[PAYANT] Pourquoi l’élection présidentielle de 2022 va se jouer au centre !

Cette semaine dans Les Droites de Husson (n°21): Eric Zemmour, un génie du marketing qui s'ignore ! - Xavier Bertrand à Canossa - Paradoxe: l'élection de 2022 va être gagnée au centre ! - Décès de Laurent Wetzel (1950-2021)

Eric Zemmour: un génie du marketing qui s'ignore!

C’est le livre dont tout le monde parle, il se vend parait-il, à des centaines de milliers d’exemplaires. “La France n’a pas dit son dernier mot”, d’Eric Zemmour. Mais qui en a rendu compte? Il y a ceux qui ne veulent pas en parler pour ne pas faire plus de publicité à Eric Zemmour. Et puis ceux qui n’en parlent pas, puisqu’ils soutiennent Zemmour ! 

Pourtant, il vaut la peine d’en rendre compte ! Parce que ce livre en dit beaucoup sur le candidat. Disons le d’emblée: ce livre n’a aucun intérêt, sauf pour une phrase, l’avant-dernière: “Pour ceux d’hier et ceux de demain, il ne s’agit plus de réformer la France, mais de la sauver !” 

Une seule phrase? Eh bien je n’exagère pas. Je vous avais raconté dans cette lettre hebdomadaire comment Eric Zemmour avait activement poussé à la rupture avec son éditeur, Albin Michel. personne ne peut dire ce que donnera la candidature non-encore-déclarée. En revanche, autant dire que l’auteur est un fin tacticien commercial. Il a quitté un éditeur établi pour publier à son compte sous le label Rubempré. 

Chapeau l’artiste ! Ce livre qui est une simple compilation de notes extraites d’un carnet de journaliste sur quinze ans, accompagné d’une introduction et d’une conclusion écrites sur un coin de table, est devenu un best seller.  La manière de faire continue à mettre mal à l’aise car on se demande ce qu’il sortira, au bout du compte, de l’aventure Zemmour. On aurait attendu un programme, un livre-manifeste, on a affaire à un personnage de Balzac égaré en 2021 qui nous raconte page après page avec qui il a déjeuné, dîné, pris le thé. Que c’est parisien ! Et quand il parle de la France, que c’est cérébral: Eric Zemmour parcourt-il jamais la France?  Que c’est peu international. Les rares incursions, comme sur Angela Merkel, montre un observateur connaissant mal la scène européenne ou mondiale. 

Ce livre est un pur produit marketing, plein d’approximations historiques (comment peut-on écrire: “L’individualisme, né il y a quatre siècles, aux confins de la Renaissance italienne et du protestantisme germanique, arrive au bout de sa course échevelée : il a transformé nos vieilles nations en société d’individus craintifs et capricieux, qui exigent de l’État la reconnaissance de leur sensibilité et de leurs ressentis fragiles.”? alors que l’individualisme remonte au moins à Saint Augustin, au Vè siècle, qu’il est le moteur du monachisme occidental, des Grandes découvertes et d’une grande partie de notre littérature ! Et que le grand Louis Dumont a montré à la fois qu’il est multiple dans l’histoire de l’Occident; mais qu’il distingue l’Occident, pris dans son ensemble, du reste du monde. Ce que Zemmour veut désigner ici, c’est l’hédonisme post-soixante-huitard).  D’approximations politiques, aussi: comment peut-on encore écrire aujourd’hui que François Mitterrand a, en gros, continué la politique étrangère  du Général de Gaulle – alors qu’il était aussi atlantiste, européiste et mondialiste que de Gaulle était partisan d’une “Europe européenne”, fondée sur les nations, avec la France au coeur du dispositif? Eric Zemmour envisage d’être candidat à la présidence de la République à un moment où il faut réindustrialiser la France et tout ce qu’il trouve à écrire (au-delà de quelques lignes assez banales sur Steve Jobs) sur l’innovation, c’est ceci: “Il y a dans le capitalisme mondialisé d’aujourd’hui, qui repose sur la financiarisation et le développement technologique, une tendance lourde qui le différencie de son prédécesseur des premières révolutions industrielles. La rentabilité des entreprises n’est plus appréciée par rapport au passé, mais par rapport à un avenir hypothétique, qu’on imagine exponentiel et radieux, radieux parce qu’exponentiel. On juge les projets des fameuses start-up non en fonction de ce qu’elles ont déjà réalisé, mais de ce qu’elles promettent“.  Rien sur nos grandes universités de recherche? Sur notre difficulté à faire émerger des grappes d’innovations? Sur la dynamique de créativité des villes moyennes? Sur ces modèles de la “Troisième Révolution Industrielle” que sont l’Italie du Nord, Israël, la Finlande, l’Estonie ou la Corée du Sud, tous des petits pays plus performants que notre France bureaucratisée à l’extrême ou même que l’Allemagne qui a longtemps eu peur de la révolution digitale? 

