puissance au XXIè siècle. La France est présente sur tous les océans. Elle pourrait, comme la Grande-Bretagne d’après le Brexit, redevenir, si elle en avait la pugnacité, une puissance mondiale.  Mais Eric Zemmour se souviendra-t-il que l’apoée de la puissance française est en 1783, quand la France, conduite par l’un des plus brillants de nos rois, imposait à l’Angleterre, au terme de la Guerre d’Amérique, le respect de la liberté des mers. La France est grande quand elle garde l’équilibre entre sa vocation européenne et sa vocation mondiale; quand elle participe à la grande aventure de la liberté occidentale autant que quand elle affirme son identité irremplaçable. En ayant systématiquement recours à la référence napoléonienne, Eric Zemmour ne trouvera pas la formule de ce conservatisme républicain populaire dont le pays cherche une nouvelle formulation cinquante ans après la mort du Général de Gaulle. 

Et puis, au fait, Eric, que dites-vous: “Napoléon” n’était-il pas un prénom qui aurait dû tomber sous le coup de la loi de 1803, si cette dernière n’avait pas été rédigée par Bonaparte lui-même? 

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Les droites de Husson

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8 commentaires
  1. Je ne suis pas souvent d’accord avec vous, je trouve votre analyse de la droite trop molle, trop bourgeoise.

    Mais j’ai deux points d’accord complet avec cet article :

    1) on reconnaît un bon dirigeant français à ce qu’il met la puissance maritime au centre de ses préoccupations.

    Il n’y a pas d’exception à cette règle (pas un hasard si le dernier discours officiel de de Gaulle fut à Brest).
    Le continent européen est un boulet pour la France, la puissance continentale un leurre.

    Dans ce domaine comme dans les autres, Emmanuel Macron prouve chaque jour qu’il est la personnification de l’anti-France.

    2) L’Etat nous tue. Littéralement. La libéralisation vraie (pas le capitalisme de connivence) est une priorité absolue.

    1. 1) puissance maritime. Je vais oser dire que la France est devenue une puissance maritime car elle était D’ABORD une puissance continentale.

      2) L’Etat nous tue => allez au bout de la logique : le SOCIALISME nous tue !

  2. Cette comparaison des degrés de liberté offerts par les uns, les autres me semble oiseuse pour ne pas dire fallacieuse. Je réponds que, théoriquement, la première des libertés du citoyen est le choix de l’administration et a minima du pilotage de cette administration. En un mot la possibilité d’alternance par le congé donné à une administration. De ce point de vue tant Marine Le Pen que Zemmour présentent 1 000 (10 puissance 6?) fois plus de promesse de liberté que n’importe qui à LR La Ratatouille et singulièrement michel barnum, le candidat recommandé par l’auteur. Ç’en est presque gênant de parler de liberté s’agissant de cet apparatchik bureaucrate obséquieux. Les autres sont à l’avenant. Leur appétence pour la liberté est une môvaise plaisanterie: tous des socialo, 50 nuances de socialo, en aucun cas une alternance. Bref, le ticket Zemmour + Marine Le Pen a ma préférence.

    Sinon, si vous voulez élargir le cadre étroit des zélexions des bozos et des cacous qui ne passionnent plus personne surtout pas les générations d’avenir… j’ai ça ké bien: https://youtu.be/u3asxCza2fI

    Fascinante discussion avec l’un des pionniers français du Bitcoin! #PierreNoizat.

    Pour ceux qui ont besoin de motivation: 1. didactique pas jargonnant, facile à suivre avec quelques bases; 2. ça rejoint le discours de Jean Marc Jancovici sur l’énergie; 3. ça casse pas mal du banquier et du coup ça recoupe la discussion sur le degré de liberté réel du citoyen

    1. Je plussoie.

      M. Husson souffre d’une maladie psychologique rare : il est attiré par les traîtres LR au cerveau en fromage blanc ( Pécresse, Barnier, …).

