Le « Grand collapse », c’est l’effondrement du monde dessiné par Nixon et Kissinger il y a 50 ans

Le « Grand collapse », c’est l’effondrement du monde dessiné par Nixon et Kissinger il y a 50 ans


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Pour comprendre l'effondrement de l'actuelle organisation du monde, en particulier en Occident, il faut remonter cinquante ans en arrière, lorsque Richard Nixon etait à laMaison Blanche et Henry Kissinger l'aidait à dessiner un nouveau monde, centré sur les Etats-Unis et une alliance avec la Chine. C'est ce monde que Donald Trump a proposer de sauver en le réorganisant de manière pragmatique. Mais less élites américaines ont refusé. Dès lors se poursuit inexorablement l'obsolescence de "l'étalon dollar" et de la "mondialisation américano-centrée"

Nixon, ce président sous-estimé

Il fut le président américain le plus conspué, après le scandale du Watergate. Richard Nixon (1913-1994) est pourtant le président américain du XXè siècle le plus important après Franklin Delano Roosevelt. Nixon est l’homme qui a dessiné le monde où nous vivons. Il fut pour cela aidé d’un des conseillers présidentiels les plus influents de l’histoire américaine, Henry Kissinger, né en 1923 et toujours vivant.  Ensemble, les deux hommes dessinèrent une nouvelle architecture mondiale fondée sur quatre piliers. 

  1. La priorité donnée aux intérêts américains sur toute autre forme d’engagement « messianique » pour sauver la démocratie ou être le gendarme du monde. 
  2. la prédominance mondiale de la monnaie américaine, le dollar, fiat currency mais seul étalon international 
  3. La mise en place d’un équilibre mondial des puissances où les Etats-Unis choisissaient de s’appuyer sur la Chine pour contrebalancer l’influence soviétique. 
  4. Le contrôle du Proche-Orient, fondé sur la coexistence mutuelle entre Israël et les pays arabes et le contrôle américain des flux d’hydrocarbures. 

La politique imaginée par Nixon a été, du point de vue américain, jusqu’en 2008, une énorme réussite. 

  • Les Etats-Unis ont dominé le monde depuis cinquante ans, quasiment sans partage. 
  • le dollar seul étalon de la valeur monétaire a non seulement permis la domination financière américaine mais permis une expansion sans précédent de la masse monétaire mondiale, à même d’absorber l’émergence de nouveaux marchés et sites de productions industriels à al fin des années 1980. 
  • L’URSS s’est effondrée à la fin des années 1980
  • Malgré la révolution iranienne et la montée du fondamentalisme islamique, les Etats-Unis ont contrôlé et contrôlent encore largement le Proche-Orient.  

La crise de 2008 et l’intelligente politique de Donald Trump pour sauver le « monde de Nixon »

Ce monde esquissé dans les années 1970 eut bien entendu ses excès.

  • Les USA sont retombés, par exemple en 2003 en Irak, dans le travers de « gendarmer le monde ».
  • Il fallut une bonne dizaine d’années, de la fin du lien entre le dollar et l’or en 1971 à la mise en place d’une expansion de la masse monétaire sans inflation.  Néanmoins, ce monde a été sujet à des crises à répétition (1987, 2001, 2008).
  • la Chine est devenue puissante au point de menacer la suprématie américaine. 
  • Les années 2001-2016 ont été des années de grand cafouillage de la politique américaine au Proche-Orient, en froid avec leurs alliés arabes sans parvenir à établir une relation stable avec l’Iran. 

On ne comprend pas la politique de Donald Trump, rarement  analysée correctement jusqu’à ce jour, si l’on ne voit pas que Trump a voulu réaffirmer – sauver même –  le monde de Nixon et Kissinger. 

  • le slogan « Make America Great Again »  et le recentrage sur les Etats-Unis n’étaient que la réaffirmation des priorités fixées par Nixon et Kissinger à la politique américaine.  Trump, comme son prédécesseur des années 1970, croyait que le monde devait être fondé sur la réalité nationale et la souveraineté des Etats. 
  • Trump a senti mieux que d’autres les fragilités de la monnaie américaine; et surtout les ravages de la financiarisation à outrance de l’économie sur le peuple américain. Le protectionnisme et la réindustrialisation des Etats-Unis doivent être selon lui un correctif aux dérives de la politique économique américaine loin du patriotisme économique voulu par Nixon.  
  • Constatant que la Chine était devenue trop puissante, Trump est revenu aux sources de la réflexion de Kissinger sur l’équilibre des puissances. Il lui paraissait normal de rééquilibrer le triangle Washington- Pékin-Moscou par un retournement d’alliances aux dépens de Pékin, en faveur de Moscou. 
  • Enfin, Trump, par son extraordinaire politique de réconciliation entre Israêl et les pays arabes est revenu aux fondamentaux de la politique de Nixon et Kissinger. 

Le rejet de Trump par les élites américaines mène à l’effondrement définitif de l’ordre nixonien et donc, inévitablement, au « grand Collapse »

Comme on le sait, les élites américaines n’ont eu de cesse, à partir de 2016, de faire échouer Donald Trump. Et il n’y a plus de doute aujourd’hui sur le fait que le président américain sortant de 2020 a été réélu par le peuple américain mais victime d’une gigantesque opération de fraude électorale

  • les élites américaines ont ainsi signifié qu’elles préféraient vivre dans le vase clos de l’entre-soi des 1% les plus riches plutôt que de se préoccuper de revigorer la puissance américaine. 
  • Par ses plans de relance combinés à des politiques sanitaires qui interrompent largement l’activité économique et commerciale, Joe Biden crée les conditions d’une hyperinflation qui pourrait mettre en cause définitivement la suprématie du dollar. 
  • Au moment où la Chine ne cesse d’étendre son emprise territoriale en mer de Chine, menace l’indépendance de Taïwan et teste des missiles hypersoniques, Washington s’obstine dans une politique russophobe et déclenche même l’interruption de ce qui restait de dialogue entre la Russie et l’OTAN. 
  • L’équipe Biden-Harris revient à une politique très confuse au Proche-Orient, qui sape un peu plus la solidité de la politique américaine. 

Evidemment la classe dirigeante américaine pense qu’elle s’en sortira par des politiques liberticides mises en place aux Etats-Unis et ailleurs en Occident; par un « ordre sanitaire », la mise en place d’un capitalisme de surveillance et un « Grand Reset monétaire », dont nous parlons souvent sans ces colonnes. Les Etats-Unis pensent pouvoir s’en sortir seuls contre la Chine, sans la Russie.

Mais Joe Biden – ou ceux qui gouvernent à la place de cet homme sénile – ne maîtrisent pas ce qu’ils ont déclenché:

Par leur incapacité à partager l’analyse rationnelle de Donald Trump sur les conditions du maintien de la puissance américaine et d’un équilibre du monde, les dirigeants américains ont, en toute bonne conscience, accélérer la venue du « Grand Collapse ». 


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