Eric Zemmour se moque de Philippe Séguin qui rata son débat sur Maastricht par trop de révérence vis-à-vis de François Mitterrand; mais le moment central pour lui n’est-il pas celui où il nous raconte par le menu une conversation téléphonique de 45 minutes avec Emmanuel Macron? 

Alors, oui, il reste cette phrase, qui permet de saisir pourquoi tant de personnes, y compris chez Les Républicains – au grand dam des responsables du parti – se sentent attirés par Eric Zemmour: “Il ne s’agit plus de réformer la France, mais de la sauver !  22 euros pour une petite phrase, le sens du marketing d’Eric Zemmour confine en tout cas au génie. 

Xavier Bertrand à Canossa

Au fond, ce qui frappe, c’est le décalage entre la personne d’Eric Zemmour et l’impact disproportionné qu’il a sur l’ensemble des droites.  Car, il faut bien le dire, le spectacle fut, cette semaine, particilièrement réjouissant. 

  • Marine Le Pen s’est mise à travailler. On ne sait pas combien de temps durera l’actuelle bouffée d’énergie. En tout cas, la menace Z est un stimulant puissant. On n’avait jamais vu la candidate aussi active depuis des mois. Et du coup les sondages s’en ressentent: Marine Le Pen a repris un peu d’avance sur Eric Zemmour. Elle reste, pour l’instant, qualifiée au second tour, en retrouvant le score qu’elle avait fait en 2012: 17%. 
  • Sérieux décrochage, en revanche, pour notre “chimère préférée”, Valérie Pécresse (“deux tiers Merkel, un tiers Thatcher” selon ses propres mots). Dans un sondage publié par L’Obs, elle perd quatre points. Selon nos informations, la candidate est résignée: elle sait qu’elle ne gagnera pas l’investiture du Congrès LR le 4 décembre prochain. Elle va se battre jusqu’au bout sur le terrain pour monnayer son ralliement de “second tour” soit à Michel Barnier, soit à Xavier Bertrand. 
  • Car c’est la grande nouvelle de la semaine, le moment de jubilation intense ! Non seulement Xavier Bertrand se soumettra au vote du Congrès; mais il a repris sa carte du parti ! Il veut voter au Congrès. 
  • Tel est bien, au fond, l’impact le plus profond d’Eric Zemmour. Chez LR, on resserre les rangs. Beaucoup se moquent de la lenteur du parti à s’organiser; mais il est certain que le candidat qui sortira du Congrès le 4 décembre 2021 sera doté d’une véritable légitimité. Et, à la différence de François Fillon, à qui, fin 2016, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé n’avaient pas pardonné sa victoire, le candidat issu des urnes sera beaucoup plus certainement en mesure de rassembler. 

Paradoxe: l'élection de 2022 va être gagnée au centre!

Sondage après sondage, le total Eric Zemmour + Marine Le Pen représente entre 28 et 30%. C’est le score que trois sondages effectués depuis 2019 attribuent à la seule Marion Maréchal. Eric Zemmour rassemble la part de la “France d’en haut” qui continue à penser à droite. Marine Le Pen  a longtemps su mobiliser une partie de la “France périphérique”. Seule Marion Maréchal arriverait à rassembler les deux.  Si Zemmour, finalement, n’est pas candidat, Marine Le Pen ne gagnera pas l’électorat qu’il aura laissé en déshérence. Si au contraire Zemmour se retrouvait seul candidat, il ne mordrait que partiellement sur l’électorat du Rassemblement National. Dans tous les cas, la droite nationale, faute de disposer du bon candidat, va à la bataille soit divisée soit affaiblie. Les candidats LR devraient prendre leur parti d’une triple réalité: 

  • ils ont depuis trop longtemps manifesté leur mépris envers l’électorat du Rassemblement National pour espérer le récupérer. 
  • leur intérêt est de ne pas braquer les quelques centaines de milliers d’électeurs LR potentiels qui aiment le discours d’Eric Zemmour. 
  • Le paradoxe de l’élection présidentielle 2022, dans une France qui se droitise, c’est qu’elle va se jouer au centre !  