      Ce n’est pas de la zoophilie. Ça s’apparente plutôt à la nécrophilie.

      Si je trouve un nom à cette maladie, je gagne le prix Nobel de psychologie (m’en fous, ça n’existe pas).

      1. Cher Franck Boizard, j’apprécie souvent vos commentaires. Mais en l’occurrence, vos formules ad hominem sont assez ridicules.
        J’ai accepté, en 2009, Nicolas Sarkozy, dans le domaine de l’enseignement supérieur car j’étais heureusement surpris par sa fermeté après le vote de la loi LRU. Je n’ai pas regretté. Nous avons plus fait changer l’université que tous les gouvernements précédents. Aujourd’hui, l’Université Paris-Saclay est 13è dans le classement de Shanghai. C’est à Nicolas Sarkozy que nous le devons. Tout comme la création de l’Université Paris Sciences et Lettres et la reconstitution d’une Sorbonne (Sorbonne Universités) mais aussi la nouvelle Université de Strasbourg, réunifiée; celle d’Aix-Marseille, celle de Bordeaux, celle de Grenoble. Aujourd’hui, la France a des universités capables de s’affirmer dans la compétition internationale. C’est à Sarkozy que nous le devons. Et à Valérie Pécresse, qui a su mettre en oeuvre la politique voulue par le Président de la République. A l’époque, j’avais voté non au TCE et je n’étais pas enthousiaste du Traité de Lisbonne, pour dire le moins. Mais on m’a proposé de travailler sur une politique où je voyais que le gouvernement avait les idées claires. Je l’ai fait en saisissant l’occasion. J’ai fait partie, à cette occasion, d’une équipe qui voulait le bien du pays dans le domaine de la recherche et de l’innovation. Je suis parti – alors que j’aurais pu rester recteur – lors de l’élection de Hollande.

        Aujourd’hui, je vois une situation bien identifiable. Emmanuel Macron est le chef de l’Etat le plus catastrophique de notre histoire en temps de paix. Non seulement parce qu’il est mû par des idées fausses mais parce qu’il est doté d’une personnalité tourmentée à laquelle le pays sert d’exutoire. Je n’ai qu’une priorité: empêcher qu’il soit réélu. A partir de là, je fais un calcul raisonné. Qui peut battre Macron – en sachant que je ne vote jamais à gauche (mais aucun des candidats de gauche ne peut battre Macron) et surtout que la seule qui aurait battu Macron à tous les coups, Marion Maréchal, n’est pas candidate ?
        Marine Le Pen? Le temps est venu…qu’elle cède la place. Elle n’y arrivera pas. Je n’ai aucun problème de principe à voter pour elle pour faire battre Macron. mais elle est devenue son faire-valoir, son assurance. Elle s’est montrée incapable, après son beau score de 2012, de créer les conditions d’un nouveau grand parti conservateur républicain populaire. Elle est tellement de droite…qu’elle s’échine à ne pas vouloir être désignée comme telle. Les régionales ont signé définitivement son déclin.
        Eric Zemmour? J’admire son courage, presque unique. Mais revêtir une panoplie de Napoléon ne permet pas de faire une politique. Il n’a pas de vision d’ensemble sur ce dont a besoin le pays. Son équipe de campagne est chaotique. Zemmour n’est pas capable de présider une réunion de campagne. Vous l’imaginez présider un conseil des ministres? Imaginons qu’il soit élu par un concours de circonstances, il discréditerait de bonnes idées.
        Alors, chez LR? Mon préféré est Lisnard. Mais il n’est pas candidat et il doit encore se former.
        Bertrand est au fond un homme de gauche. J’ai admiré le travail de ministre de Valérie Pécresse mais elle souffre d’avoir été formée par Chirac: elle n’a pas de vision de la France. Surtout, elle comme Bertrand nous refont du Sarkozy en matière d’immigration et de sécurité.
        Depuis mai dernier j’ai fait un pari – assez cocasse je l’avoue quand on sait comme j’ai défendu le Brexit. Mais précisément, je suis un conservateur, au sens britannique, je ne crois pas que la politique consiste à plaider en permanence pour des causes nobles sans en prendre les moyens. En 2009, j’aurais pu dire aux équipes de Sarkozy “allez vous faire voir, votre politique européenne est nulle et elle vous fera perdre en 2012”; j’ai préféré saisir une occasion, limitée ma dans un domaine précis de changer les choses.
        Eric Zemmour?

