[PAYANT] Pénuries : l’ère mystérieuse dans laquelle nous entrons…

Les pénuries deviendront-elles notre lot quotidien dans les semaines, et même les mois qui viennent ? Le débat est ouvert, et il s'est enrichi ce week-end de l'importante contribution du secrétaire d'Etat américain aux Transports, Pete Buttigieg, qui a officiellement annoncé que la crise d'approvisionnement aux Etats-Unis durerait au moins jusqu'à 2022. Voilà une information qui ne doit pas être laissée entre toutes les mains.

Petit à petit, les pénuries devraient entrer dans notre vie quotidienne. Nous les avons déjà largement évoquées la semaine dernière. Mais elles devraient continuer pendant plusieurs mois : ces informations sont données par la Maison Blanche elle-même !

Les pénuries, une réalité inattendue

Alors que le sujet est encore tabou en Europe, les pénuries font désormais partie de la réalité américaine, avec un embouteillage impressionnant de cargos à l’entrée des ports en contact avec l’Asie, et une difficulté d’approvisionnement dans les magasins. Même Radio France en parle.
 
Officiellement, l’explication de ces pénuries tient à des facteurs ponctuels : le surcroît de consommation aux Etats-Unis crée une demande inattendue que les ports et les routiers américains ne sont pas capables d’écouler. Il n’en reste pas moins que l’embouteillage semble parti pour durer plusieurs mois, sans que personne n’ait véritablement anticipé cette situation. 
 

Le secrétaire d’Etat aux Transports annonce le pire

Hier, le secrétaire d’Etat aux Transports, l’ancien candidat à la présidentielle Pete Buttigieg, s’est fendu d’une déclaration annonçant le pire aux Américains. Selon lui, les difficultés logistiques, pudiquement appelées “ruptures dans la chaîne d’approvisionnement”, devraient durer plusieurs mois en 2022. 

“Demand is off the charts, retail sales are through the roof. … Demand is up because income is up, because the president has successfully guided this economy out of the terrifying recession.”

(La demande explose, les ventes au détail crèvent tous les plafonds… La demande augmente parce que les revenus augmentent, parce que le président a victorieusement conduit l’économie hors d’une terrifiante récession)

Pour l’instant, la victorieuse stratégie de Biden se traduit surtout par une explosion de l’endettement, des ruptures d’approvisionnement et un grand bond en avant de l’inflation. Il continue son raisonnement :

“a lot of the challenges that we have been experiencing this year will continue into next year”

(De nombreux défis que nous avons relevés cette année continueront l’an prochain)

Autrement dit, le problème des pénuries n’est pas prêt de s’arrêter. 

Des reculs sociaux pour régler le problème

Face à la crise qui couve, et qui pourrait créer des ruptures d’approvisionnement à Noël pour les cadeaux, Pete Buttigieg a reporté la responsabilité sur l’administration Trump, en expliquant que le désastre s’expliquait par un sous-investissement dans les ports maritimes que le plan Biden visait à combler, et par une saturation du transport routier. Le secrétaire d’Etat a annoncé, un fonctionnement 24 heures sur 24 des ports et un assouplissement des limitations dans le temps de travail des transporteurs. 
 
En attendant un retour à meilleure fortune, la solution Biden consiste donc à augmenter le temps de travail des salariés de la logistique. On peut s’inquiéter de voir la première puissance du monde recourir à ce type d’expédients pour régler des problèmes logistiques d’approvisionnement. On peut ici s’étonner d’une telle fragilité d’un colosse économique. 
 

Des pénuries en veux-tu en voilà…

Parallèlement à ces pénuries logistiques, les Etats-Unis souffrent d’une pénurie humaine. On y parle de grèves dues au burn-out des salariés. Dans la pratique, le défaut de main-d’oeuvre ne permet plus d’assurer le fonctionnement normal de l’économie. Le phénomène ne se produit pas seulement dans le domaine de la restauration, mais dans l’ensemble des secteurs économiques. 

Concrètement, nous sentons tous que notre modèle de développement atteint une limite dangereuse, car toute augmentation inopinée de la demande se heurte aux limites de l’offre…

Vers une hyper-inflation ? Paradoxe et mystère

Plusieurs éléments sont désormais troublants pour les esprits avisés. On voit bien que le surcroît de demande aux Etats-Unis met toute la chaîne de valeurs en difficulté, ce qui devrait naturellement se traduire par une hyper-inflation. Mais le FMI continue à distiller le mythe d’un à-coup sans lendemain de l’inflation, ce qui nous laisse sceptiques.

Dans le même temps, il semblerait que la Chine vive une forme de récession, avec un point bas de la croissance, jamais atteint depuis la début de la crise du COVID

Comment expliquer que la croissance chinoise ralentisse quand l’afflux de biens de consommation chinois enlise les ports américains ?

Mystère et boule de gomme…

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5 commentaires
  1. Je suis une rien du tout et pourtant je savais depuis des mois que la pénurie était prévue. La seule surprise est la rapidité de la mise en place et la seule inconnue est comment cette pénurie est réellement organisée. Cela dit, cela ne change rien au fait que nous allons en baver.
    Si l’objectif est une dépopulation, on en prend bien le chemin. 3 leviers: épidémie, famine, guerre. Arriverons-nous jusqu’au 3ème levier ?
    On va bloquer les ports et ce sera de notre faute quand on n’aura rien à bouffer ! Toutes les solutions à notre disposition peuvent se retourner contre nous. Le plan est diabolique.
    Désolée pour la violence de mon résumé. J’en ai les larmes aux yeux.

  2. Le Baltic Dry est au plus haut depuis 10 ans mais quand même qu’à la moitié du niveau de 2008. Les pénuries sont-elles organisées ?
    Dans quel but, quelle finalité ?

    1. Mettre les nations à genou, surtout celles qui sont obsédées par le vaccin, démanteler et venir nous “sauver” d’une manière peu agréable en nous imposant tout ce dont nous ne voudrons pas. Le Great R est en marche accéléré. C’est mon opinion.

  3. LA VERITE COTE AMERICAIN est révélée !
    C’est une histoire de nouvelles normes pour les camions en Californie au nom du Green Deal qui crée un méga embouteillage dans les ports de l’ouest. Les normes et ses conséquences jusqu’à la pénurie étaient prévues depuis plusieurs années (un peu comme la covid !). Seules les grandes multinationales ont pu anticiper (comme par hasard) en faisant un bras d’honneur au côté green du deal.
    Scenario étouffé, maquillé, débilisé bien sûr.
    https://lesdeqodeurs.fr/la-version-californienne-du-green-new-deal-et-laccord-conclu-le-16-octobre-2020-entre-lepa-et-le-secteur-des-transports-sont-a-lorigine-des-retards-des-cargos/

    Reste à connaitre la version chinoise…

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