C’est ce que sent Edouard Philippe, en créant son parti Horizons, porteur d’un soutien ambigu à Emmanuel Macron. Mais l’ancien premier ministre se trompe lorsqu’il croit se mettre ainsi en orbite pour 2027. L’élection de 2027 se jouera à droite. Autour de l’héritage de LR et du Rassemblement National. L’élection de 2022 va se jouer sur une question très simple: Emmanuel Macron réussira-t-il tant bien que mal à tenir le centre – depuis le centre-gauche? Ou bien sera-t-il délogé – depuis le centre-droit par le candidat issu du Congrès LR? 

Ou, pour le dire autrement, Emmanuel Macron est destiné à décrocher dans l’opinion au plus tard au moment où il déclarera sa candidature, en janvier. S’il a en face de lui Xavier Bertrand, il réussira peut-être à limiter les dégâts. Si son adversaire est Michel Barnier – qui a de bonnes chances d’émerger du Congrès  malgré son actuel manque de notoriété –  il est très probable que la France ait un nouveau président le 24 avril 2022 au soir.  

Décès de Laurent Wetzel (1950-2021)

Au moment de boucler cette édition, nous apprenons le décès de Laurent Wetzel, ancien maire de Sartrouville, figure importante de l’UDF dans les années 1980. Nous présentons nos condoléances à sa famille. Et nous lui rendrons hommage dans notre prochain numéro. 

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9 commentaires
  1. La dynamique de Zemmour impressionne. Les petits marquis de l’udf pleurnichent, leur quart d’heure a passé vite, les voici déjà au terminus avec maqueron &ses LR La Ratatouille. Giscard y aura échappé. Bl hommage de Zemmour à VGE dans son livre si riche.

    Fin de l’histoire 2 décembre 2020. Le président le plus important de la Ve (hors le général de Gaulle bien sûr) est mort et tout le monde s’en moque
    […]

    Pourtant, interrogé, peu de temps avant sa mort, sur ce « dont il était le plus fier », l’ancien président avait répondu que c’était d’avoir mené à son terme le programme nucléaire civil de la France. C’est lui qui avait raison et non ses thuriféraires posthumes.
    […]

    Giscard a compris avant tout le monde que nous étions passés de la République des citoyens à une société des individus. Quinze ans avant Régis Debray et ses entrechats sur république et démocratie. Vingt ans avant les livres de Jean-Claude Michéa et son alliance entre les libéraux et les libertaires.
    […]

    Giscard est la plus parfaite antithèse du crétin qu’il m’ait été donné de voir de près. Son intelligence m’a toujours impressionné et, chaque fois que j’échangeais avec lui, j’étais à la fois fasciné et intimidé. Je peux dire que dans ma longue carrière de journaliste politique, c’est le seul qui m’ait produit cet effet. Je n’ai aucun mérite: son intelligence a toujours ébloui tous ceux qui l’approchaient, jusqu’au général de Gaulle, qui l’écoutait avec attention lors de ses interventions en Conseil des ministres.
    […]

    À sa mort, Giscard a pu constater avec une satisfaction orgueilleuse qu’il avait eu raison: l’État est devenu le distributeur de droits d’une société d’individus impérieux et capricieux.
    […]