      2. (fausse manip, je continue). Aujourd’hui, je fais un raisonnement du même type. Michel Barnier a toujours défendu une Europe fondé sur les Etats membres contre les empiètements de la Commission; il a tiré les leçons du Brexit. Il propose une voie pratique pour redonner aux Français et à leur gouvernement le contrôle des politiques migratoires. Je constate,(1) qu’il reprend là où Sarkozy n’avait plus osé avancer. (2) que ni Marine Le Pen ni Eric Zemmour n’ont été aussi précis dans le schéma politique et juridique. (3) que Michel Barnier tient bon dans la controverse. (4) qu’il fait depuis six mois une bonne campagne de terrain. (5) Qu’il est le seul à pouvoir battre Macron. Je fais donc un pari pour l’instant limité: il peut gagner la primaire ou ce qui en tiendra lieu. Si tout cela est oublié dans deux mois parce qu’il n’a pas l’investiture, nous verrons bien. En attendant, en conservateur de culture britannique, je sais que, dans ma famille politique (“les droites”), on voit fréquemment des “faux durs”; mais que la possibilité qu’un “wet” se révèle plus ferme que prévu n’est jamais exclue.
        Surtout, gardons un peu d’humour. Et évitons les expressions déplacées.
        Cordialement
        EH

        1. Cher Monsieur Husson, votre pari vaut ce qu’il vaut. Vous jouez une écurie contre une autre avec l’espoir d’un gain personnel, soit. Rien de choquant là dedans, nous sommes tous familiers (fatigués) des courses de petits chevaux. En revanche vous nous vendez mal votre bourrin. Le favori des pronostiqueurs est détestable dites vous. Pas l’avis de Sarko et tant d’autres prétendus droitars, curieusement. Tout LR il est gentil puisque j’ai bossé avec eux et michel barnum le plus prometteur des gentils. Dans la lignée des chirac &son jupé sans doute? Okay, j’achète pas.

          Vos arguments contre Marine Le Pen et Zemmour ressemblent furieusement à ceux de maqueron, votre ennemi juré mais clairement pas sur le fond. Votre copie comme la sienne? Discours de technocrate. Diplômes, coteries, zéro risque, zéro idée, des ajustements, design by committee. Et indéboulonnables avec ça. Aucune responsabilité vis à vis du citoyen, juste prendre leur pognon pour le brûler. La technocratie est tout sauf gage de liberté. En pratique tout le contraire. De mon point de vue la liberté serait de descendre de la technocratie une bonne fois, traiter le sujet identitaire pour ressouder le pays et laissez faire le reste. Un reset venu d’en bas. Ça créerait la panique forcément mais de là sortiraient les braves, les hommes forts contre les rapiéceurs à la petite semaine. Si on ne fait jamais le ménage à quoi bon voter.

  3. Il n’y a pas de droite. Tous plus ou moins de gauche, depuis l’extrême jusqu’au centre mou. Même MLP. Seuls ceux, que l’on n’a pas vu pour l’instant, qui auront la pêche pour nous sortir de l’UE, de suspendre les syndicats et les fonctionnaires, de virer tous les migrants, et de valoriser notre ZEE nous sortiront du puits sans fond dans lequel nous nous trouvons. Seul problème, c’est la dernière élection à permettre de sauver les meubles. Après, too late…

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