    À la fin de sa vie, Giscard peut être fier de lui: il a gagné sur toute la ligne. Il a eu raison avant tout le monde et contre tout le monde. Mais il était trop intelligent pour ne pas comprendre qu’il était en vérité en train de perdre la partie. Pas seulement parce que sa Constitution des États-Unis d’Europe, qui devait faire de lui un nouveau Washington, avait été repoussée par le peuple français en 2005. C’était pire que cela: la montée en puissance de la démographie islamique à l’intérieur de nos frontières et, à l’extérieur, l’émergence de la Chine, comme rival continental de l’hégémonie américaine, nous ramenaient vers des rivages historiques que nous n’avions pas connus depuis longtemps: ceux des guerres de Religion et des affrontements pour l’hégémonie mondiale. Dans les deux cas, cela signifiait troubles, affrontements, massacres. Il faut imaginer Giscard inquiet. Il faut l’imaginer tourmenté. L’histoire était en train de redevenir tragique et il avait désarmé le pays. Tous les aveugles progressistes l’en louaient, mais il savait au fond de lui qu’il avait commis un crime impardonnable.

    Zemmour, Eric. La France n’a pas dit son dernier mot (p. 331). Rubempre. Édition Kindle

    Il y a de la cruauté en politique, cruauté qui se déversera en eau tiède au moment du fameux congrès. J’espère un étripage en règle et Zemmour &sa bande de jeunes en feront leur 4 heures. Miam 😋😋😋

  2. *Bel hommage de Zemmour

    PS: un truc kim revient, à signaler à nos amis lecteurs… La très belle attitude de Jean Fred Poisson. Je ne lis pas Lepoint mais son interview en faveur de Zemmour est saluée comme il se doit sur Touiteur par son amie, la très catholique Christine Boutin. Je vois gros comme une maison que la droite filloniste de 2017 se rallie derière l’étendard au grand Z. Dès l’annonce officielle mi novembre et bille en tête prête main forte à la campagne conservatrice. Les losers comptez vous. 🤷🏻‍♂️🤷🏻‍♀️

  3. La démocratie étant le choix entre de vraies alternatives, une élection qui se joue au centre est fondamentalement anti-démocratique. Même si elle fait plaisir aux couards bourgeois.

    Comme toutes es élections en France depuis 1992.

    1. Le Philippisme est la mort de la politique, genre entre-soi des beaux quartiers. Ça tue le moral et l’envie de les rencontrer et d’être dans leurs alcôves mondaines, où l’on ne rencontre que l’art du louvoiement, l’absence des idées, du courage et des passions, la recherche des intérêts corporatistes, le copinage du Rotary Club, le Cercle Interallié et son Bal des Premières vierges effarouchées, la détestation des créatifs qui font avancer le monde par la violence novatrice de leurs bonds en avant et leur rejet de l’ancien monde. La loi de l’emmerdement maximum est leur corpus juridique, avec un maître mot : “pas de vagues !” Les bourgeoises se paient des amants pour gouter à l’élixir du danger pendant que les maris font des érections en bourse. C’est un plein temps de banquier ou d’assureur.

  4. Votre analyse se fonde sur les vielles lunes de la démocratie française instauré à partir de 1981 et ensuite agrégé par la clique de retraité français qui bloque toute évolution politique en France en positionnant ce pays dans l’archaïsme du centre, c’est à dire on gère selon nos intérêts particulier ( pouvoir d’achat ) mais on ne reforme pas le principal qui est l’état est sa myriade d’aberration administrative et d’intervention démagogique, effectivement dans la psychologie cognitive fatigué et abscons , il faut que rien ne change pour protégé nos acquis ‘ pouvoir d’achat, mode de vie , confort, bien immobilier ect ect) dans leurs têtes s’est seul la posture politique qui compte mais surtout ne rien touché au fond car le fond est le garant de leur supériorité sociale et de leurs petits plaisirs qui se résume à ce balader toute l’année en voiture de la résidence principal à la résidence secondaire et le reste du temps pouvoir faire du golf à saint cloud et faire du développement personnel et du vélo pour éviter de trop pensé à la mort . Cela effectivement à donner ce que l’on connait avec Macron qui est en faite que le président des vieux est des acquis, c’est à dire la déglingue, la dictature de la com, du mensonge et de la démagogie pour préserver la décrépitude cognitive de ses électeurs, résultat de l’opération, la France est considéré par les opérateurs économiques et financier comme le troisième pays ayant le risque systémique le plus élevé au monde mais derrière ce risque systématique il y a des intérêts financiers et des anticipations économiques mondiales qui échappe complétement aux retraités pseudo branchés type lecteur des Echos et bonne conscience en surface . Ceux que l’on voie suite au passe sanitaire sur les terrasses des café ou entrain de bouffer dans les restos . C’est ces anticipations économiques que vous ne prenez pas en compte dans votre analyse politique de l’élection et qui selon mon humble avis pourrait avoir un impacte turbulent sur le grégarisme politique français et apporté une forte volatilité sociale et économique qui vas d’une manière ou d’une autre, désagréger cette électorat dominant et c’est là où l’élection ne se fera pas au centre mais vers la droite du curseur car quand cette classe prendra peur , elle ira se réfugier irrationnellement vers la droite droite car dans leur psychologie décrépit et surtout pour mieux se cacher il laisseront cour aux sirènes du bouc émissaires ( les fameux arabes dans les salles de bains des français ) entre le Pen et un ex chroniqueur du Figaro ils préférons un chroniqueur de plateau de télévision cela fait plus chic . et c’est en ceci où Zemmour mais surtout ceux qui sont derrière lui ont une stratégie opportuniste, mais très pertinente . de toutes façon la France ayant un tel risque systémique il est naïve de croire que ” l’exception française du blocage peut durer aussi longtemps que les contributions .

  5. Bonjour,

    Si je peux me permettre, je vous trouve un peu réducteur sur l’intérêt du livre d’Eric Zemmour. En effet, il donne à la manière d’un Victor Hugo une liste à la Prévert de portraits très parisiens mais qui s’avère être aussi une description corrosive de la pusillanimité sinon lâcheté qui habitent nos élites tant politiques, médiatiques, intellectuelles qu’entrepreneuriales. Si ce constat est déjà bien compris par un nombre croissant de français, le livre aura atteint un premier objectif louable, base indispensable d’un diagnostic pertinent de l’état du malade (La France), requis ensuite pour le choix d’un traitement approprié.

    LR alias le centre droit, auquel vous prêtez encore un destin, est de mon point de vue démonétisé depuis longtemps. Les commentaires mêmes du Courrier des Stratèges sur Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, que je partage, se passent de tout commentaire : ces deux-là ne sont tout simplement pas crédibles, seulement peut-être pour réussir un acte de médecine palliative ?

    Le dernier arrivé, Michel Barnier, ne l’est pas davantage. Il est un soutien indéfectible de l’UE dans ses dysfonctionnements les plus criants, notamment politique en faveur d’une immigration de masse, abandon des frontières (passoire Shengen), fédéralisation imposée aux peuples des nations européennes (référendum de 2005), promotion des avancées “sociétales” les plus mortifères (conflit avec la Hongrie) et j’en passe.

    Monsieur Barnier a-t-il seulement émis durant les presque trente années de sa carrière UE un simple froncement de sourcil, synonyme d’un quelconque doute ? Non à l’évidence. Qui pourrait croire maintenant à la sincérité de son revirement sur l’immigration ? Dans un autre registre, qui est le signataire du contrat de partenariat franco-chinois en 2004 dont il résulta la (funeste) construction du laboratoire P4 de Wuhan ? Brillante vision politique à long terme en effet.

    Les coups de boutoir d’Eric Zemmour, sur des sujets d’intérêt national de mon point de vue, auront au moins le mérite d’obliger la classe politique dans son ensemble à sortir de la soupe insipide qu’elle nous sert à chaque élection depuis si longtemps et devoir monter sérieusement le niveau. D’ailleurs difficile à suivre pour certains (certaines aussi) à l’évidence. On dit que souvent celui qui fixe les thèmes d’une campagne gagne.

    J’ignore ce que l’avenir nous réserve dans six mois. A contrario, Eric Zemmour est-il sincère ? Est-ce encore un homme du système qui, une fois élu (s’il y parvient, en se portant candidat pour commencer), trompera de nouveau le peuple français à la manière d’un Sarkozy en 2007 avec le traité de Lisbonne ? Que fera-t-il des lois liberticides décidées en rafale par l’actuel gouvernement, notamment le cynique “passe” sanitaire ?

    Ces questions sont aussi pertinentes et je n’ai pas toutes les réponses. C’est aussi pour cela que je compte sur le Courrier des Stratèges pour bien nous informer !

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